
Le Vetevendosje de Kurti remporte les élections au Kosovo mais perd la majorité, prolongeant l'impasse politique
Le parti du Premier ministre Albin Kurti a remporté la troisième élection législative au Kosovo en 16 mois mais a perdu sa majorité absolue, ouvrant la voie à de difficiles négociations de coalition dans un contexte de lassitude électorale et de crise institutionnelle prolongée.
Résultats électoraux
Le parti Vetevendosje d'Albin Kurti a obtenu près de 43 % des voix lors de l'élection législative anticipée de dimanche, selon des résultats quasi complets de la commission électorale centrale. Ce chiffre marque un net recul par rapport aux 51 % obtenus par le parti lors de l'élection précédente en décembre. Le Parti démocratique du Kosovo (PDK) a recueilli 21 %, la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) entre 17 et 18 %, et l'Alliance pour l'avenir du Kosovo (AAK) environ 7 %. La participation est tombée à environ 36-37 %, contre 45 % en décembre, avec seulement un électeur éligible sur trois environ qui a voté.
- Vetevendosje (déc. 2025)
- 51 %
- Vetevendosje (juin 2026)
- 43 %
- PDK (déc. 2025)
- 21 %
- PDK (juin 2026)
- 21 %
- LDK (déc. 2025)
- 13 %
- LDK (juin 2026)
- 18 %
- AAK (déc. 2025)
- 5.6 %
- AAK (juin 2026)
- 7 %
Perspectives de coalition
Le résultat de Vetevendosje le laisse à court de sièges nécessaires pour gouverner seul, rendant les négociations de coalition inévitables. Les trois principaux partis d'opposition, PDK, LDK et AAK, sont tous conservateurs et en désaccord avec Kurti, mais pourraient théoriquement former une majorité alternative s'ils mettent de côté leurs différences. Kurti s'est adressé à ses partisans à minuit sur la place centrale de Pristina, qualifiant le résultat de quatrième victoire consécutive de son parti depuis 2021.
C'est la confirmation qu'au moins cette décennie, et je crois plus longtemps, sera la décennie du gouvernement Vetevendosje.
Paralysie institutionnelle
Cette élection est la troisième en un peu plus d'un an, après un scrutin non concluant en février 2025 et une élection anticipée en décembre. L'impasse politique a laissé le Kosovo sans président ni président du parlement depuis plus de deux mois. L'Assemblée de 120 sièges a été dissoute en avril après que les partis n'ont pas réussi à s'entendre sur un candidat pour remplacer l'ancienne présidente Vjosa Osmani, qui se présente désormais sur la liste du LDK. Un président nécessite au moins 80 voix, ce qui oblige tout gouvernement à obtenir le soutien de l'opposition.
- Élection législative non concluante ; Vetevendosje obtient 42 % mais pas de majorité
- Élection anticipée ; Vetevendosje obtient 51 % et forme un gouvernement avec des députés minoritaires
- Parlement dissous après n'avoir pas réussi à élire un nouveau président
- Troisième élection anticipée ; Vetevendosje obtient 43 % mais perd la majorité absolue
Frustration des électeurs
La faible participation reflète une lassitude généralisée face aux élections répétées et à l'impasse politique. Le blocage a retardé les réformes exigées par l'UE et le décaissement des fonds européens, mettant davantage sous tension l'un des pays les plus jeunes et les plus pauvres d'Europe.
Assez, c'est assez. J'attends des partis qu'ils reviennent enfin à la raison et travaillent pour le Kosovo, au lieu de perdre du temps à se battre pour le pouvoir à travers une élection anticipée après l'autre.
Représentation des minorités
La constitution du Kosovo garantit 10 sièges à la minorité serbe et 10 autres aux autres minorités ethniques non serbes. La Liste serbe, liée à Belgrade, était créditée d'environ 5 % des intentions de vote, et les résultats préliminaires de Mitrovica-Nord lui donnent 75 % des voix face à un parti serbe favorable à Kurti qui n'a pas atteint le seuil des 5 %. Le vote de la diaspora, qui tend à soutenir le programme nationaliste et de gauche de Kurti, n'a pas été inclus dans les résultats préliminaires.


