Généré par IA·En savoir plus
© EL MUNDO
Gouvernement·-2 h

Le chef de la Garde civile espagnole reconnaît des rencontres avec la « plombière » du PSOE Leire Díez, mais nie tout complot contre l'unité anticorruption d'élite

Mercedes González a reconnu deux ou trois réunions avec l'ancienne militante du PSOE au centre d'un dispositif de harcèlement judiciaire, mais affirme avoir rejeté une demande de réintégration d'un commandant impliqué dans l'affaire de corruption Koldo.

Les rencontres révélées

La directrice générale de la Garde civile espagnole, Mercedes González, a reconnu jeudi avoir rencontré Leire Díez, une ancienne militante du PSOE soupçonnée d'avoir participé à un dispositif visant à discréditer des affaires judiciaires impliquant le parti. Cet aveu est intervenu par le biais d'un communiqué du ministère de l'Intérieur diffusé tard dans la soirée, après la publication d'un rapport de l'UCO (Unité centrale opérationnelle) détaillant les contacts. González a déclaré avoir rencontré Díez pour la première fois alors qu'elle était déléguée du gouvernement à Madrid, lorsque Díez travaillait dans les relations institutionnelles pour la Poste espagnole Correos.

Ce qui a été discuté

Selon le communiqué de la Garde civile, la première rencontre après la nomination de González comme directrice générale a duré environ 15 minutes dans un café près du siège de la force et n'a pas abordé le travail policier. Une deuxième rencontre, en avril 2025, a pris une tournure différente. Díez a demandé si le commandant Rubén Villalba, suspendu sans solde après avoir été inculpé dans l'affaire de corruption Koldo, pouvait retrouver son poste. González affirme avoir rejeté catégoriquement la demande et mis fin à la rencontre immédiatement. Le communiqué précise que les deux femmes ne se sont plus revues par la suite.

La directrice affirme qu'elle n'a jamais participé à aucune opération contre une unité de la Garde civile.

Les soupçons de l'UCO

Les enquêteurs de l'UCO, l'unité d'élite qui a instruit l'affaire Koldo et d'autres dossiers de corruption touchant le PSOE et la famille du Premier ministre, ont documenté trois rencontres entre González et Díez. Ils en déduisent que ces réunions, ainsi que des contacts téléphoniques, ont motivé des enquêtes internes ouvertes au sein de la Garde civile pour déterminer la source de fuites dans les médias. L'UCO place ces contacts dans le cadre des activités criminelles présumées de Díez, bien que ni le parquet ni le juge n'aient attribué de délit à González à ce stade.

L'intervention de la Cour suprême

Un volet distinct de l'enquête révèle qu'une enquête interne visant l'UCO a été interrompue brusquement après un avertissement du magistrat de la Cour suprême Leopoldo Puente. Le 11 mai 2025, le jour où El Mundo a publié des messages entre l'ancien ministre José Luis Ábalos et Pedro Sánchez, la direction de la Garde civile a lancé une enquête interne sur l'UCO pour des soupçons de fuites. L'officier chargé de la mener, Antonio Cortés Ruiz, a consulté Puente, qui a répondu qu'il n'autorisait pas l'enquête et qu'il engagerait des poursuites pénales contre quiconque la commanderait. L'enquête a été abandonnée.

Si l'ouverture de l'information réservée était effectuée, il procéderait à l'ouverture de poursuites contre le témoin et contre la personne qui a ordonné l'ouverture.

Répercussions politiques

Le Premier ministre Pedro Sánchez maintient sa confiance à la fois envers le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska et envers González, malgré les appels du PP à leur démission. Des sources gouvernementales indiquent que Sánchez estime que ni González ni Marlaska n'ont rien fait pour nuire à l'UCO ou entraver ses enquêtes. Le ministre a défendu la directrice dans de brèves déclarations depuis le Luxembourg, niant toute irrégularité. Cette affaire approfondit un schéma de tensions vieux de huit ans entre la Garde civile et le gouvernement progressiste, qui remonte aux premiers mois de Sánchez au pouvoir.

Événements clés de l'affaire Leire Díez–Garde civile
  1. Deuxième rencontre González-Díez : Díez demande la réintégration du commandant Villalba ; González refuse et met fin au contact.
  2. El Mundo publie les messages Ábalos-Sánchez ; la direction de la Garde civile ouvre une enquête interne sur l'UCO pour fuites.
  3. Le magistrat de la Cour suprême Puente prévient qu'il ouvrira des poursuites pénales si l'enquête sur l'UCO se poursuit ; l'enquête est interrompue.
  4. Des agents de l'UCO perquisitionnent le siège du PSOE rue Ferraz, saisissant documents et appareils dans l'affaire Leire.
  5. González publie un communiqué reconnaissant les rencontres avec Díez ; Marlaska la défend depuis le Luxembourg.

La « plombière » au centre de l'affaire

Leire Díez, surnommée la « plombière » du PSOE dans les médias espagnols, est inculpée de multiples infractions liées à une prétendue opération visant à harceler des policiers et des procureurs traitant d'affaires impliquant les socialistes. Le 27 mai, des agents de l'UCO ont perquisitionné le siège du PSOE rue Ferraz à Madrid, saisissant des documents et des appareils électroniques dans le cadre de l'enquête. L'officier dirigeant cette enquête, le lieutenant-colonel Antonio Balas, a documenté ce qu'il décrit comme des pressions liées à la relation entre Díez et González.

Madrid

8 sources

Recevoir Pollar Weekly

La semaine en actu, chaque vendredi. Gratuit.

Gratuit. Sans traceurs, sans pub. Désinscription à tout moment.

Plus de Politique & Économie
Beyrouth · Jérusalem · Koweït · Washington