Le gendarme européen des données demande aux lunettes connectées d'afficher clairement un signal d'enregistrement
Le Comité européen de la protection des données a publié mardi 13 octobre 2026 une recommandation non contraignante, alors qu'en Norvège, en France et au Royaume-Uni des campagnes réclament des interdictions après des tournages clandestins de femmes et de filles.
Un appel non contraignant à des signaux d'enregistrement visibles
Mardi 13 octobre 2026, le Comité européen de la protection des données (EDPB) a recommandé que les lunettes connectées indiquent clairement quand elles enregistrent. Selon le comité, les personnes présentes dans l'espace public ont le droit de savoir quand une caméra est braquée sur elles. Les lunettes connectées peuvent ressembler à des montures ordinaires, mais elles prennent aussi des photos et des vidéos, passent des appels et traduisent du texte lorsqu'elles sont connectées à internet, ce qui, selon l'EDPB, soulève de « sérieuses inquiétudes pour la vie privée ».
Le comité propose des diodes lumineuses, des signaux sonores, des indications d'activation vocale, des notifications sur smartphone respectueuses de la vie privée ou des designs distinctifs pour signaler l'enregistrement. Sa présidente, Anu Talus, a présenté ces conseils comme un avis non contraignant.
Ces avertissements doivent être fiables, difficiles à ignorer et toujours à jour.
L'EDPB avertit que les risques s'accroissent dans les espaces sensibles comme les écoles, les hôpitaux et les lieux de travail, ainsi que dans des lieux publics tels que les plages. Il pointe aussi les enfants, qu'il juge plus vulnérables à un traitement dissimulé ou intrusif de leurs données personnelles, qu'ils portent les lunettes ou qu'ils soient filmés par elles.
Interdictions et campagnes à travers l'Europe
Cet avis intervient alors que plusieurs pays européens débattent d'interdictions ou de restrictions. Le gouvernement norvégien s'est dit préoccupé par les atteintes à la vie privée et souhaite une interdiction temporaire de l'usage des lunettes connectées dans certains lieux publics. Les articles qui situent l'annonce début octobre citent comme lieux possibles les parcs, les plages, les musées, les centres commerciaux, les écoles, les crèches, les établissements de santé et les salles de sport. Le gouvernement norvégien a indiqué qu'il ne prévoyait pas d'interdiction générale. La capitale, Oslo, a déjà interdit les lunettes équipées de caméras dans ses écoles.
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Au Royaume-Uni et en Irlande, la campagne « Stop Smart Glasses » a lancé une pétition et demandé à ses soutiens de contacter les magasins pour qu'ils cessent de vendre ces appareils. La pétition a recueilli plus de 10 000 signatures, ce qui, selon les articles, oblige le gouvernement britannique à répondre.
Plaintes pour harcèlement en France
En septembre 2026, des procureurs français ont indiqué avoir ouvert une enquête pénale après des plaintes pour harcèlement sexuel liées à une tendance sur les réseaux sociaux consistant à filmer des femmes dans la rue sans leur consentement et à publier les vidéos en ligne. L'association e-Enfance, qui gère le numéro national d'aide aux victimes de violences numériques, a signalé une vingtaine de plaintes de femmes filmées sans consentement, le plus souvent avec des lunettes Meta. Le parquet de Paris a ouvert plusieurs enquêtes après avoir reçu des plaintes.
Croissance des ventes et retour de bâton
Depuis des années, des figures de la tech présentent ces lunettes comme l'étape suivante des objets connectés après les montres. RFI rapporte que les ventes commencent à décoller dans de nombreux endroits, alors même que les appels à interdire ces appareils dans les espaces publics ou à les retirer de la vente se multiplient en Europe. Les modèles commercialisés par Meta sous les marques Ray-Ban et Oakley figurent parmi ceux qui suscitent l'inquiétude. La recommandation de l'EDPB n'est pas contraignante : toute évolution des indicateurs d'enregistrement dépendra donc des fabricants et des règles nationales.