
Le cabinet allemand approuve la réforme des soins et porte la cotisation des personnes sans enfant à 4,5 %
Le cabinet fédéral allemand a approuvé un ensemble de mesures visant à stabiliser les finances de l'assurance dépendance à partir de 2027, en augmentant les cotisations des salariés sans enfant et des hauts revenus, et en créant une commission d'experts chargée de réformes structurelles plus larges.
Accord du cabinet et calendrier de mise en œuvre
Le cabinet fédéral allemand a adopté le projet de loi de réorganisation des soins (Pflegeneuordnungsgesetz) le 30 septembre 2026, après des négociations entre les partenaires de coalition CDU/CSU et SPD. Le paquet législatif vise à stabiliser le fonds d'assurance dépendance face aux pressions démographiques et à l'élargissement des déficits. La plupart des dispositions doivent entrer en vigueur le 1er janvier 2027, suivies de phases supplémentaires jusqu'en 2029, mais le texte doit encore être approuvé par le Bundestag et le Bundesrat.
- Le cabinet fédéral approuve le projet de loi de réorganisation des soins
- La majoration pour les personnes sans enfant passe à 0,9 point et le plafond d'assiette à 6 375 euros
- La commission d'experts remet ses recommandations de réformes structurelles
- Entrée en vigueur de la majoration de 0,52 point de pourcentage sur l'assurance du conjoint sans activité
- Début des revalorisations annuelles des prestations de soins indexées sur l'inflation sous-jacente
Hausses de cotisations pour les salariés sans enfant et les hauts revenus
Les principales mesures financières portent sur l'augmentation des recettes provenant de groupes de cotisants spécifiques. Le taux de cotisation supplémentaire pour les salariés sans enfant âgés de 23 ans et plus augmentera de 0,3 point de pourcentage, passant de 0,6 % à 0,9 %, ce qui portera leur cotisation totale d'assurance dépendance de 4,2 % à 4,5 %. Le taux de cotisation standard reste à 3,6 %. Le gouvernement estime que la majoration pour les personnes sans enfant générera environ 3,3 milliards d'euros de recettes supplémentaires en 2027.
- Taux général
- 3.6 %
- Taux personnes sans enfant (actuel)
- 4.2 %
- Taux personnes sans enfant (à partir de 2027)
- 4.5 %
Le plafond mensuel d'assiette des cotisations (Beitragsbemessungsgrenze) passera de 5 812,50 euros à 6 375 euros en 2027, dont 300 euros découlent directement de la réforme. Pour les salariés sans enfant à hauts revenus, les cotisations mensuelles passeront d'environ 140 euros à 172 euros. À partir de 2028, les salariés qui assurent leur conjoint sans activité professionnelle sans cotisation distincte paieront une majoration supplémentaire de 0,52 point de pourcentage (près de 21 euros par mois pour un salaire brut de 4 000 euros). Des exemptions s'appliquent aux familles avec enfants de moins de 12 ans, aux aidants accompagnant des personnes classées au niveau de soins 2 ou supérieur, aux retraités et aux bénéficiaires de soins. En outre, des revalorisations annuelles régulières des prestations indexées sur l'inflation sous-jacente débuteront en 2029, tandis que la dynamisation initialement prévue pour 2028 a été abandonnée.
Litige sur le plafonnement du reste à charge et les réformes structurelles
Une commission d'experts a été chargée de rédiger des propositions structurelles plus larges d'ici fin janvier 2027. Les membres de la coalition restent toutefois divisés sur l'étendue des travaux de la commission. Le ministre fédéral de la Santé, Carsten Linnemann, a rejeté la proposition du SPD de plafonner le reste à charge en maison de retraite, qui dépasse actuellement 3 000 euros par mois.
Un plafond est extrêmement dangereux.
Linnemann a fait valoir qu'un plafonnement du reste à charge à 1 500 euros ne ferait économiser aux résidents qu'environ 300 euros, tout en incitant les établissements à gonfler leurs coûts. La vice-présidente du groupe parlementaire SPD, Dagmar Schmidt, a soutenu que le mandat de la commission inclut la fixation d'un plafond pour protéger les familles de la hausse des coûts des soins. L'économiste de la santé Heinz Rothgang a noté qu'un plafond de 1 500 euros n'apporte qu'un soulagement initial limité, mais qu'un accord politique est nécessaire car les restes à charge continuent d'augmenter chaque année.
Critiques des assureurs, des entreprises et des associations
La décision du cabinet a suscité des critiques au sein des associations de santé et des factions politiques. Andreas Storm, directeur général de l'assureur maladie DAK-Gesundheit, a mis en question l'écart croissant de cotisations entre parents et salariés sans enfant.
3,6 % de cotisation générale et 4,5 % pour les personnes sans enfant, nous sommes arrivés, sur le plan constitutionnel, à une dimension douteuse.
Le directeur général de Techniker Krankenkasse, Jens Baas, a exhorté le gouvernement fédéral à financer les dépenses non liées à l'assurance par l'impôt général plutôt que par des prélèvements sur les cotisants. Wolfgang Steiger, secrétaire général du Conseil économique de la CDU, a averti que l'élargissement du plafond d'assiette nuit au dynamisme économique, tout en saluant l'accent mis sur la réadaptation avant les soins. La présidente de l'Association sociale allemande (SoVD), Michaela Engelmeier, a critiqué le gouvernement pour ne pas avoir remboursé 5,2 milliards d'euros de coûts de soins liés à la pandémie. Le chef du groupe parlementaire CDU/CSU, Thorsten Frei, a confirmé que l'accord de coalition plus large prévoit aussi la suppression progressive de la retraite à 63 ans.


