
Des missiles houthis tuent jusqu'à huit personnes dans l'attaque du port de Mocha ; un drone vise séparément une installation d'Aramco à Najran
Les forces houthies ont tiré des missiles balistiques sur la ville portuaire de Mocha, sur la mer Rouge, le 14 août 2026, tuant entre quatre et huit personnes selon différentes sources, et ont revendiqué séparément une frappe de drone contre une installation de Saudi Aramco à Najran.
Frappe de missile sur Mocha
Les forces houthies ont tiré des missiles balistiques sur la ville portuaire de Mocha (al-Makha), sur la mer Rouge, le vendredi 14 août 2026, ciblant des infrastructures civiles et des biens nationaux, selon le gouvernement yéménite internationalement reconnu. Les forces armées alignées sur le gouvernement ont indiqué que les Houthis avaient lancé six missiles balistiques, les premiers rapports faisant état de quatre civils tués et de plusieurs bateaux de pêche en feu. Un responsable militaire anonyme cité par l'AFP a ensuite estimé le bilan à au moins huit morts, dont deux membres des forces de sécurité. L'ANSA, citant des sources militaires yéménites, a fait état d'au moins six morts, tandis qu'Al Arabiya a rapporté que les Houthis avaient lancé 44 drones et tenté une attaque maritime avortée qui a tué huit rebelles.
- Reuters / Al Jazeera (communiqué gouvernemental)
- 4 morts
- ANSA / Blick (médias d'État)
- 6 morts
- Responsable militaire AFP (Le Monde / DW / Al Jazeera)
- 8 morts
Le Monde et Deutsche Welle, citant un responsable militaire yéménite, ont fait état de cinq missiles tirés sur des navires marchands en cours de déchargement dans le port, deux navires étant en feu. Le responsable a déclaré que deux des morts étaient des membres des forces de sécurité. Mocha se trouve à environ 75 kilomètres au nord du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, par lequel transite une grande partie du commerce maritime mondial et du transport pétrolier.
Revendications houthies et cibles saoudiennes
Les Houthis ont déclaré avoir attaqué ce qu'ils ont décrit comme des renforcements militaires soutenus par l'Arabie saoudite, des armes et des navires de guerre appartenant aux forces et à des « mercenaires » à Mocha, affirmant avoir détruit des bateaux et des armes. Séparément, l'agence de presse SABA, contrôlée par les Houthis, a cité une source militaire affirmant que le groupe avait visé une installation d'Aramco dans la ville saoudienne de Najran avec un drone, et que l'opération « a atteint sa cible ». La source a indiqué que l'attaque était une réponse à l'entrée d'avions militaires saoudiens dans l'espace aérien du nord-est du gouvernorat yéménite de Saada. Il n'y a eu aucune confirmation immédiate de la part des autorités saoudiennes ou d'Aramco.
La frappe signalée à Najran fait suite à une revendication jeudi 13 août selon laquelle les Houthis auraient attaqué une raffinerie d'Aramco à Jazan, en Arabie saoudite, avec deux drones. La série d'attaques contre les infrastructures pétrolières saoudiennes et le transport maritime en mer Rouge est survenue après que les Houthis ont annoncé un blocus naval contre l'Arabie saoudite en mer Rouge le 20 juillet, le décrivant comme une réponse à ce qu'ils appellent un siège saoudien du Yémen, une allégation que Riyad dément. Une coalition dirigée par l'Arabie saoudite a répondu par des frappes aériennes sur ce qu'elle a décrit comme des installations militaires houthies dans la ville portuaire de Hodeïda, liées à des menaces contre la navigation commerciale.
- Les Houthis annoncent un blocus naval contre l'Arabie saoudite en mer Rouge
- Les Houthis revendiquent une attaque de drone contre une raffinerie d'Aramco à Jazan, en Arabie saoudite
- Des missiles houthis frappent le port de Mocha, tuant 4 à 8 personnes selon les sources
- Les Houthis revendiquent une attaque de drone contre une installation d'Aramco à Najran, en Arabie saoudite
Contexte régional
L'escalade au Yémen coïncide avec des tensions régionales accrues liées à la guerre des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a débuté le 28 février 2026, les Houthis étant décrits comme un front clé augmentant la perspective d'un retour à un conflit de grande ampleur au Yémen. La menace houthie contre la navigation maritime et les installations pétrolières saoudiennes fait écho à un blocus iranien du détroit d'Ormuz, devenu un axe principal de tension entre Téhéran et Washington. La diplomatie américano-iranienne reste au point mort. Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a exigé ce week-end que les États-Unis mettent fin à leur blocus, lèvent les sanctions, retirent leurs troupes et versent des réparations. Le président américain Donald Trump a répliqué en exigeant que l'Iran paie des compensations, alors même que l'Iran et Oman se rapprochent d'un accord sur un nouveau corridor de transit à travers Ormuz.
Le Yémen est en proie à un conflit depuis que les Houthis ont pris la capitale Sanaa en 2014, provoquant une intervention militaire dirigée par l'Arabie saoudite l'année suivante. Les combats majeurs se sont largement apaisés grâce à une trêve négociée par l'ONU en 2022, mais les efforts pour parvenir à un règlement politique durable sont au point mort. La trêve semble avoir volé en éclats en juillet 2026, lorsque les Houthis ont mené des attaques meurtrières dans des zones sous contrôle gouvernemental.


