Conflits · Port-au-Prince, Croix-des-Bouquets et San Salvador

Le Salvador envoie plus de 2 000 soldats en Haïti pour retrouver quatre techniciens disparus

Le ministère salvadorien des Affaires étrangères a annoncé ce déploiement le 28 octobre, après la disparition de quatre techniciens de l'aviation dans une embuscade le 18 octobre. Une source gouvernementale haïtienne évalue à 1 300 hommes le contingent salvadorien déjà présent en Haïti.

Texte IA fondé sur les articles de BBC, HotNews.ro, Deutsche Welle et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Port-au-Prince, Croix-des-Bouquets, San Salvador · Haïti, Salvador
Comment on en est arrivé là
  1. 18 oct.Quatre techniciens de l'aviation salvadoriens disparaissent après une embuscade près de Port-au-Prince
  2. 27 oct.Au moins trois vols de Boeing 747-400 en provenance de San Salvador atterrissent en Haïti, selon les relevés de suivi des vols
  3. 28 oct.Le ministère salvadorien des Affaires étrangères annonce le déploiement de plus de 2 000 soldats

Le déploiement

Le ministère salvadorien des Affaires étrangères a indiqué mercredi 28 octobre que le président Nayib Bukele avait téléphoné au Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé et que San Salvador entendait envoyer plus de 2 000 soldats en Haïti. Le cabinet de Fils-Aimé a confirmé l'appel dans un communiqué, précisant que les deux dirigeants avaient réaffirmé leur volonté d'une coordination renforcée au sein de la Force de répression des gangs, notamment pour soutenir l'opération de secours. Le Nouvelliste, citant une source gouvernementale haïtienne, évalue à 1 300 le nombre de soldats salvadoriens déjà présents en Haïti. Des relevés de suivi des vols montrent qu'au moins trois Boeing 747-400 ont atterri en Haïti depuis San Salvador le 27 octobre, des avions de transport militaire du Commandement sud des États-Unis et de la Force aérienne colombienne soutenant également le mouvement.

Le communiqué du ministère décrit l'opération en ces termes :

« Le Salvador poursuivra le déploiement opérationnel de plus de deux mille soldats pour secourir les quatre techniciens de l'aviation salvadoriens. »

ministère salvadorien des Affaires étrangères

Les quatre techniciens disparus

Quatre techniciens de l'aviation salvadoriens servant au sein de la Force de répression des gangs, soutenue par l'ONU, ont disparu le 18 octobre, lorsque leur véhicule blindé a été pris dans une embuscade sur le chemin du retour vers leur base. L'attaque a eu lieu à Croix-des-Bouquets, zone en bordure de Port-au-Prince contrôlée par des groupes armés, et NOS rapporte que des explosifs ont touché le véhicule avant que les quatre hommes ne s'échappent de l'épave en feu. On ignore si un gang les retient, et aucun groupe n'a revendiqué l'attaque. Dans la semaine du 26 octobre, Haïti a remis quatre corps à des forces spéciales en affirmant qu'il s'agissait des hommes disparus, mais Bukele a déclaré qu'ils ne correspondaient pas, que l'un était celui d'un enfant et qu'un autre portait l'uniforme militaire d'un autre pays. Dans une publication sur X la semaine du 19 octobre, Bukele a menacé d'éliminer les gangs haïtiens, comme il dit l'avoir fait au Salvador, si les Salvadoriens n'étaient pas libérés.

Une mission aux effectifs réduits

La Force de répression des gangs est déployée en Haïti depuis avril, mais elle n'est pas une force de maintien de la paix officielle de l'ONU : ses effectifs dépendent donc des contributions volontaires des pays. NOS compte environ 2 000 soldats venus du Tchad, du Sri Lanka, de Mongolie, du Guatemala, de Jamaïque et du Salvador, pour un effectif prévu à l'origine de 5 500. Le Conseil de sécurité de l'ONU a prolongé le mandat fin septembre, jusqu'en mars 2027. Le 26 octobre, le représentant de la force, Jack Christofides, a déclaré devant le Conseil de sécurité que les gangs testaient la force, et le plus haut représentant de l'ONU en Haïti a affirmé que les gangs adaptaient de plus en plus leurs tactiques. L'ONU indique que plus de 5 700 personnes ont été tuées cette année en Haïti dans des violences liées aux gangs, et la BBC rapporte que des gangs armés contrôlent une grande partie de la capitale.

Force de répression des gangs : effectifs déployés et effectif autorisésoldats
Effectifs déployés (env.)
2000 soldats
Effectif autorisé
5500 soldats

Données tirées du texte de l’article

Élections reportées

Le Conseil électoral haïtien avait fixé au 13 décembre les élections tant attendues, une date choisie en juillet, mais il a annoncé début octobre qu'il révisait le calendrier sans fixer de nouvelle date. Mercredi, le Conseil a publié un nouveau calendrier prévoyant un premier tour des élections présidentielle et législatives le 18 juillet 2027, puis un second tour, et des élections locales le 4 octobre 2027. Haïti n'a pas organisé d'élection depuis 2016, et les dirigeants de la transition ont invoqué l'insécurité, à mesure que les gangs étendent le territoire qu'ils contrôlent, pour justifier des reports répétés. Jovenel Moïse, le dernier président, a été assassiné en 2021, et la BBC indique que le vide politique qui a suivi a aggravé la crise des gangs.

Poser une question sur ce texte

Sources et contexte

Organisations
Reuters

Pollar est gratuit et sans publicité dans le texte. Ses membres le font vivre.

Soutenir Pollar