L'économie japonaise croît de 1,1 % en rythme annualisé au T2, inférieure aux prévisions, la consommation atone
L'économie japonaise a enregistré une croissance annualisée de 1,1 % en avril-juin, inférieure aux 2,0 % attendus, la consommation des ménages stagnante et la baisse des dépenses en capital compensant des exportations résilientes et une hausse des dépenses publiques.
Croissance du PIB en ralentissement
L'économie japonaise a progressé de 1,1 % en rythme annualisé au cours du trimestre avril-juin, a annoncé lundi le Cabinet Office, un chiffre inférieur à la prévision médiane du marché de 2,0 %. La hausse trimestrielle de 0,3 % a également manqué l'estimation de 0,5 % des analystes interrogés par Reuters et a marqué un ralentissement par rapport à la croissance de 0,5 % (révisée à la hausse) enregistrée au premier trimestre. Le chiffre prolonge néanmoins la séquence de croissance du Japon à trois trimestres consécutifs. Une enquête distincte menée auprès de 37 économistes par le Japan Center for Economic Research avait prévu une expansion annualisée de 1,67 %.
Consommation et investissement faibles
La consommation des ménages, qui représente plus de la moitié de la production économique, est restée stable en termes réels, manquant l'estimation du marché d'une augmentation de 0,5 %. Selon Jiji Press, il s'agit du premier trimestre négatif pour la consommation en huit trimestres, pénalisée par la baisse des ventes de tabac après les hausses de prix des produits du tabac chauffé et la réduction de la consommation d'électricité pour le chauffage en raison des températures plus élevées. La consommation a été partiellement soutenue par la vigueur des ventes de véhicules après la suppression de la taxe sur la performance environnementale à l'achat de voitures et par la demande de dernière minute de climatiseurs avant l'entrée en vigueur de normes d'efficacité énergétique plus strictes en avril 2027.
Les dépenses en capital ont chuté de 1,2 %, leur deuxième baisse trimestrielle consécutive, reflétant une réduction des dépenses en services de recherche et développement suite à des transferts de brevets à l'étranger par des sociétés pharmaceutiques. Cette baisse contraste avec la prévision du marché d'une augmentation de 0,4 %.
- Consommation des ménages
- 0 %
- Dépenses en capital
- -1.2 %
- Dépenses publiques
- 1.6 %
- Investissement public
- -0.1 %
- Exportations
- 0.5 %
- Importations
- -1.5 %
Demande extérieure et dépenses publiques
La demande extérieure nette a contribué à hauteur de 0,5 point de pourcentage à la croissance du PIB, les exportations ayant augmenté de 0,5 % tandis que les importations ont baissé de 1,5 %. Les exportations sont restées résilientes grâce à une demande américaine solide pour les véhicules hybrides japonais et à l'investissement mondial soutenu dans l'intelligence artificielle, qui a soutenu les expéditions d'équipements liés aux semi-conducteurs. La baisse des importations reflète en partie la réduction des importations de pétrole en provenance du Moyen-Orient, dans un contexte de détérioration de la situation autour de l'Iran et de perturbations du trafic dans le détroit d'Ormuz.
Les dépenses publiques ont augmenté de 1,6 % pour le cinquième trimestre consécutif, tirées par la hausse des dépenses médicales suite aux révisions des tarifs des services médicaux, à l'extension de la gratuité des frais de scolarité dans les lycées et à l'introduction de repas scolaires gratuits dans les écoles primaires publiques. L'investissement public a baissé de 0,1 %, sa première baisse en deux trimestres. En termes nominaux, le PIB a augmenté de 1,2 % en rythme trimestriel, soit une hausse annualisée de 4,8 %.
Pression sur le yen et perspectives pour la BOJ
Ces chiffres, plus faibles que prévu, compliquent la prochaine décision de taux de la Banque du Japon en septembre. La BOJ a relevé son taux directeur à 1 % en juin, son plus haut niveau depuis plus de trente ans, dans le cadre de ses efforts de normalisation de la politique monétaire après des décennies de taux d'intérêt ultra-bas et négatifs. La banque centrale a commencé à s'éloigner de sa politique ultra-accommodante en 2024 avec sa première hausse de taux depuis la crise financière mondiale de 2008.
- La BOJ annonce sa première hausse de taux depuis la crise financière mondiale de 2008
- La BOJ relève son taux directeur à 1 %, son plus haut niveau depuis plus de trente ans
- Le yen atteint son plus bas niveau en 40 ans face au dollar américain avant une intervention conjointe des États-Unis et du Japon
- Publication du PIB du T2 : croissance trimestrielle de 0,3 %, annualisée à 1,1 %, inférieure aux prévisions de 2,0 %
Le yen a atteint le mois dernier son plus bas niveau en 40 ans face au dollar américain avant une intervention conjointe des États-Unis et du Japon pour soutenir la monnaie. Le Japon importe la quasi-totalité de ses besoins en pétrole brut, ce qui l'expose à la hausse des coûts énergétiques résultant des retombées de la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'inflation hors produits frais s'est accélérée à 1,6 % sur un an en juin.
Réactions des analystes
Taro Saito, économiste au NLI Research Institute, a déclaré à l'AFP que la croissance était tirée non pas par la vigueur de l'économie, mais par la baisse des importations.
Les chiffres du PIB sont moins bons que prévu. La consommation et l'investissement sont tous deux faibles.
Taro Kimura de Bloomberg Economics a noté que si le PIB a augmenté à un rythme supérieur à son potentiel, les détails affaiblissent l'argument en faveur d'une hausse des taux en septembre.
Le PIB du Japon a augmenté au deuxième trimestre à un rythme supérieur à son potentiel, mais le détail des chiffres affaiblit l'argument en faveur d'une hausse des taux par la Banque du Japon dès septembre, une perspective de plus en plus intégrée par les marchés.
Norihiro Yamaguchi, économiste en chef pour le Japon chez Oxford Economics, a déclaré s'attendre à ce que la croissance reste atone au second semestre 2026, les entreprises répercutant la hausse des coûts de l'énergie sur les consommateurs.
Bien que les exportations de biens liés à l'IA restent robustes à court terme, la faiblesse des activités économiques mondiales non liées à l'IA limitera les gains globaux à l'exportation.
Une enquête menée ce mois-ci par le Japan Center for Economic Research montre que 37 économistes prévoient un ralentissement de la croissance annualisée du PIB à une moyenne de 0,05 % au trimestre juillet-septembre. La Bourse de Tokyo a progressé lundi, l'indice Nikkei 225 gagnant 0,3 % à 05h15 GMT, tandis que le KOSPI sud-coréen a gagné 2,4 % et que l'indice Hang Seng de Hong Kong a progressé de 1,6 %.


