Climat · Munich, Paris et Zurich
Étude d'Allianz : les renouvelables dépassent le charbon dans le monde, mais la neutralité carbone glisse à 2064
Les renouvelables ont fourni 33,5 % de l'électricité mondiale en 2025, devançant le charbon pour la première fois, tandis qu'Allianz calcule que le monde, l'UE et l'Allemagne manqueront tous la neutralité climatique en 2050.
Texte IA fondé sur les articles de N-tv, Al Jazeera Online, Süddeutsche Zeitung et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).
En bref
Au rythme actuel, la planète pourrait atteindre la neutralité climatique en 2064, l'UE en 2057 et l'Allemagne en 2051, selon le Green Transition Tracker d'Allianz, soit dans tous les cas après l'échéance de 2050.
Les renouvelables ont fourni 33,5 % de l'électricité mondiale en 2025 contre 33,2 % pour le charbon, une première, la hausse des prix du pétrole et du gaz liée à la guerre impliquant l'Iran étant citée comme facteur.
La Chine produit 30 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et les États-Unis 11 %, selon Allianz, qui suit 64 pays.
Le PNUE calcule que la politique climatique actuelle mène à un réchauffement de 2,8 °C d'ici la fin du siècle, tandis que la Commission européenne planifie sur trois degrés.
L'Institut Robert Koch estime à environ 16 000 le nombre de décès liés à la chaleur en Allemagne jusqu'à la 36e semaine calendaire de 2026, et l'OMS affirme qu'environ 1,6 million de décès par an pourraient être évités.
- novembre 2020Entrée en vigueur du premier retrait américain
- février 2021Les États-Unis réintègrent l'accord sous le président Joe Biden
- janvier 2026Les États-Unis quittent de nouveau l'accord
Dix ans après, les objectifs de Paris s'éloignent
Dix ans après l'entrée en vigueur de l'accord de Paris, le 4 novembre 2016, le monde n'est pas sur la trajectoire de son objectif central. Le traité, adopté le 12 décembre 2015 lors de la COP21 à Paris, demande aux gouvernements de contenir le réchauffement nettement sous 2 °C et de poursuivre l'objectif de 1,5 °C. Le réchauffement s'est poursuivi depuis, et les calculs du PNUE montrent que la politique climatique actuelle conduit à un réchauffement d'environ 2,8 °C d'ici la fin du siècle. La Commission européenne aligne déjà ses futures mesures de précaution climatique sur un réchauffement de trois degrés.
Allianz voit la neutralité carbone glisser à 2064
Allianz, groupe du DAX basé à Munich, a publié la deuxième édition de son Green Transition Tracker, fondé sur les données énergétiques de 64 pays qui produisent l'essentiel des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Au rythme actuel, la planète pourrait être neutre pour le climat en 2064, l'UE dans son ensemble en 2057 et l'Allemagne en 2051, soit dans tous les cas après l'échéance de 2050. Allianz juge la limite de 1,5 °C pratiquement hors d'atteinte. La Chine reste de loin le premier émetteur, responsable de 30 % des émissions mondiales, devant les États-Unis (11 %).
- Chine
- 30 %
- États-Unis
- 11 %
Données tirées du texte de l’article
Le Luxembourg occupe la première place pour les progrès dans la réduction des émissions, la Suisse la huitième, l'Allemagne la douzième et l'Autriche la 19e. L'UE reste en tête pour les réductions de CO2, mais son rythme a ralenti, et l'Allemagne n'avance pas assez vite pour atteindre la neutralité en 2050.
Les renouvelables dépassent le charbon, mais les réductions restent lentes
En 2025, les renouvelables ont produit 33,5 % de l'électricité mondiale, légèrement devant le charbon (33,2 %), une première dans les chiffres du tracker.
- Renouvelables
- 33.5 %
- Charbon
- 33.2 %
Données tirées du texte de l’article
Allianz attribue ce basculement davantage à l'économie qu'à la politique climatique, citant la hausse des prix du pétrole et du gaz provoquée par la guerre impliquant l'Iran, qui a réduit la consommation d'énergies fossiles. Sur les 64 pays suivis, 56 ont encore réduit leurs émissions. De nombreux pays n'ont jamais fait de la protection du climat une priorité politique, et les États-Unis de Donald Trump se sont éloignés de leurs objectifs climatiques. Allianz juge néanmoins le rythme trop lent pour atteindre la neutralité à temps.
Des scientifiques voient des progrès mais mettent en garde contre la résignation
Felix Wertli, chef de la délégation suisse à la conférence sur le climat, rappelle qu'il y a un peu plus de dix ans, le monde se dirigeait vers un réchauffement de quatre degrés.
« À l'époque, le monde se dirigeait encore vers un réchauffement de quatre degrés. L'accord a donc obtenu quelque chose de mesurable. »
Patrick Hofstetter, du WWF Suisse, estime que le monde serait différent sans Paris, car les pays plus pauvres ne se sont engagés pour la protection du climat qu'à travers cet accord. Il cite aussi l'initiative Science Based Targets, dans le cadre de laquelle 14 000 entreprises ont fixé des objectifs d'émissions. Patrick Hofstetter note que les pays plus pauvres, ainsi que la Chine, l'Inde et l'Arabie saoudite, qui ont rejoint l'accord à l'époque, représentent désormais plus de la moitié des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Anthony Patt, climatologue à l'ETH Zurich, constate les mêmes progrès mais estime que le monde reste hors trajectoire : un retournement exige, selon lui, une sortie rapide du pétrole et du gaz.
Morts liées à la chaleur et coût du retard
Les estimations de l'Institut Robert Koch situent à environ 16 000 le nombre de décès liés à la chaleur en Allemagne jusqu'à la 36e semaine calendaire de 2026. L'Organisation mondiale de la santé juge nombre de ces décès évitables et estime que des mesures concrètes pourraient en prévenir environ 1,6 million par an. Ces mesures comprennent des systèmes d'alerte canicule, un approvisionnement en eau résilient et une transition vers une énergie propre. Sebastian Bock, expert climat du Nabu, met en garde contre l'acceptation d'une planète plus chaude.
« Trois degrés ne doivent pas devenir la nouvelle norme. »
Selon Sebastian Bock, même si les sociétés doivent se préparer à un tel réchauffement, elles ne doivent pas s'y résigner, car chaque dixième de degré évité signifie moins de chaleur, de sécheresse et d'inondations. Le chercheur en climat Johan Rockström voit lui aussi une nécessité urgente d'agir.
Ce que Paris fait et ne fait pas
En vertu de l'accord, chaque gouvernement fixe ses propres objectifs nationaux, appelés contributions déterminées au niveau national, qui doivent être actualisés tous les cinq ans. Un bilan mondial évalue les progrès collectifs selon le même cycle, et l'accord couvre aussi la transparence des rapports, le financement climatique et le soutien aux pays en développement. Le respect des engagements n'est pas contraignant : la transparence et la pression internationale en sont les principaux leviers. Les États-Unis ont adhéré puis quitté l'accord deux fois : le premier retrait a pris effet en novembre 2020, le président Joe Biden a réintégré l'accord en février 2021, et le pays l'a de nouveau quitté en janvier 2026, douze mois après que Donald Trump a ordonné un second retrait.
Cet article fait partie d’un fil
Limite de 1,5°C de Paris : projections du réchauffement
Ce qui a changé depuis cette entrée :
- 05/11Allianz : les renouvelables ont dépassé le charbon à 33,5 % de l'électricité mondiale en 2025, mais le zéro net glisse à 2064
Poser une question sur ce texte
Sources et contexte
- N-tvObjectif 1,5 degré difficilement atteignable : une étude d'Allianz prévoit la neutralité climatique mondiale seulement en 20641,5-Grad-Ziel kaum erreichbar: Allianz-Studie sieht Klimaneutralität weltweit doch erst 2064 · original en allemand
- Al Jazeera OnlineDix ans après l'Accord de Paris : le monde a-t-il tenu ses promesses climatiques ?Ten years of the Paris Agreement: Has the world kept its climate promises? · original en anglais
- Süddeutsche ZeitungÉtude d'Allianz : neutralité climatique seulement en 2064 - et l'objectif de 1,5 degré est inatteignableAllianz-Studie: Klimaneutralität erst 2064 - und das 1,5-Grad-Ziel ist unerreichbar · original en allemand
- FocusMerz ne se rend pas au sommet sur le climat : Neubauer dénonce une « rupture de tabou »Merz reist nicht zum Klimagipfel: Neubauer rügt "Tabubruch · original en allemand
- Johan Rockström
- Chercheur en climat qui voit une nécessité urgente d'agir
- Donald Trump
- Président américain qui a ordonné les deux retraits de l'accord de Paris
- Joe Biden
- Président américain qui a réintégré l'accord de Paris en février 2021
Pollar est gratuit et sans publicité dans le texte. Ses membres le font vivre.
Soutenir Pollar