
La France fixe l'élection présidentielle de 2027 aux 18 avril et 2 mai, la droite dénonce le chevauchement avec le 1er mai
Le gouvernement français a confirmé mercredi que l'élection présidentielle de 2027 se tiendra les 18 avril (premier tour) et 2 mai (second tour). Cette décision place le vote décisif juste après la Fête du Travail, lorsque la campagne électorale est interdite, suscitant de vives objections de la droite.
Le calendrier électoral
Le premier tour aura lieu le 18 avril 2027 et le second tour le 2 mai, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon après un conseil des ministres. La Constitution exige que le vote ait lieu 20 à 35 jours avant l'expiration du mandat du président, qui pour le second mandat d'Emmanuel Macron est le 14 mai 2027. Cela a imposé un choix entre deux fenêtres : les 11 et 25 avril, ou les 18 avril et 2 mai.
Le gouvernement a opté pour les dates les plus tardives, arguant que moins de régions sont en vacances scolaires de printemps le 2 mai et que cela rapproche le second tour de la passation de pouvoir attendue autour du 13-14 mai. Le décret sera désormais publié au Journal officiel, et le ministère de l'Intérieur fixera les délais d'inscription et de parrainages. La liste définitive des candidats devra être publiée au plus tard le 26 mars 2027.
- Le gouvernement approuve le calendrier électoral
- Date limite pour la liste définitive des candidats
- Premier tour de scrutin
- Fête du Travail ; silence électoral en vigueur
- Second tour de scrutin
- Fin du mandat du président Macron
Silence politique le 1er mai
Le second tour du 2 mai tombe le lendemain du 1er mai, jour férié de la Fête du Travail, journée traditionnelle de manifestations syndicales qui portent souvent des messages politiques. Selon le code électoral français, la veille d'un scrutin est une période de silence politique : propagande officielle, réunions électorales, distribution de tracts et interviews médiatiques des candidats sont interdits, et les camps politiques sont censés s'abstenir de toute campagne supplémentaire. L'application de ces règles à une journée de manifestations de rue nationales a immédiatement soulevé des questions pratiques et juridiques.
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a insisté sur le fait que « les règles du silence politique, la veille du second tour, seront les mêmes que d'habitude », mais les syndicats et les groupes politiques débattent déjà de la possibilité de maintenir les manifestations réellement apolitiques.
Les critiques de la droite
Le candidat Les Républicains Bruno Retailleau a dénoncé ce calendrier comme une volonté délibérée de pencher à gauche. « Ce choix n'est pas neutre et pas normal sur le plan démocratique », a-t-il déclaré sur CNews et Europe 1. Il a accusé l'exécutif de poursuivre une « stratégie du chaos » et affirmé que la gauche croit qu'un second tour après le 1er mai lui sera bénéfique. « Que personne ne me fasse croire que dans les manifestations, dans les positions prises, il n'y aura pas d'écho politique. »
Ce choix n'est pas neutre et pas normal sur le plan démocratique.
Le Rassemblement National s'y oppose également, car son rassemblement traditionnel du 1er mai sera impossible sous les règles de silence. Sébastien Chenu (RN) a déclaré que le parti ne tiendrait pas de réunion ce jour-là, mais a déploré la perte d'une opportunité de mobilisation. Au sein de la droite, tout le monde ne soutient pas la position de Retailleau : le député LR Hubert Bricout a déclaré à RFI que le calendrier « ne changera rien – les Français auront déjà fait leur choix d'ici le 1er mai. »
Justification du gouvernement et course élargie
Les conseillers présidentiels soulignent que toute perturbation la veille du scrutin pourrait en réalité favoriser les partisans de l'ordre plutôt que la gauche. « S'il y a des dégâts la veille du vote, cela peut favoriser les partisans de l'ordre », a noté un conseiller de l'Élysée. Le gouvernement a également organisé une consultation préalable avec les partis politiques au ministère de l'Intérieur, mais les critiques ont continué.
Cette annonce marque une nouvelle phase symbolique dans la pré-campagne. Depuis les élections municipales de mars, Bruno Retailleau a été confirmé comme candidat de la droite, Jean-Luc Mélenchon se présentera pour la gauche radicale La France Insoumise, et Gabriel Attal s'est déclaré pour le parti centriste Renaissance. L'ancien Premier ministre Édouard Philippe doit tenir son premier rassemblement ce week-end, tandis que Marine Le Pen attend une décision de justice la semaine prochaine qui pourrait l'empêcher de se présenter si elle reçoit une peine de plus de deux ans d'inéligibilité.


