
La Cour constitutionnelle du Portugal valide la loi Retour après examen présidentiel
Les juges du Palácio Raton n'ont constaté aucune inconstitutionnalité dans la loi sur les étrangers et l'asile, permettant ainsi des expulsions accélérées et des durées de détention prolongées, après un recours du président António José Seguro.
Validation par la Cour constitutionnelle
La Cour constitutionnelle du Portugal a statué le 28 août 2026 que la loi sur les étrangers et l'asile, communément appelée loi Retour, ne viole pas la Constitution portugaise. La cour a annoncé sa décision de ne pas constater d'inconstitutionnalité lors d'une lecture publique tenue au Palácio Raton à Lisbonne vendredi après-midi. L'arrêt conclut un contrôle préventif abstrait demandé plus tôt dans le mois par le président António José Seguro. Cette affaire constituait la première évaluation constitutionnelle réalisée depuis l'entrée en fonction des nouveaux juges à la cour. Le Parlement avait adopté la législation en juillet 2026 avec le soutien des groupes parlementaires de droite.
- Le Parlement approuve la loi sur les étrangers et l'asile
- Le président Seguro demande un contrôle constitutionnel préventif
- La Cour constitutionnelle juge la loi sur la migration constitutionnelle
Expulsions accélérées et limites de détention
Le texte approuvé établit des mécanismes d'expulsion accélérée pour les immigrants sans papiers et élargit les paramètres de la détention administrative. Selon les termes de la loi, les personnes entrant irrégulièrement au Portugal sont passibles d'une durée maximale de détention de 360 jours, prolongeable de 180 jours pour exécuter les ordres d'expulsion. Les ressortissants étrangers peuvent également rester détenus dans des centres d'installation temporaire jusqu'à 180 jours. Les demandeurs de protection internationale contestant des rejets sont soumis à des limites de détention équivalentes de 180 jours pendant les appels judiciaires, les autorités étant autorisées à prolonger ou reprendre la détention si de nouvelles circonstances surviennent. La loi impose des examens médicaux, des évaluations de sécurité et la collecte de données biométriques lors du traitement initial. Les migrants, y compris les mineurs, doivent séjourner dans des centres de tri désignés jusqu'à 7 jours, une durée susceptible d'être prolongée dans des situations exceptionnelles.
- Séjour au centre de tri
- 7 jours
- Détention au centre d'installation temporaire
- 180 jours
- Détention maximale pour entrée irrégulière
- 360 jours
- Prolongation pour exécution de l'expulsion
- 180 jours
Saisine présidentielle et droits fondamentaux
Le président Seguro a saisi la Cour constitutionnelle le 7 août 2026, demandant si ses termes respectaient les principes constitutionnels structurels. La demande présidentielle demandait aux juges d'évaluer la conformité avec la dignité de la personne humaine, la proportionnalité, la liberté individuelle et la protection juridictionnelle effective. Seguro a souligné la nécessité de lutter contre l'immigration irrégulière, de gérer les entrées légales et de protéger les frontières de l'espace Schengen tout en maintenant les garanties juridiques.
La sécurité de nos frontières n'est pas incompatible avec la dignité humaine.
Le chef de l'État a soulevé des préoccupations spécifiques concernant plusieurs dispositions législatives, en se concentrant sur la séparation potentielle des familles et les risques pour l'intérêt supérieur des enfants. Ces mesures permettent l'expulsion de parents étrangers dont les enfants portugais mineurs vivent dans le pays, l'expulsion d'enfants étrangers de moins de cinq ans nés au Portugal, et la détention de mineurs non accompagnés. Le président a également contesté les règles établissant des recours non suspensifs et des mécanismes de retour aux frontières exigeant que les demandeurs restent dans les zones de transit international des aéroports.
Texte de compromis et pacte européen sur la migration
La législation finale est issue d'un compromis présenté par le groupe parlementaire du Parti social-démocrate (PSD). Le gouvernement avait initialement proposé une loi Retour distincte qui s'est heurtée à une opposition substantielle concernant les périodes de détention dans les centres d'accueil et les objectifs de délais pour les expulsions territoriales. Pour résoudre ces différends, le PSD a remanié l'initiative sous la forme de la loi sur les étrangers et l'asile, la structurant comme la transposition par le Portugal du pacte européen sur la migration et l'asile. Le cadre qui en résulte met en œuvre des procédures de retour aux frontières qui imposent un départ immédiat en cas de rejet de la protection internationale, empêchant l'entrée territoriale formelle pendant que les demandeurs restent dans des installations temporaires.


