
Le maire de Cadoneghe suspend le serment de citoyenneté d'une résidente de 63 ans pour des raisons linguistiques
Marco Schiesaro, maire de Cadoneghe, dans le nord de l'Italie, a refusé de faire prêter serment de citoyenneté à une résidente marocaine de 63 ans après qu'elle n'a pas su répondre à des questions simples en italien, une décision soutenue par des ministres.
Cérémonie interrompue à Cadoneghe
Lors d'une cérémonie de citoyenneté à la mairie de Cadoneghe, commune située au nord de Padoue, le maire Marco Schiesaro a interrompu la procédure pour une Marocaine de 63 ans installée en Italie depuis 15 ans. Quatre candidats s'étaient présentés pour prêter serment, originaires du Brésil, de Moldavie, d'Iran et du Maroc. Alors qu'il échangeait avec les postulants avant de recueillir le serment officiel, Schiesaro a posé les questions d'usage sur leur parcours et leur emploi. À la question de savoir comment elle allait, la candidate marocaine a répondu par le mot « Riad » et est restée silencieuse aux questions suivantes.
Le maire lui a ensuite demandé de lire le texte officiel du serment d'allégeance. La postulante a tenté de réciter de mémoire la formule « giuro di essere » avant de s'arrêter. Concluant qu'elle ne comprenait pas l'italien oral et ne savait pas lire la formule requise, Schiesaro a suspendu sa prestation de serment tout en poursuivant avec les autres candidats.
Quand j'ai compris qu'elle ne comprenait pratiquement rien, je lui ai demandé de lire le document que tout le monde lit et elle a lu, de mémoire, en répétant quelque chose qu'on lui avait dit. C'est alors, à ce moment-là, que j'ai compris que quelque chose n'allait pas. Je me suis simplement dit que je n'avais pas envie de poursuivre avec le serment. Point. Je crois avoir agi selon la justice, selon la loi, dans l'intérêt de mes concitoyens et de ma communauté.
Nouveau test linguistique et réglementation
Conformément aux lignes directrices du ministère de l'Intérieur, la postulante s'est présentée le 29 septembre 2026 aux bureaux municipaux de Cadoneghe pour une seconde évaluation de son italien. Elle est venue accompagnée d'une connaissance parlant italien et arabe pour l'assister lors de cette démarche administrative.
La seconde évaluation n'a pas été concluante, laissant la demande de citoyenneté de la postulante suspendue. La réglementation municipale exige une maîtrise linguistique suffisante avant qu'un décret de citoyenneté puisse être formellement finalisé par la prestation de serment. Schiesaro a déclaré que l'acquisition de la nationalité suppose de remplir les obligations d'intégration prévues par la loi, soulignant que les postulants doivent démontrer une maîtrise suffisante de la langue nationale plutôt que de compter sur des aménagements municipaux.
- Le maire Marco Schiesaro suspend le serment de citoyenneté d'une résidente de 63 ans incapable de parler italien
- La postulante passe et échoue une seconde évaluation de son italien à la mairie
- Le vice-président du Conseil Matteo Salvini se rend à Cadoneghe pour soutenir le maire
Réaction ministérielle et débat politique
La décision municipale a immédiatement suscité des réactions au sein du gouvernement à Rome. Le vice-président du Conseil et chef de la Ligue, Matteo Salvini, s'est rendu à Cadoneghe le 30 septembre 2026 pour rencontrer directement Schiesaro, saluant le maire pour avoir appliqué les critères légaux lors de la procédure de serment. Salvini a rappelé que l'Italie avait accordé près de 200 000 citoyennetés l'année précédente, affirmant que les postulants doivent parler la langue.
J'ai voulu quitter mon bureau à Rome ce matin pour remercier l'un des nombreux maires qui travaillent chaque jour avec passion, engagement, peu de moyens, mais beaucoup d'enthousiasme, et qui font appliquer la loi.
Le ministre de l'Intérieur Matteo Piantedosi a également approuvé la décision municipale dans un communiqué, affirmant qu'une connaissance adéquate de l'italien constitue une condition fondamentale d'intégration sociale, culturelle et civile. Piantedosi a déclaré que le Viminale jugeait la suspension appropriée car la résidente ne pouvait ni communiquer en italien ni réciter la formule officielle. Schiesaro et Salvini ont aussi discuté de possibles modifications de la réglementation sur la vérification des revenus ISEE lors de leur rencontre.
