Sécurité · Tarente, Gênes et Rome

Les hauts fourneaux de l'ex Ilva à Tarente s'arrêtent, 8 622 salariés concernés par un dispositif de chômage partiel

Maurizio Saitta a déclaré aux syndicats, au ministère du Travail, que rien ne fonctionnait plus dans la zone chaude, tandis que les discussions sur une demande de cassa integrazione portant sur jusqu'à 8 622 salariés ont été renvoyées au 10 novembre.

Texte IA fondé sur les articles de Il Sole 24 ORE, Rai news, Il Fatto Quotidiano et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Tarente, Gênes, Rome, Milan · Italie
Comment on en est arrivé là
  1. 6 nov.Saitta annonce aux syndicats que rien ne tourne dans la zone chaude
  2. 8 nov.Date limite pour les offres fermes sur l'usine
  3. 10 nov.Reprise des discussions au ministère du Travail et redémarrage prévu de la zone de laminage

Hauts fourneaux éteints

La zone chaude de l'ancienne aciérie Ilva de Tarente est désormais entièrement à l'arrêt. Les comptes rendus de la réunion au ministère du Travail attribuent à Maurizio Saitta, directeur général d'Acciaierie d'Italia sous administration extraordinaire, la déclaration selon laquelle tout a été éteint. Il aurait dit aux syndicats :

« À partir de ce matin, plus rien ne tourne. »

Maurizio Saitta

Les procédures d'arrêt des hauts fourneaux ont débuté le mardi 3 novembre, après le rejet par la Cour de cassation des recours contre l'ordre de fermeture formés par les administrateurs nommés par l'État et par la société propriétaire. Le dernier haut fourneau encore en préchauffage a été désactivé le 5 novembre, en même temps que les batteries de fours à coke, mettant fin à 62 ans d'activité sur le site. La zone de laminage est également à l'arrêt et doit redémarrer le 10 novembre, tourner jusqu'à peu avant Noël avant de reprendre en janvier avec des brames fournies par Marcegaglia.

La décision de justice à l'origine de l'arrêt

Un tribunal de Milan a ordonné l'arrêt en juillet, faisant droit à une requête déposée pour des motifs sanitaires par des membres d'une association de parents et par un enfant porteur d'une mutation génétique rare. L'ordonnance exige la fin de l'activité dans la zone chaude sous trois mois, sauf si tout l'amiante du site est retiré et les émissions de particules ramenées sous les seuils sanitaires. La Cour de cassation a confirmé cette décision fin octobre, rejetant les recours des administrateurs nommés par l'État et d'Acciaierie d'Italia. Le parquet a requis l'assignation à résidence de l'ancienne présidente-directrice générale d'AdI Lucia Morselli, de l'ancien directeur de l'usine Alessandro Labile et de Francesco Astorri, directeur des contrôles de l'agence environnementale ISPRA sur les installations stratégiques. Ces réquisitions portent sur des émissions potentiellement cancérigènes de l'usine au cours de la période 2022-2023.

Demande de chômage partiel et négociations au point mort

Le 17 octobre, l'entreprise a demandé une extension de la cassa integrazione straordinaria (Cigs) couvrant jusqu'à 8 622 salariés, près du double des 4 450 actuellement couverts, jusqu'au 28 février 2027 sauf prolongation. La demande se répartit en 6 964 salariés au maximum à Tarente sur 7 875 employés sur place, 870 à Gênes sur 917 et 515 à Novi sur 542. Pour 4 200 salariés d'entreprises sous-traitantes, la cassa in deroga devrait s'appliquer, selon les comptes rendus de la réunion.

Aucun accord n'a été trouvé vendredi et les discussions ont été renvoyées au mardi 10 novembre, date à laquelle le ministère prévoit d'instituer un comité de pilotage. Fim, Fiom et Uilm ont indiqué que des questions et des doutes subsistaient. Guglielmo Gambardella, secrétaire national de l'Uilm, a décrit la réunion après sa fin :

« Comme nous l'avions prévu, malheureusement, les conditions d'une discussion complète n'étaient pas réunies. »

Guglielmo Gambardella

Les syndicats contestent aussi le fait qu'AdI, à court de fonds, ne veuille plus avancer l'indemnité et demande à l'INPS de payer directement, ce qui pourrait selon eux signifier des versements sans date fixe. Ils ont également relevé une incohérence : la suspension court jusqu'en février tandis que le complément économique va jusqu'en juin, et certains salariés pourraient recevoir trois bulletins de paie.

Salariés demandés en Cigs par site, Tarente, Gênes et Novisalariés
Tarente
6964 salariés
Gênes
870 salariés
Novi
515 salariés

Données tirées du texte de l’article

Processus de vente et rôle de l'État

Les offres fermes pour l'usine sont attendues le 8 novembre. Selon les médias, un consortium d'entreprises italiennes mené par la fédération sidérurgique Federacciai, qui s'était dit intéressé, a décidé de ne pas se porter candidat pour la zone de production d'acier laminé à froid. Le groupe indien Jindal, le groupe tchèque CE industries et le groupe d'investissement privé américain Flacks ont tous exprimé leur intérêt pour le rachat de l'usine. Le gouvernement Meloni n'a pas exclu une participation de l'État, compte tenu de l'importance stratégique de l'acier. L'avenir de l'usine et son projet de décarbonation et d'électrification de la production sont désormais très incertains, comme des milliers d'emplois sur le site et chez les sous-traitants.

Ce que la fermeture laisse derrière elle

Les médias chiffrent les emplois en jeu à plus de 10 000. Un reportage rappelle un incident de mai 2025 au cours duquel le haut fourneau 2 a failli exploser, et indique que de l'amiante reste à l'intérieur des bâtiments. Tarente, qui abritait autrefois la plus grande aciérie d'Europe, est associée à des taux élevés de cancer dans la ville portuaire. Le prochain rendez-vous est la réunion du ministère du Travail le 10 novembre, date à laquelle la zone de laminage doit également redémarrer.

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Sources et contexte

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