En bref
Le tribunal administratif de voïvodie de Varsovie a constaté que la notification avait été envoyée à une adresse où Ziobro ne vivait pas et qu'elle n'avait pas été régulièrement remise à ses avocats. Adam Gomoła a annoncé la décision jeudi 22 octobre.
Les services du voïvode ont reçu la motivation écrite le 15 octobre et disposent de 30 jours pour déposer un pourvoi en cassation devant la Cour administrative suprême. Le délai expire le 14 novembre.
Le passeport a été retiré en décembre 2025 à la demande du parquet national. Les procureurs ont retenu 26 chefs d'accusation contre Ziobro, dont la direction d'un groupe criminel organisé.
La Hongrie a retiré le statut de réfugié de Ziobro après un changement de gouvernement à Budapest. Le tribunal de district de Varsovie a refusé de délivrer un mandat d'arrêt européen, et la demande d'extradition est parvenue aux États-Unis après la notification de Waldemar Żurek début juillet.
- 15 oct.Les services du voïvode reçoivent la motivation écrite de la décision du tribunal
- 22 oct.L'avocat de Ziobro annonce que le tribunal a annulé le retrait du passeport
- 14 nov.Date limite pour déposer un pourvoi en cassation devant la Cour administrative suprême
Le tribunal retient des vices de procédure
Le tribunal administratif de voïvodie de Varsovie a annulé la décision du voïvode de Mazovie retirant le passeport de l'ancien ministre de la Justice Zbigniew Ziobro. Son avocat, Adam Gomoła, a annoncé l'issue jeudi 22 octobre, après une audience tenue le 11 septembre 2026. Le tribunal ne s'est pas prononcé sur le fond du retrait. Son grief portait sur la manière dont l'affaire a été notifiée : les services du voïvode ont envoyé la notification d'ouverture de la procédure à l'adresse d'enregistrement de Ziobro alors que les fonctionnaires savaient qu'il n'y vivait pas, et la notification n'a été régulièrement remise à aucun de ses avocats.
La juge Małgorzata Jarecka a indiqué dans une communication officielle que le tribunal avait constaté une atteinte à un droit procédural fondamental. Le tribunal a jugé que la procédure avait été menée en violation grave des règles de procédure, ce qui, en droit administratif, peut justifier la réouverture du dossier. Elle s'est exprimée ainsi :
« Le droit de la partie à participer activement à la procédure a été violé. »
Ce que la décision laisse intact
La porte-parole du voïvode, Luiza Jurgiel-Żyła, a souligné que les griefs du tribunal étaient procéduraux et ne touchaient pas au fondement juridique du retrait, qui découle de la loi sur les documents de passeport. Les services du voïvode ont reçu la motivation écrite le 15 octobre et l'examinent. Elle a déclaré :
« L'arrêt est en cours d'analyse et les services disposent de 30 jours pour déposer un pourvoi en cassation devant la Cour administrative suprême. »
Le délai de ce pourvoi expire le 14 novembre. D'ici là, la décision reste susceptible de recours.
La réponse de Ziobro
Dans un entretien à Telewizja Republika, Ziobro a déclaré que la motivation du tribunal était la meilleure réponse à la décision. Il a soutenu que les autorités l'avaient empêché de participer à l'affaire en rejetant ses demandes de consultation du dossier et de dépôt de conclusions, et il y a vu une violation délibérée de la loi. Il a affirmé être le premier citoyen depuis 1989 que les autorités traitaient de la sorte dans une procédure pénale, et que même des criminels dangereux ayant fui à l'étranger n'avaient jamais perdu leur passeport. Il a déclaré à la chaîne :
« Cela témoigne du caractère politique de toute cette procédure. »
Dans un message annonçant la décision, Gomoła a estimé qu'il s'agissait d'une honte pour le ministre de l'Intérieur Marcin Kierwiński, qui avait annoncé la décision initiale, et a joint une lettre du tribunal. Selon cette lettre, le tribunal a condamné le voïvode à verser 797 zł à Ziobro au titre des frais.
Contexte du retrait
Le passeport a été retiré en décembre 2025 à la demande du parquet national, qui mène une procédure pénale contre Ziobro. La décision du voïvode est datée du 16 décembre 2025 et le ministre de l'Intérieur Marcin Kierwiński l'a annoncée. Les procureurs allèguent que Ziobro a dirigé un groupe criminel organisé, abusé de ses fonctions et ordonné à ses subordonnés d'enfreindre la loi pour orienter les subventions du Fonds de la justice vers des entités choisies. Au total, 26 chefs d'accusation ont été retenus contre lui.
La Hongrie, les États-Unis et l'extradition
Après l'éclatement du scandale, Ziobro a passé plusieurs mois en Hongrie, où il a obtenu une protection internationale. Après un changement de gouvernement à Budapest, la Hongrie a retiré son statut de réfugié et invalidé ses documents de voyage. Son épouse et Marcin Romanowski, ancien vice-ministre de la Justice, ont connu un sort similaire.
En mai 2026, Ziobro a déclaré se trouver aux États-Unis, où il a utilisé un document délivré par les autorités hongroises. Les procureurs polonais ont demandé son extradition et un mandat d'arrêt européen, mais le tribunal de district de Varsovie a refusé de délivrer le mandat, faute de preuve qu'il se trouvait dans l'Union européenne. Début juillet, le ministre de la Justice Waldemar Żurek a informé officiellement la partie américaine des accusations. La demande d'arrestation et d'extradition est parvenue aux États-Unis et aucune décision des autorités américaines n'est encore connue.