En bref
Un incendie survenu le 23 septembre a endommagé un poste électrique et un générateur à la station au sol Starlink, à environ 50 kilomètres au sud de Varsovie ; la station a été brièvement hors service et aucun blessé n'a été signalé.
Lundi 12 octobre, la police du Bade-Wurtemberg a arrêté un ressortissant turc de 34 ans et un autre de 38 ans à la demande de la Pologne ; le tribunal régional supérieur de Stuttgart doit statuer sur l'extradition.
Vendredi 16 octobre, Der Spiegel a rapporté que plusieurs sources de sécurité dans différents pays désignent le gang turc Daltons, qui pourrait avoir agi sur ordre des services russes.
- 23 sept.Un incendie se déclare à la station Starlink de Wola Krobowska
- 12 oct.Deux ressortissants turcs arrêtés à Nürtingen, en Allemagne
- 16 oct.Der Spiegel fait état d'un lien avec le gang Daltons
L'incendie de la station Starlink
Le 23 septembre, un incendie s'est déclaré dans une station au sol Starlink à Wola Krobowska, à environ 50 kilomètres au sud de Varsovie. Les flammes ont atteint un poste électrique et un générateur, et la station a brièvement été hors service avant de reprendre son activité. Personne n'a été blessé. Exploitée par Exatel, la station sert de plaque tournante internet et achemine des données de Pologne vers l'Ukraine, dont l'armée dépend des liaisons Starlink pour sa défense face à l'invasion russe. Les autorités polonaises ont rapidement qualifié l'incendie de probable acte de sabotage, et le parquet national a ouvert une enquête pour sabotage et crime de nature terroriste commis pour le compte d'un service de renseignement étranger.
Varsovie accuse la Russie
Le vice-Premier ministre et ministre du Numérique Krzysztof Gawkowski a déclaré que de nombreux éléments indiquaient une tentative délibérée de perturber la station, qu'il a décrite comme une plaque tournante qui contribue aussi à maintenir l'Ukraine connectée. Il s'est abstenu d'affirmer que des Russes étaient certainement à l'origine de l'incendie, mais a estimé que l'attaque correspondait à une nouvelle approche russe. Tomasz Siemoniak, coordinateur des services spéciaux, est allé plus loin et a déclaré qu'il n'y avait aucun doute que le renseignement russe était derrière le sabotage. Il a ajouté que ces services recourent de plus en plus à des personnes liées à la criminalité organisée.
Arrestations en Allemagne
Lundi 12 octobre, des forces spéciales de la police criminelle du Land de Bade-Wurtemberg ont arrêté deux ressortissants turcs, âgés de 34 et 38 ans, à Nürtingen. Les arrestations ont suivi une demande d'entraide judiciaire polonaise et des mandats d'arrêt européens, et les autorités polonaises accusent les deux hommes d'avoir participé à l'attaque. Tous deux sont placés en détention provisoire. Le tribunal régional supérieur de Stuttgart doit désormais décider de leur extradition vers la Pologne, et cette décision est attendue prochainement. À Berlin, une troisième personne a été interpellée, et Bild a rapporté que cet homme était le chauffeur. Il a ensuite été libéré, aucune implication n'ayant pu être prouvée. Les informations divergent sur la date et les circonstances de la détention à Berlin, ces points restent donc flous.
Les Daltons et le lien russe allégué
Der Spiegel a rapporté vendredi 16 octobre que plusieurs sources dans différents pays, travaillant indépendamment, désignent les Daltons, un groupe criminel organisé turc actif en Allemagne. Des sources de sécurité ont déclaré au magazine que les deux hommes appartenaient au groupe ou avaient été mandatés par ses soutiens. Les Daltons pourraient à leur tour avoir reçu l'ordre des services de renseignement russes. Selon tagesschau, le groupe fait partie d'une « mafia Gen-Z » turque, dont les membres sont liés à l'extorsion, au trafic d'armes et aux meurtres commandités. Le dirigeant présumé du groupe a été détenu en Russie en 2024, et la Turquie a demandé son extradition, mais les services de sécurité allemands estiment, selon ces informations, que Moscou l'a protégé à la place.
Ce qui reste flou
Le lien avec le renseignement russe repose sur des sources citées par Der Spiegel et sur des déclarations de responsables polonais, et aucune preuve publiée ne l'a confirmé à ce jour. Tagesschau a rapporté qu'on ignore quelles preuves existent de l'implication russe. Les enquêteurs allemands disent aussi que les Daltons sont difficiles à cerner, car les alliances changent et des ramifications locales et des imitateurs apparaissent. La prochaine étape formelle est la décision du tribunal de Stuttgart sur l'extradition vers la Pologne.