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Les victimes des inondations de Valence manifestent à nouveau pour exiger la démission de l'ancien président Mazón et la levée de son immunité parlementaire

Dix-neuf mois après les inondations catastrophiques qui ont fait 230 morts, des associations de victimes ont défilé samedi dans les rues de Valence pour exiger que l'ancien président régional Carlos Mazón abandonne son siège parlementaire et soit traduit en justice.

Des demandes de reddition de comptes persistantes

Des milliers de manifestants, menés par les principales associations de victimes, ont de nouveau envahi les rues du centre de Valence samedi sous la bannière « Mazón a prisión » (Mazón en prison). La marche, partie de la Plaza del Ayuntamiento, a réitéré les revendications fondamentales qui animent les manifestations mensuelles depuis les inondations dévastatrices du 29 octobre 2024 : la démission de l'ancien président valencien Carlos Mazón de son poste de député régional, la levée de son immunité parlementaire et une reddition complète des comptes sur les événements qui ont fait 230 morts.

19 mois plus tard, nous refaisons le même parcours que lors de la première manifestation, lorsque 130 000 Valenciens sont sortis pour nous soutenir, et ce soutien est toujours vivant, plus vivant que jamais. Nous continuons parce que nous avons le même objectif que ce jour-là : vérité, justice, réparation et sécurité pour l'avenir.

Les manifestants portaient des T-shirts avec des slogans tels que « No al aforamiento de Mazón » (Non à l'immunité de Mazón) et « 20.11, ni oblit ni perdó » (20.11, ni oubli ni pardon), tout en scandant « No són morts, són assassinats » (Ce ne sont pas des morts, ce sont des assassinats) et « No a l'aforament, sí a Picassent » (Non à l'immunité, oui à Picassent — une référence à la prison).

Un récit officiel contesté

La manifestation a eu lieu quelques jours seulement après que la commission d'enquête du parlement valencien, contrôlée par les partis conservateur PP et d'extrême droite Vox, a approuvé ses conclusions finales sur la catastrophe. Les groupes de victimes ont qualifié le travail de la commission de « paripé » (mascarade), arguant qu'il blanchit la responsabilité du gouvernement régional en rejetant la faute sur le gouvernement central dirigé par le Premier ministre Pedro Sánchez.

Nous n'avons toujours pas de vérité, de justice et de réparation.

Le rapport de la commission ne mentionne même pas l'ancien président Mazón ni ne considère comme pertinent le retard dans l'envoi de l'alerte d'urgence ES-Alert. Au lieu de cela, il affirme qu'il y avait une « couverture juridique suffisante pour que l'État ait formellement assumé la direction de l'urgence » et souligne le manque de travaux anti-inondations dans les ravins et un « black-out informationnel » de la part de la Confédération hydrographique du Júcar lorsque le ravin de Poyo a débordé.

Des voies judiciaires concurrentes

Les victimes placent leur foi dans l'enquête en cours au tribunal d'instruction de Catarroja, qui a déjà inculpé deux anciens hauts responsables des urgences du gouvernement régional. Cela contraste fortement avec la position de la Haute Cour de justice de la Communauté valencienne (TSJCV), qui a refusé à l'unanimité d'enquêter sur Mazón, estimant qu'il n'avait pas de « devoir et d'obligation » spécifiques de garantir la sécurité des citoyens en vertu de la loi et que sa participation à la décision ES-Alert n'était pas prouvée. La cour a néanmoins qualifié sa conduite de « répréhensible » sur les plans social et politique.

Un mécontentement social plus large se joint à la marche

La protestation de samedi a été renforcée par une colonne de familles et d'enseignants participant à une grève illimitée dans l'enseignement public non universitaire, qui entre maintenant dans sa troisième semaine. Leur présence a souligné un front croissant de mécontentement social dans la région, fusionnant les griefs du travail avec la quête de justice des victimes.

Événements clés depuis les inondations de Valence
  1. Les inondations catastrophiques de la DANA font 230 morts dans la région de Valence.
  2. Première grande manifestation rassemblant 130 000 personnes en soutien aux victimes.
  3. La commission d'enquête du parlement valencien approuve le rapport final blâmant le gouvernement central.
  4. La manifestation mensuelle fusionne avec la grève des enseignants ; les victimes exigent la démission de Mazón et la levée de son immunité.

Travaux de reconstruction ou d'urgence ?

Au-delà des batailles politiques et judiciaires, les associations réclament des travaux d'infrastructure d'urgence immédiats plutôt que des projets de reconstruction à long terme, qui, selon elles, pourraient prendre des décennies. Cette demande reflète une profonde frustration face à la lenteur de la réponse institutionnelle et une détermination à empêcher qu'une telle tragédie ne se reproduise.

Valence

4 sources

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