Près de la moitié des footballeuses envisagent une retraite anticipée, selon une enquête de la FIFPRO
Une enquête de la FIFPRO menée auprès de 791 joueuses dans 40 pays révèle que 49 % d'entre elles envisagent une retraite anticipée, principalement pour des raisons financières et de charge mentale. Le salaire moyen a triplé depuis 2017, mais le salaire médian reste bien inférieur.
Des raisons financières et une charge mentale à l'origine des départs
Près de la moitié des joueuses interrogées dans le cadre d'une enquête de la FIFPRO disent envisager une fin de carrière anticipée. Le syndicat mondial des joueurs a constaté que 49 % des 791 joueuses interrogées envisageaient de prendre leur retraite avant la date prévue, selon une étude portant sur la saison 2025-2026 dans 40 pays. Parmi elles, 59 % invoquent des raisons financières et 46 % un stress psychologique. Le rapport s'appuie également sur des entretiens semi-directifs avec 34 joueuses de six régions.
Des salaires en hausse, mais inégaux
Le salaire mensuel moyen en club a triplé depuis l'enquête de la FIFPRO de 2017, atteignant 2 601 dollars une fois ajusté à l'inflation, selon le rapport. Cette progression est liée à la hausse des revenus de ligues comme la National Women's Soccer League aux États-Unis. Le salaire mensuel médian s'établit à 1 669 dollars, ce qui signifie que la moitié des joueuses gagnent moins que ce montant. Le syndicat estime que la médiane donne une image plus fidèle de la joueuse type que la moyenne, tirée vers le haut par un petit nombre de stars très bien payées. L'écart est le plus marqué en Europe de l'Est, où les joueuses de dix pays gagnent en moyenne moins que le salaire minimum national. En Europe de l'Ouest, les revenus moyens se situent à peine au-dessus du niveau du salaire minimum.
- Salaire mensuel moyen
- 2601 US$
- Salaire mensuel médian
- 1669 US$
Contrats, retraites et soutien
Seules 56 % des joueuses ont un contrat de travail, et 13 % bénéficient d'une retraite versée par leur club. Si 82 % perçoivent une rémunération de leur club, seules 57 % estiment que ces versements couvrent les frais liés à la pratique, et 62 % se considèrent comme professionnelles. Cinquante-sept pour cent des répondantes déclarent des problèmes psychologiques, et la moitié d'entre elles indiquent que leur club ne leur a apporté aucun soutien. Le syndicat réclame une prise en charge psychologique obligatoire dans les clubs, en s'appuyant sur l'exemple de la NWSL, où des professionnels de santé mentale interviennent dans chaque club et où les joueuses peuvent bénéficier de jusqu'à six mois de congé pour raisons psychologiques. Seules huit des 30 ligues nationales analysées disposent d'une convention collective fixant les conditions de travail.
- Envisagent une retraite anticipée
- 49 %
- Déclarent des problèmes psychologiques
- 57 %
- Disposent d'un contrat de travail
- 56 %
- Bénéficient d'une retraite de club
- 13 %
Ce que demande la FIFPRO
Alex Culvin, directrice du football féminin à la FIFPRO, estime que les progrès sont inégaux dans le sport.
Les progrès et les bénéfices ne sont pas répartis de manière égale entre les joueuses du monde entier.
En dehors des clubs les mieux financés, les conditions précaires et instables restent courantes, selon Alex Culvin, qui indique que 95 % des joueuses cumulent plusieurs difficultés à la fois. La FIFPRO souhaite que des normes minimales contraignantes soient inscrites dans les contrats des joueuses. Le syndicat cite également les règles de protection de la maternité introduites par la FIFA en 2021 après des négociations menées par la FIFPRO, qu'il considère comme une avancée.