Sécurité · Istanbul

Le patron de la Bourse d'Istanbul placé en détention provisoire, le scandale des fonds s'étend

Korkmaz Enes Ergun, directeur général démis de Borsa Istanbul, a été placé en détention provisoire pour corruption, alors que l'enquête sur 131 fonds d'investissement liquidés s'élargit.

Texte IA fondé sur les articles de Handelsblatt, N-tv, Bloomberg Business et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Istanbul · Turquie
Comment on en est arrivé là
  1. octobre 2026Adoption de la loi sur le démantèlement des fonds et les remboursements échelonnés
  2. 31 oct.Korkmaz Enes Ergun est interpellé pour être entendu
  3. 3 nov.Des informations font état du placement en détention provisoire d'Ergun

Le patron de la Bourse placé en détention provisoire

Les autorités turques ont placé en détention provisoire Korkmaz Enes Ergun, directeur général démis de Borsa Istanbul. Ergun avait été interpellé samedi 31 octobre, puis présenté à un juge pénal de paix d'Istanbul saisi d'une demande de placement en détention provisoire pour corruption. Anadolu a rapporté qu'Ergun est également visé par une enquête pour appartenance à un groupe constitué en vue de commettre des infractions. La décision du tribunal a été rapportée mardi 3 novembre. Ergun avait rejoint la Bourse en 1997 après avoir été diplômé de la faculté de sciences politiques de l'université d'Ankara, et avait été nommé directeur général en 2021. Le ministre de la Justice, Akin Gürlek, avait alors déclaré que l'enquête avait mis au jour quelque chose de plus vaste qu'une simple fraude boursière, décrivant une organisation criminelle structurée derrière l'affaire.

Comment le scandale des fonds a commencé

À la mi-septembre, les gestionnaires de fonds Pusula Portföy et Tera Portföy ont annoncé ne pas pouvoir honorer les demandes de retrait de leurs investisseurs, ce qui a ébranlé la Bourse d'Istanbul. Les enquêteurs soupçonnent les fonds d'avoir manipulé les cours, des sociétés achetant d'importants volumes d'actions de petites entreprises pour faire monter les prix et la valeur des fonds, et attirer ainsi de nouveaux épargnants. Le fonds principal de Tera a progressé de plus de 60 000 % en trois ans et attiré près d'un demi-million de petits épargnants ; selon La Libre, de tels schémas d'investissement suspects auraient dû déclencher plus tôt une intervention des régulateurs. Le régulateur de marché avait demandé aux fonds de diversifier leurs participations sous la pression des fournisseurs d'indices mondiaux, et cette demande a provoqué des retraits massifs à la mi-septembre. Le 17 septembre, le Conseil des marchés financiers (SPK) a ordonné la liquidation de 131 fonds créés par Tera, Pusula, Hedef, Atlas, A1 Capital, Pardus et Bulls Portföy. Deutsche Welle chiffre à 455 758 le nombre d'investisseurs de ces fonds, tandis que Handelsblatt arrondit à environ 455 000.

Enquête élargie, interpellations et conséquences politiques

L'enquête a conduit à plus de 100 interpellations, dont celle du directeur général de Türkiye Sigorta et Türkiye Hayat Emeklilik et d'Ertan Aydın, ancien député de l'AKP qui fut conseiller principal de Recep Tayyip Erdogan lorsque celui-ci était Premier ministre. Deutsche Welle rapporte que des limogeages ont suivi au sein du régulateur financier et du ministère des Finances. Fatma Batül Sayan Kaya, vice-présidente de l'AKP et ancienne ministre de la Famille, a démissionné après des accusations d'enrichissement indu de 1,3 milliard de livres turques (environ 23 millions d'euros), somme qu'elle a depuis restituée. Le ministre des Finances Mehmet Simsek avait publiquement dénoncé la manipulation de marché à la fin de 2025.

La réponse du gouvernement et la nouvelle loi

Le président Recep Tayyip Erdogan a décrit le problème comme limité à une partie des marchés de capitaux, affirmant qu'il n'y a aucun risque pour le système financier turc ni pour l'économie. Un commentateur économique a déclaré à la plateforme pro-gouvernementale TGRT que les enquêtes visant le premier dirigeant du marché allaient ébranler en profondeur la confiance des investisseurs et pourraient entraîner une fuite de capitaux étrangers. Une loi adoptée fin octobre fixe les modalités de démantèlement des fonds concernés et de remboursement échelonné des investisseurs, sans garantir un remboursement intégral. L'enquête examine aussi comment de telles opérations ont pu se poursuivre si longtemps et si les organes de contrôle sont intervenus suffisamment.

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