
Le Canada inaugure seul le pont Gordie-Howe après que les menaces de droits de douane de Trump ont fait capoter la cérémonie conjointe
Le Canada a marqué vendredi l'achèvement du pont international Gordie-Howe sans les responsables américains, annulant une cérémonie transfrontalière prévue après que le président Trump a menacé de nouveaux droits de douane de 50 %.
Une célébration unilatérale
Vendredi, des responsables canadiens se sont réunis du côté de Windsor du pont international Gordie-Howe pour marquer son achèvement. La cérémonie de ruban coupé transfrontalière prévue avec des représentants américains a été annulée. Au milieu de tables de coupes de fruits, de pâtisseries et d'enfants jouant au hockey, les participants portaient du rouge et du blanc et étaient encouragés à montrer leur fierté canadienne. Il leur était interdit de traverser du côté américain du pont. Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, vêtu d'un maillot rouge de l'équipe Canada arborant le numéro 9 de Gordie Howe, a déclaré que le pont était « un exemple de ce que nous pouvons accomplir lorsque nos deux grands pays travaillent ensemble ».
Les Canadiens et les Américains sont mieux lotis lorsque nous travaillons ensemble plutôt que de rester séparés.
La guerre commerciale éclipse l'inauguration
La cérémonie a été dépouillée de son caractère bilatéral après des mois d'escalade des tensions commerciales. Le président américain Donald Trump a menacé d'imposer des droits de douane de 50 % sur les produits canadiens, y compris une proposition de taxer la fumée des incendies de forêt canadiens qui a dérivé vers les États-Unis. Le Canada envoie environ 70 % de ses exportations aux États-Unis. En février, Trump a menacé de bloquer le projet de pont, invoquant les interdictions provinciales canadiennes sur l'alcool américain, les droits de douane sur les produits laitiers et les négociations commerciales d'Ottawa avec la Chine.
Le pont et son rival
Le pont de 4,7 milliards de dollars, entièrement payé par le Canada, s'étend sur 2,4 kilomètres au-dessus de la rivière Détroit. La construction a commencé en 2018 et devait initialement ouvrir en juin 2026. Il est conçu comme une alternative plus rapide et à plus grande capacité au pont Ambassador, propriété privée, exploité par la famille Moroun depuis des décennies. En janvier, Matthew Moroun, magnat du camionnage basé à Détroit, a fait un don d'un million de dollars à un comité d'action politique aligné sur Trump, selon le New York Times.
Contexte politique
Ford, arborant le numéro 9 de Howe, a déclaré que l'Ontario ne reculerait pas face aux États-Unis. Le nom du pont rend hommage au joueur de hockey du Temple de la renommée qui a joué pour les Red Wings de Détroit, un symbole des liens transfrontaliers. La décision d'exclure les responsables américains de la cérémonie reflète la profondeur de la fracture. Le pont ouvrira à la circulation le lundi 27 juillet.
- La construction du pont international Gordie-Howe commence.
- Matthew Moroun fait don d'un million de dollars à un PAC aligné sur Trump.
- Trump menace de bloquer le projet de pont, invoquant des différends commerciaux.
- Mois d'ouverture initialement prévu ; reporté.
- Le Canada organise une cérémonie d'ouverture en solo sans responsables américains.
- Le pont ouvre à la circulation.
Enjeux économiques
On s'attend à ce que ce nouveau passage améliore l'efficacité pour les constructeurs automobiles et d'autres industries qui dépendent du corridor Windsor-Détroit. Le pont Ambassador existant gère une grande partie du commerce entre les États-Unis et le Canada, et le pont Gordie-Howe offre une alternative publique. Alors que les menaces de droits de douane de Trump pèsent sur le commerce bilatéral, l'ouverture du pont intervient à un moment de tension inhabituelle entre les deux alliés.


