
Moreno présente le gouvernement andalou avec trois vice-présidences, dont une pour Vox, pour diluer l'influence du partenaire d'extrême droite
Juanma Moreno a présenté le 9 juillet son troisième gouvernement andalou, une coalition PP-Vox dotée de trois vice-présidences visant à maintenir la continuité tout en contenant l'influence du parti d'extrême droite.
Une coalition avec trois vice-présidences
Juanma Moreno a annoncé la composition de son nouveau gouvernement au palais de San Telmo à Séville, quatre jours après avoir prêté serment pour un troisième mandat. L'exécutif, première coalition entre le PP et Vox en Andalousie, comprend 13 ministères et, pour la première fois, trois vice-présidences. La première revient à Antonio Sanz, qui conserve également la Santé, la Présidence et les Urgences ; la seconde est détenue par le dirigeant régional de Vox, Manuel Gavira ; et la troisième par Carolina España, qui garde l'Économie, les Finances et les Fonds européens et sera porte-parole du gouvernement.
Ce n'est pas un gouvernement de certains contre d'autres, c'est un gouvernement de stabilité, ce qui est fondamental pour l'Andalousie.
Continuité et contrepoids
Dix des 13 conseillers ont siégé au cours du mandat précédent. Seuls deux nouveaux visages rejoignent le cabinet en plus de Gavira : Mario Muñoz‑Atanet Sánchez prend en charge le Développement et la Mobilité, et Adolfina Martínez assume la Durabilité et l'Environnement. Le PP a ouvertement reconnu que la structure vise à « diluer » le poids de Vox. Sanz, en tant que premier vice-président, agira comme un contrepoids et remplacera Moreno chaque fois que le président sera absent, un point explicitement réservé à un membre du PP dans le pacte de coalition.
C'est un amalgame de compétences orienté plus vers la propagande que vers la bonne gestion.
Le macro-ministère de Gavira
Manuel Gavira dirigera un grand département regroupant le Tourisme, la Justice, la Déréglementation et l'Administration locale, avec un budget annuel d'environ 1,2 milliard d'euros. Ces compétences étaient auparavant réparties entre trois ministères distincts. Bien que Gavira occupe la deuxième vice-présidence, des sources soulignent que son rôle est protocolaire plutôt qu'exécutif, et toutes les décisions ont été convenues à l'avance avec le PP.
La « voie andalouse » et ses échos nationaux
Moreno a insisté sur le fait que le pacte n'altérera pas sa feuille de route et a défendu la « voie andalouse » comme un modèle de modération et de normalité institutionnelle. En coulisses, les barons du PP voient la coalition comme un banc d'essai pour désactiver la peur de Vox avant les futures élections générales. Un dirigeant régional a déclaré à La Razón que les nouveaux gouvernements « représentent une alternative d'espoir et de changement pour l'Espagne si nous savons en tirer parti ».
La voie andalouse n'est pas un slogan, c'est une réalité et une manière de gouverner.
Nouveaux ministères et majorité féminine
Parmi les nouveautés, un ministère de l'Intelligence artificielle, du Développement numérique et de l'Administration publique a été créé, dirigé par José Antonio Nieto. Rocío Díaz passe à un nouveau portefeuille du Logement, de la Jeunesse et de l'Aménagement du territoire. Pour la première fois dans l'histoire de la Junte, les femmes sont plus nombreuses que les hommes dans le gouvernement, avec sept conseillères contre six.


