
Troisième semaine de mobilisation en France dans l'affaire Lyhanna : Darmanin promet un « choc numérique »
Des milliers de personnes ont manifesté dans toute la France pour le troisième lundi consécutif, réclamant une loi globale contre les violences sexuelles après le meurtre de Lyhanna, 11 ans. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé des sanctions disciplinaires et un « choc numérique » pour moderniser la justice.
Troisième semaine de mobilisation
Des milliers de personnes ont manifesté à Paris et dans toute la France lundi soir 22 juin, pour la troisième semaine consécutive, réclamant une loi globale contre les violences sexuelles après le viol et le meurtre de Lyhanna, 11 ans. La préfecture de police de Paris a dénombré 2 500 participants place Vendôme, devant le ministère de la Justice. Des rassemblements ont également eu lieu à Nantes, où des dizaines de femmes ont exécuté une chorégraphie sur un slam d'Andréa Bescond, tandis qu'un rassemblement à Bordeaux a été annulé en raison d'une chaleur extrême. Les organisateurs prévoient de se réunir tous les lundis jusqu'au 4 juillet, et reprendront le 7 septembre si le gouvernement ne présente pas de projet de loi globale.
État complice, état criminel, état responsable, vous fermez les yeux, vous êtes coupables, les violeurs sont partout, la justice n'est nulle part, nos enfants meurent.
Une inspection révèle des défaillances systémiques
Un rapport d'inspection commandé par le gouvernement, publié le 22 juin, a mis en évidence une « perte de temps cumulative et une absence de suivi procédural » de la part du parquet d'Auch et de la gendarmerie du Gers dans le traitement d'une plainte pour viol déposée contre le principal suspect, Jérôme Barella, en août 2025. La plainte avait été envoyée par courrier de Toulouse à Auch et s'est perdue. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré que l'inspection montrait que « la chaîne de protection a failli ». Le rapport a noté que le système judiciaire a traité la plainte comme ordinaire plutôt que de la prioriser, malgré des allégations portant sur une cinquantaine de viols.
Réponse politique et sanctions
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé le 22 juin avoir demandé le « déplacement d'office » de deux gendarmes et ouvert une enquête administrative concernant un substitut du procureur à Auch, avec un signalement au Conseil supérieur de la magistrature pour d'éventuelles sanctions disciplinaires. Il a reconnu des « défaillances graves » mais les a attribuées à des « défaillances personnelles » plutôt qu'à un manque de moyens. Les syndicats de magistrats, cependant, ont souligné le sous-financement chronique, en particulier au tribunal d'Auch. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a fait valoir que les sanctions individuelles ne résolvent pas le problème systémique, notant qu'un réexamen de 70 000 plaintes pour maltraitance d'enfants en souffrance avait déjà conduit à la mise en examen de 134 personnes.
On cherche des responsabilités individuelles, on se dit : « Voilà ce qui n'a pas fonctionné dans l'affaire Lyhanna », donc une fois qu'on a réglé ça, on a tout réglé. Mais pas du tout !
Darmanin promet un « choc numérique »
Le 23 juin, Darmanin a annoncé un « choc numérique » pour le ministère de la Justice, s'engageant à supprimer les dossiers papier en six mois en numérisant tous les documents et en utilisant l'intelligence artificielle dans toutes les juridictions. Il a présenté cette mesure comme une réponse structurelle aux difficultés qui existent partout. Cette mesure fait suite à la révélation que la plainte cruciale s'était perdue dans le transit postal entre tribunaux.
- Dépôt d'une plainte pour viol contre Jérôme Barella
- Découverte du corps de Lyhanna près de Fleurance
- Première manifestation lundi à Paris et dans toute la France
- Publication du rapport d'inspection ; troisième manifestation ; Darmanin annonce des sanctions
- Darmanin annonce un « choc numérique » et un plan zéro papier
- Fin prévue des manifestations hebdomadaires
- Date limite pour le réexamen de 70 000 plaintes pour maltraitance d'enfants
- Reprise possible des manifestations en l'absence de loi globale
- Objectif zéro papier dans les tribunaux (six mois après l'annonce)


