
L'Alberta vote le 19 octobre sur une voie juridique vers la séparation du Canada
Le premier ministre Mark Carney a appelé jeudi 15 octobre les Albertains à rejeter le séparatisme lors d'un rassemblement à Calgary. Le vote du 19 octobre demande seulement si la province doit engager un processus juridique vers un référendum de séparation ultérieur.
Ce que le vote décide
Les Albertains votent le 19 octobre sur une question plus étroite que le mot référendum ne le suggère. Il ne s'agit pas de savoir si la province doit quitter le Canada. Les électeurs décident si l'Alberta reste une province ou si elle ordonne à son gouvernement d'engager le processus juridique vers un référendum ultérieur sur la séparation. La première ministre Danielle Smith a convoqué ce vote après qu'un groupe citoyen a recueilli environ 300 000 signatures de pétition exigeant un référendum contraignant sur la séparation. Mme Smith, conservatrice dont la base politique comprend des partisans de l'indépendance, plaide pour le maintien au Canada tout en présentant le vote comme une occasion d'entendre directement les résidents. Elle a voté par anticipation mercredi 14 octobre, et au 15 octobre plus de 450 000 Albertains avaient déjà voté par anticipation ou par correspondance.
L'appel de Carney à Calgary
Le premier ministre Mark Carney s'est exprimé lors d'un rassemblement pro-unité à Calgary jeudi 15 octobre devant plus de 7 000 personnes. Il a décrit l'enjeu comme élevé et a déclaré que le référendum arrivait au pire moment possible, demandant aux électeurs un résultat clair contre la séparation. Le même jour, il a visité plusieurs entreprises de Calgary et rencontré des bénévoles travaillant à une campagne de mobilisation électorale. M. Carney a également déclaré que les Albertains ne devraient pas présumer que le résultat est acquis sur la seule base des sondages, même si ceux-ci suggèrent que la plupart des résidents sont favorables au maintien au Canada. Un second événement pro-unité était prévu à Edmonton, ville natale du premier ministre, pour le vendredi 16 octobre.
La participation déterminera le résultat.
- La première ministre Danielle Smith vote par anticipation
- Carney s'exprime lors d'un rassemblement pro-unité à Calgary
- Un second événement pro-unité est prévu à Edmonton
- Les Albertains votent pour savoir s'ils engagent le processus juridique vers un référendum sur la séparation
L'avertissement sur le bluff et les griefs
M. Carney a soutenu que traiter le scrutin comme une protestation contre Ottawa serait une erreur, et il a exhorté les électeurs à ne pas y voir un message au gouvernement fédéral.
Un vote contre le Canada est un bluff dangereux qui mènera à des années de profondes divisions et à une grande incertitude.
M. Carney a reconnu que de nombreux Albertains se sentent lésés par la capitale fédérale et a déclaré qu'Ottawa leur avait donné l'impression que leurs ressources ne leur appartenaient pas. Il a évoqué des projets de nouvel oléoduc vers la côte Pacifique, qui selon lui créeraient plus de 140 000 emplois et réduiraient la dépendance du Canada aux États-Unis.
Les frustrations que de nombreux Albertains ressentent sont réelles.
M. Carney a également comparé le référendum au Brexit, le vote britannique de 2016 en faveur d'une sortie de l'Union européenne, avertissant qu'un vote en faveur de la sortie pourrait avoir des conséquences économiques imprévues. Les opposants à la séparation soutiennent qu'une Alberta nouvellement indépendante hériterait de milliards de dollars de dettes et que l'incertitude pourrait faire fuir des milliers d'emplois et d'investissements hors de la province. Les séparatistes répliquent qu'Ottawa a fait passer la politique environnementale avant le développement pétrolier et gazier et que l'Alberta conserverait davantage de sa richesse hors du Canada.
Les séparatistes et le contexte commercial
Mitch Sylvestre, qui dirige l'Alberta Prosperity Project, une organisation séparatiste de premier plan, a déclaré à l'AFP que les intérêts américains ne joueraient aucun rôle en Alberta tant que les séparatistes n'auraient pas gagné et formé un gouvernement. Il a affirmé qu'une Alberta séparée continuerait de commercer avec la plus grande économie du monde et qu'il n'y avait aucune animosité envers l'Amérique. La campagne se déroule pendant une guerre commerciale entre Washington et Ottawa, et Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de faire du Canada le 51e État américain. La volonté de M. Carney de rendre le Canada moins dépendant des États-Unis a également irrité M. Trump.
