Le pape Léon XIV s'exprime contre l'aide à mourir devant 150 000 pèlerins à Lourdes
Au troisième jour de sa visite en France, le pape Léon XIV a célébré une messe pour 150 000 pèlerins à Lourdes et rejeté l'aide à mourir lors d'une rencontre avec des patients malades et du personnel soignant.
Messe matinale au sanctuaire
Au troisième jour de son voyage apostolique en France, le pape Léon XIV a célébré la messe devant environ 150 000 fidèles sur la Prairie du Sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes. Les pèlerins ont commencé à se rassembler sur le site dès 05h00 avant l'office de 11h00, les organisateurs ayant réservé au moins 7 000 places spécifiquement pour les participants malades et handicapés. Dans son homélie, le pape a exhorté l'assemblée à repartir comme missionnaires de l'espérance et à entreprendre une conversion personnelle sans tarder, plutôt que de remettre le changement à plus tard. Il a dit aux malades présents qu'ils restent au cœur de l'Église, tout en critiquant les tendances modernes qui cherchent à redéfinir la valeur de la vie humaine face à la souffrance ou au grand âge. Léon XIV a également évoqué les conflits armés mondiaux, déclarant que la racine du mal se trouve dans le cœur humain. L'office faisait suite à son arrivée le soir du 26 septembre, où il a prié à la Grotte de Massabielle, confiant la France à la Vierge Marie et plaidant pour la défense des droits de l'homme et le rejet de la guerre.
- Le pape Léon XIV arrive à Lourdes et prie à la Grotte de Massabielle
- Les pèlerins commencent à se rassembler sur le terrain du sanctuaire
- Rencontre avec la Conférence des évêques de France
- Sainte messe célébrée sur la Prairie devant 150 000 pèlerins
- Prière du rosaire et procession aux flambeaux
Discours sur la santé et l'aide à mourir
Après la liturgie matinale, Léon XIV s'est rendu au centre Accueil Notre-Dame, une institution qui fournit une assistance médicale et un accueil à environ 30 000 personnes chaque année. S'adressant aux patients, au personnel soignant et aux bénévoles, le pape a insisté sur l'inviolabilité de la vie humaine dans un pays qui a adopté une législation sur l'aide à mourir. Il a rejeté la pratique consistant à mettre fin à la vie sous couvert d'une fausse compassion, rappelant aux cliniciens que tout ce qui est permis par la loi civile n'est pas moralement juste. Il a fait référence à son discours du 22 juin devant la Fondation Jérôme Lejeune, réitérant que la médecine ne doit jamais devenir le serviteur d'une terminaison programmée. Léon XIV a directement abordé la vulnérabilité des patients souffrant de douleurs chroniques.
Je sais que pour certains d'entre vous, en raison de maladies spécifiques et parfois de douleurs terribles, l'avenir peut paraître sombre, incertain et sans issue. Cependant, aucune loi humaine ne peut vous priver de la certitude de votre dignité.
Le pape a exhorté médecins, infirmiers, aumôniers et bénévoles à agir comme des serviteurs zélés de la vie grâce à des soins palliatifs élargis et à une recherche scientifique continue. Il a mis en garde contre la tentation de laisser des indicateurs techniques régir l'éthique médicale ou la dignité humaine.
Personne n'a jamais le droit de décider, sur la base d'algorithmes de laboratoire, de la vie d'un embryon spécifique ou d'une personne âgée spécifique.
Rencontres avec les évêques, la foule et les victimes
Le programme papal du dimanche comprenait également des rencontres institutionnelles et des interactions avec la foule locale. À 09h00, avant la messe en plein air, Léon XIV a rencontré les membres de la Conférence des évêques de France. Lors d'un déplacement entre deux événements, le pape a fait un arrêt imprévu pour accepter une pizza préparée pour lui par un groupe de curieux, un échange filmé par des spectateurs le long du parcours. Le programme a également prévu une rencontre privée à Lourdes avec des victimes d'abus sexuels de la part de membres du clergé. L'organisme indépendant INIRR, créé par l'Église, gère le soutien et la protection des droits des survivants en France, après des dossiers documentant 216 000 victimes mineures d'abus cléricaux entre 1950 et 2020. La visite à Lourdes se termine par une prière du rosaire et une procession aux flambeaux prévues à 21h00.

