
Nicușor Dan conteste la loi sur l'intégrité devant la Cour constitutionnelle, risquant 770 millions d'euros de fonds PNRR
Le président Nicușor Dan a déposé un recours constitutionnel le 10 août 2026 contre la nouvelle loi sur l'intégrité, contestant les dispositions relatives aux déclarations de patrimoine des partenaires et à la perte rétroactive de mandat. La CCR examinera l'affaire le 12 août, avant l'échéance du PNRR du 31 août, d'un montant de 770 millions d'euros.
Le président conteste la loi sur l'intégrité devant la Cour constitutionnelle
Le président Nicușor Dan a déposé un recours constitutionnel le lundi 10 août 2026 contre la nouvelle loi sur l'intégrité adoptée par le Parlement, contestant les dispositions qui exigent des partenaires de vie des dignitaires de déclarer leur patrimoine et qui permettent la perte rétroactive de mandats. La Cour constitutionnelle (CCR) doit examiner l'affaire le 12 août, parallèlement à un autre recours déposé par des parlementaires de l'USR et du PNL. La loi constitue une étape clé du Plan national de relance et de résilience (PNRR) de la Roumanie, et son non-adoption d'ici le 31 août pourrait coûter 770 millions d'euros au pays.
Le Sénat a donné son vote final sur la loi sur l'intégrité mercredi dernier, le 5 août, après que le projet de loi a été adopté par les deux chambres lors d'une session parlementaire extraordinaire. Le PSD et l'AUR ont introduit des amendements qui ont créé des tensions lors des débats en commission et en séance plénière. Un amendement du PSD, adopté avec les voix de l'AUR, prévoit que toute personne ayant reçu une décision définitive d'incompatibilité ou de conflit d'intérêts avant l'entrée en vigueur de la loi perdra son poste dans les 30 jours. Un amendement de l'AUR, adopté avec les voix du PSD, étend l'obligation de déclaration de patrimoine et d'intérêts au "conjoint ou personne ayant des relations similaires à celles entre époux" des dignitaires.
- Dominic Fritz déclaré en conflit d'intérêts par la Haute Cour de cassation et de justice
- Le Sénat vote définitivement la loi sur l'intégrité lors d'une session parlementaire extraordinaire
- Le président Nicușor Dan dépose un recours constitutionnel devant la CCR
- La CCR doit examiner les recours du président, de l'USR et du PNL
- Échéance du PNRR pour l'adoption de la loi sur l'intégrité ; 770 millions d'euros en jeu
Amendements ciblés
Les dirigeants de l'USR ont accusé l'amendement du PSD d'être taillé sur mesure pour Dominic Fritz, le président de l'USR et maire de Timișoara, qui a été déclaré en juin 2026 en situation de conflit d'intérêts par la Haute Cour de cassation et de justice. La formulation de l'amendement de l'AUR concernant les partenaires a été décrite par les critiques comme ciblant directement la partenaire de Nicușor Dan, Mirabela Grădinaru. Elle a publié ses déclarations de patrimoine et d'intérêts avant l'adoption de la loi par le Parlement. Selon ces déclarations, Grădinaru possède huit parcelles de terrain, quatre intravilan et trois extravilan, ainsi qu'un vignoble, acquis pour la plupart en 2025 par héritage.
Arguments constitutionnels
Le recours du président fait valoir que la loi n'établit aucun critère objectif, comme la durée, la cohabitation, l'interdépendance économique ou la reconnaissance publique, pour identifier quand une relation devient juridiquement pertinente. L'administration a déclaré que la formulation "conjoint ou personne ayant des relations similaires à celles entre époux" est dépourvue de tout critère objectif et pourrait conduire à une application inégale fondée sur des appréciations subjectives.
Une mise à jour de la législation sur l'intégrité est nécessaire. Nous avons besoin de plus de transparence et de crédibilité dans l'exercice des fonctions et dignités publiques, et la Roumanie a pris cet engagement comme une étape du PNRR. Mais un objectif légitime ne peut justifier l'introduction de dispositions arbitraires et manifestement inconstitutionnelles, qui saborderaient le but même poursuivi.
Le recours indique que l'extension de la responsabilité contraventionnelle à des personnes qui n'occupent aucune fonction publique et n'exercent aucune autorité constitue une forme aggravée d'un vice constitutionnel déjà identifié par la Cour en 2025. L'administration a également invoqué le droit à la vie privée, arguant que l'obligation dépasse les limites fixées par les juridictions européennes en matière de conflit d'intérêts. Sur la question de la rétroactivité, le président soutient que la loi transforme une interdiction d'exercer des fonctions publiques pendant trois ans, qui produisait des effets pour l'avenir, en un mécanisme pouvant mettre fin à un mandat déjà en cours, violant le principe constitutionnel de non-rétroactivité.
Réactions politiques
Le président de l'AUR, George Simion, a publié un message ironique sur Facebook après l'annonce du recours du président.
Nicușor Dan n'aime pas la transparence : il conteste la loi ANI devant la CCR. Peut-on voir depuis la Lune ce que nous voyons ?
La loi risque de ne pas entrer en vigueur d'ici la fin août, ce qui signifierait que l'étape du PNRR ne serait pas considérée comme remplie. La Roumanie pourrait perdre 770 millions d'euros à ce chapitre si la loi n'est pas adoptée avant l'échéance du 31 août.


