
Donald Trump menace d'interdire les ventes de Bombardier aux États-Unis si la production n'est pas délocalisée
Donald Trump a exigé lundi que Bombardier, basée à Montréal, construise ses avions aux États-Unis sous peine d'interdiction de vente sur le marché américain, alors que le Canada s'apprête à imposer des droits de douane de rétorsion sur 20 milliards de dollars de produits américains.
Menaces sur les ventes d'avions
Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré lundi que le constructeur aéronautique canadien Bombardier ne serait plus autorisé à vendre des avions aux États-Unis à moins de délocaliser sa production sur le territoire américain. Sur sa plateforme Truth Social, Trump a soutenu que le constructeur montréalais dépend de l'économie américaine tandis que le Canada restreindrait l'accès aux banques et entreprises américaines. Il a affirmé que plus de 50 % du chiffre d'affaires de l'entreprise provient des États-Unis, de clients institutionnels, acheteurs, aéroports et services de maintenance américains. Dans son message, Trump a exhorté les citoyens à acheter des produits américains, à voyager sur des appareils nationaux et à naviguer sur ce qu'il a appelé « lac Amérique », en référence au lac Ontario, à la frontière nord.
S'ils veulent notre marché, ils doivent construire ici et cesser de traiter l'Amérique comme une tirelire.
Conflit commercial et droits de douane de rétorsion
Ces déclarations coïncident avec l'introduction de nouveaux droits de douane canadiens. Le Canada doit appliquer mardi des surtaxes de rétorsion de 15 %, 25 % ou 50 %, portant sur environ 20 milliards de dollars de produits américains, notamment l'acier, les produits laitiers, l'électronique, la pâte à papier et le papier. Des responsables canadiens ont indiqué que le montant ciblé correspond à la valeur des produits nationaux soumis à des droits de douane américains de 50 % entrés en vigueur le 22 août. Les relations bilatérales se sont dégradées après que le Premier ministre canadien Mark Carney a suspendu les négociations formelles avec la Maison-Blanche le 21 août. Carney a accusé Washington de tenter d'imposer un accord déséquilibré qui ferait du Canada une filiale commerciale et nuirait à l'industrie manufacturière nationale, en particulier au secteur automobile.
Empreinte commerciale et activités de Bombardier
Bombardier est le quatrième constructeur aéronautique mondial, spécialisé dans les avions d'affaires pour entreprises et particuliers. L'entreprise dispose déjà d'une présence industrielle aux États-Unis grâce à une installation dédiée au Kansas, où des ouvriers modifient des appareils pour des missions de vol spécialisées. En outre, environ la moitié des quelque 5 000 avions Bombardier actuellement en service dans le monde sont basés sur des aéroports américains. L'entreprise a poursuivi son expansion opérationnelle au Canada, annonçant le 1er septembre l'acquisition d'une usine de fabrication auprès du fournisseur Mitsubishi Heavy Industries pour produire des ailes destinées à ses jets d'affaires Global 5500 et Global 6500. Sur le plan financier, Bombardier a affiché en juillet une hausse de 6 % sur un an de son chiffre d'affaires trimestriel, à 2,15 milliards de dollars.
- Donald Trump menace de décertifier et d'imposer des droits de douane de 50 % sur les jets Bombardier en raison du différend avec Gulfstream
- Le Canada certifie plusieurs modèles d'avions fabriqués par le constructeur américain Gulfstream
- Le Premier ministre canadien Mark Carney rompt les négociations commerciales avec la Maison-Blanche
- Les États-Unis imposent des droits de douane de 50 % sur les importations canadiennes
- Bombardier acquiert une usine canadienne de fabrication d'ailes auprès de Mitsubishi Heavy Industries
- Donald Trump menace d'interdire les ventes aux États-Unis des avions Bombardier s'ils ne sont pas fabriqués sur le sol américain
- Le Canada prévoit des droits de douane de rétorsion sur environ 20 milliards de dollars de produits américains
Précédents différends réglementaires et spatiaux aériens
Ce différend est le deuxième en 2026 que Trump cible le constructeur canadien pour des questions commerciales et réglementaires. En janvier, Trump avait menacé de décertifier les jets d'affaires Bombardier Global Express et d'imposer des droits de douane de 50 % sur tous les avions canadiens, invoquant le retard d'Ottawa à certifier les jets privés fabriqués par le concurrent américain Gulfstream Aerospace. Les autorités canadiennes exigent des essais complets avant l'approbation de vol, et le Canada a certifié plusieurs modèles Gulfstream en février. Trump n'a pas annoncé de mesures réglementaires formelles ni de décrets exécutifs contre Bombardier parallèlement à sa déclaration de lundi, et Bombardier n'a pas immédiatement émis de réponse publique.


