
Un lycéen perd sa main à cause d'une grenade policière, 413 établissements perturbés par les blocages
Un élève de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade de désencerclement à Lens, alors que des blocages de lycées contre le manque de personnel perturbaient 413 établissements dans le pays.
Grave blessure lors d'un blocage à Lens
Un élève de 15 ans a perdu sa main le lundi 5 octobre lors d'affrontements avec des policiers devant le lycée Béhal, dans la ville de Lens, dans le nord de la France. Entre 200 et 300 manifestants s'étaient rassemblés pour bloquer l'entrée de l'établissement avant que des unités de CRS ne déploient des engins de dispersion pour dégager la zone. Selon des sources policières, l'adolescent a ramassé une grenade de désencerclement dans l'intention de la renvoyer vers les lignes de sécurité avant qu'elle n'explose dans sa main. L'élève blessé a été transporté au Centre hospitalier régional universitaire (CHR) de Lille, où le personnel médical a confirmé que ses blessures étaient graves mais que son pronostic vital n'était pas engagé. Une enquête de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été ouverte immédiatement après l'explosion pour clarifier le déroulement exact des faits.
Je ne suis pas en mesure d'affirmer formellement si le lycéen a ramassé la grenade ou si elle lui a été lancée.
L'ampleur du mouvement de blocage national
L'incident de Lens s'est produit dans le cadre d'une vague plus large de mobilisations lycéennes, commencée à la mi-septembre en région parisienne et qui s'est étendue à toute la France. Le ministère de l'Éducation nationale a indiqué que 413 établissements du secondaire avaient connu des perturbations ou des blocages partiels lundi matin, contre 564 établissements touchés le vendredi 2 octobre. En région parisienne, des élèves ont bloqué environ un tiers des 468 lycées du territoire, brandissant des banderoles critiquant les conditions d'apprentissage dans des établissements comme le lycée Turgot. Des manifestants se sont rassemblés devant les grilles de plusieurs villes, notamment à Rennes et à Lille, où la police est intervenue après que du mobilier urbain et des poubelles ont été incendiés.
- 2026-10-02
- 564 établissements
- 2026-10-05
- 413 établissements
Montée des tensions et arrestations dans tout le pays
Les tensions autour des blocages lycéens ont entraîné de nombreuses interventions des forces de l'ordre ces derniers jours. Plus de 5 000 personnes, en grande majorité des mineurs âgés de 15 à 18 ans, ont été interpellées depuis le début du mouvement. Dans le 13e arrondissement de Paris, les autorités ont évacué environ 100 élèves d'un lycée lundi après que des individus masqués ont mis le feu à trois reprises à l'entrée de l'établissement, blessant un membre du personnel par des éclats de verre. À Dijon, les policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes et des projectiles en caoutchouc pour disperser les attroupements près des établissements scolaires. Les autorités ont également arrêté un jeune de 17 ans en lien avec une pierre lancée lors d'une manifestation jeudi qui a rendu une femme définitivement aveugle d'un œil, ainsi qu'un suspect de 16 ans interpellé près de Marseille dimanche pour avoir agressé une enseignante de 59 ans avec de l'essence vendredi.
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- 564 établissements perturbés, une enseignante agressée près de Marseille
- La police arrête un suspect de 16 ans lié à l'agression de Marseille
- Un lycéen de 15 ans perd sa main à Lens, 413 établissements perturbés
- Les syndicats lycéens et enseignants appellent à une troisième journée d'action nationale
Réponse du gouvernement et mobilisation syndicale
Les organisations lycéennes et syndicales continuent de protester contre la dégradation des conditions de travail en classe, les pénuries structurelles d'enseignants, les emplois du temps quotidiens chargés et des bâtiments inadaptés aux fortes chaleurs saisonnières. Des partis de gauche, dont La France insoumise et le Parti communiste français, ont estimé que le discours gouvernemental visait injustement leurs membres tandis que la police faisait un usage excessif de la force. La CGT a saisi le Défenseur des droits de la conduite des forces de l'ordre, qualifiant la réponse opérationnelle d'excessive. Le représentant officiel Geffray a présenté un plan d'action pour accélérer les nominations de remplaçants à partir de la semaine prochaine, tout en précisant que les décisions formelles concernant les améliorations des infrastructures et la réforme du calendrier scolaire ne pourraient prendre effet avant 2027. En réponse, le syndicat lycéen USL et les syndicats enseignants affiliés ont appelé à une troisième journée de grève nationale le mardi 6 octobre.
