
Enquête de Garlasco : Sempio dit craindre une erreur, les questions se multiplient sur l'échantillon ADN du RIS
Andrea Sempio, visé par la nouvelle enquête de Pavie sur le meurtre de Chiara Poggi, affirme que la crainte d'une erreur est bel et bien présente. Un document du RIS daté de 2007, montré par Tg1, indique que l'ADN de la victime a été prélevé sur du sang, et pas seulement sur la petite cuillère utilisée dans l'affaire.
Andrea Sempio, visé par la nouvelle enquête du parquet de Pavie sur le meurtre de Chiara Poggi, s'est exprimé face à Bruno Vespa pour Porta a Porta, une interview diffusée le 8 octobre. Alberto Stasi a été condamné définitivement à 16 ans de prison, et l'enquête de Pavie remet aujourd'hui en question des éléments de ce dossier. Le meurtre a eu lieu le matin du 13 août 2007 à Garlasco.
- Chiara Poggi est tuée à Garlasco
- Garofano demande à assister à la première inspection comme observateur
- Un document du RIS montre que l'ADN de la victime a déjà été prélevé sur du sang
- Garofano dépose une deuxième demande d'assistance
- Le parquet rejette les demandes de Garofano
- Inspection prévue à laquelle Garofano voulait assister
- La défense de Stasi demande des vérifications sur le distributeur de savon
- Marino déclare aux magistrats de Pavie ne pas se souvenir du transfert de l'échantillon
Le récit de Sempio
Sempio déclare ne voir aucune erreur dans les investigations de 2016 qui ont conduit à son classement sans suite. Il affirme que si l'un des éléments aujourd'hui retenus contre lui n'était pas jugé explicable, il y aurait selon lui une erreur. Il juge tirée par les cheveux la reconstitution finale du parquet et soutient que ses éléments à charge, bien qu'ils semblent s'emboîter, n'aboutissent pas à un résultat convaincant. Sur le risque d'erreur en général, il déclare :
La crainte d'être victime d'une erreur est bel et bien là.
Il ajoute que s'il existe des doutes, refaire l'enquête et la vérifier est la bonne voie.
La petite cuillère et l'ADN
La question en litige est de savoir quel échantillon d'ADN a servi à la comparaison avec le matériel génétique retrouvé sur les pédales du vélo de Stasi. Selon Fanpage, le RIS de Parme a prélevé l'ADN de Chiara Poggi sur une petite cuillère trouvée dans la maison le jour du meurtre. Un document du RIS daté du 4 septembre 2007, montré par Tg1, indique que l'ADN avait déjà été prélevé sur le sang de la victime. Alberto Marino, alors capitaine chargé des tests de comparaison en tant que consultant désigné par le parquet de Vigevano, a déclaré aux magistrats de Pavie le 10 septembre qu'il ne se souvenait pas du transfert de cet échantillon au RIS. Interrogé sur les raisons pour lesquelles le sang n'a pas été utilisé, il répond :
Nous considérions la petite cuillère comme un échantillon de comparaison plus approprié que les traces relevées sur la scène de crime. Le profil génétique est le même, évidemment.
Le substitut du procureur Civardi a contesté ce raisonnement, demandant pourquoi les enquêteurs iraient chercher l'ADN de Chiara Poggi sur un objet sans certitude qu'elle l'ait porté à la bouche.
Les demandes de Garofano
Luciano Garofano, alors commandant du RIS de Parme, a demandé à assister à deux inspections de la villa de Garlasco en qualité d'« observateur ». Sa première demande, datée du 3 septembre 2007, indiquait que les défenses consultées n'y voyaient pas d'objection, mais le parquet de Vigevano l'a rejetée. Une deuxième demande, le 8 septembre, visait à assister aux inspections prévues le 12 septembre en qualité de « comandante del reparto » et d'« ufficiale di pg ». La procureure Rosa Muscio a refusé les deux, et une réponse signée le 9 septembre 2007 avec le procureur Alfonso Lauro faisait valoir qu'il s'agissait d'opérations techniques non reproductibles, ouvertes uniquement aux avocats et aux consultants des parties. Les avocats de Stasi, Giovanni et Eleonora Lucido, s'étaient formellement opposés à la présence de toute personne autre que les consultants désignés.
Le distributeur de savon
La défense de Stasi a demandé au parquet de réexaminer le distributeur de savon de la salle de bains des Poggi, l'un des sept indices sur lesquels Stasi a été condamné. Dans une note déposée en août 2025, les avocats Bocellari et De Rensis ont demandé des vérifications spécifiques sur les empreintes digitales. Jusqu'en 2017, la défense estimait que seules deux empreintes, toutes deux attribuées à Stasi par le RIS, figuraient sur le distributeur, le rapport final ne mentionnant rien d'autre. La note indique que d'autres empreintes fragmentaires n'ont été décrites que de manière générique, n'ont jamais été répertoriées et ne disposaient d'aucune photographie, et que les expertises de première instance n'ont trouvé aucun sang sur le siphon, le lavabo, le robinet ou le distributeur lui-même.
Ce qui reste ouvert
Les conclusions déposées en septembre comprenaient des dossiers récupérés au siège du RIS de Parme qui n'avaient jamais fait partie du dossier judiciaire, une pratique qualifiée d'inhabituelle et d'irrégulière. Ces dossiers portent sur le travail du RIS en 2007. Ils pourraient donner lieu à de nouveaux volets secondaires de l'enquête.

