
Épidémie d'Ebola en RDC et en Ouganda : restrictions de voyage mondiales et crise du traçage des contacts
Une épidémie d'Ebola à propagation rapide de la souche Bundibugyo, résistante aux vaccins, en République démocratique du Congo, s'est propagée à l'Ouganda et a provoqué une cascade de restrictions internationales de voyage, l'OMS avertissant que l'épidémie dépasse les efforts de réponse dans un contexte de violence et de pénurie de financement.
Une épidémie qui s'étend rapidement
Depuis la mi-mai, une épidémie d'Ebola de souche Bundibugyo détectée pour la première fois dans la province d'Ituri en RDC s'est intensifiée, l'OMS faisant état de jusqu'à 900 cas suspects et 220 décès. Sept cas, dont un mortel, ont désormais été confirmés dans l'Ouganda voisin. L'OMS a déclaré l'épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai, puis a relevé le risque à « très élevé » pour la RDC et l'Ouganda.
L'est de la RDC est désormais confronté à une collision catastrophique entre maladie et conflit, l'épidémie d'Ebola dans la province d'Ituri dépassant la capacité de réponse.
Crise du traçage des contacts et déficits de financement
Les équipes sanitaires peinent à localiser les personnes exposées au virus. La semaine dernière, seuls 7 % des plus de 1 200 contacts identifiés avaient été retrouvés, bien que le nombre de contacts soit depuis passé à plus de 2 000. La violence dans l'est de la RDC – où des hôpitaux ont été attaqués et des tentes d'isolement brûlées par des foules en colère – rend le suivi quasiment impossible.
Aucun vaccin n'existe. Aucun traitement n'existe. Le virus a circulé sans être détecté pendant six semaines. La propagation transfrontalière est confirmée. Des agents de santé meurent.
La réponse mondiale a également été entravée par le retrait des États-Unis de l'OMS et par des réductions budgétaires plus larges, selon plusieurs sources sanitaires. La souche Bundibugyo, pour laquelle il n'existe aucun vaccin ni traitement approuvé, a un taux de létalité de 30 % à 50 %.
Une cascade de restrictions de voyage
L'urgence de santé publique a déclenché une vague de mesures aux frontières. Les États-Unis ont interdit l'entrée aux non-citoyens ayant récemment visité la RDC, l'Ouganda ou le Soudan du Sud et ont étendu cette interdiction aux détenteurs de cartes vertes. Les détenteurs de passeports américains arrivant de la région sont acheminés vers des aéroports désignés pour un dépistage par les CDC.
Le Canada a imposé une interdiction d'entrée de 90 jours aux résidents de ces trois pays, effective mercredi, et exige une quarantaine de 21 jours pour les citoyens canadiens et autres voyageurs asymptomatiques provenant des zones touchées à partir du 30 mai. Les Bahamas ont adopté une interdiction similaire de 30 jours, tandis que la Jordanie et Bahreïn ont suspendu l'entrée depuis la RDC et l'Ouganda, et que l'Inde a lancé des dépistages dans les aéroports et déconseillé les voyages non essentiels. L'Inde surveille également une femme ougandaise mise en quarantaine à Bengaluru – son premier cas suspect d'Ebola depuis 2014.
L'Ouganda resserre ses propres frontières
Mercredi, l'Ouganda a fermé sa frontière avec la RDC « avec effet immédiat », invoquant l'exposition croissante de ses agents de santé à des patients congolais ayant traversé avant que l'épidémie ne soit déclarée le 15 mai. La secrétaire à la Santé, Diana Atwine, a noté que le nombre de personnes exposées augmentait parce que les agents de santé infectés avaient des familles.
Ils ont des familles, et donc le nombre n'a cessé de croître.
L'Ouganda avait identifié 311 contacts à suivre sur son territoire.
- Le virus commence probablement à circuler silencieusement dans la province d'Ituri, sans être détecté pendant des semaines.
- La RDC déclare une épidémie d'Ebola dans l'Ituri ; des patients de RDC cherchent des soins en Ouganda.
- L'OMS déclare une urgence de santé publique de portée internationale.
- La Jordanie et Bahreïn suspendent l'entrée des voyageurs en provenance de RDC et d'Ouganda.
- L'OMS relève l'évaluation des risques pour la RDC et l'Ouganda à « très élevé ».
- Le Canada et les Bahamas annoncent des interdictions d'entrée pour les résidents de RDC, d'Ouganda et du Soudan du Sud.
- L'Ouganda ferme sa frontière avec la RDC ; l'Inde met en quarantaine un cas suspect d'Ebola.
Un paysage volatile
Le chef de l'OMS, Tedros, a appelé à un cessez-le-feu immédiat dans l'est de la RDC, avertissant que les déplacements massifs poussent les contacts vers des camps surpeuplés et rompent les couloirs de confinement. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies estime que le risque pour l'Europe reste « très faible », mais dix pays africains, dont l'Angola, sont considérés comme à haut risque. Il s'agit de la 17e épidémie d'Ebola en RDC depuis la découverte du virus en 1976.

