
Le budget belge dans l'impasse, De Wever annule son discours de politique générale
Les négociations entre les partenaires de la coalition Arizona sur un plan d'économies de 10 milliards d'euros sont dans l'impasse, contraignant le Premier ministre Bart De Wever à annuler son discours devant le Parlement. L'échéance budgétaire a été repoussée à la fin octobre, ou au début novembre au plus tard.
Un blocage et un discours annulé
Les négociations budgétaires du gouvernement fédéral belge sont dans l'impasse, et le Premier ministre Bart De Wever a dû annuler son discours de politique générale devant le Parlement, prévu le mardi 13 octobre. La coalition N-VA, MR, CD&V, Les Engagés et Vooruit ne s'accorde pas sur les moyens de trouver 10 milliards d'euros. L'échéance budgétaire a été repoussée à la fin octobre, ou au début novembre au plus tard. Les intérêts de la dette atteignent désormais 16,7 milliards d'euros, plus que le budget de la défense, après environ 2 milliards d'euros d'intérêts supplémentaires depuis la précédente crise budgétaire. Sans budget adopté, le pays retomberait sur les douzièmes provisoires, un mécanisme qui autorise l'administration à ne dépenser chaque mois qu'un douzième des crédits de l'année précédente. La Belgique a d'ailleurs entamé 2026 sous douzièmes provisoires, faute d'accord sur un budget complet.
- Un communiqué du gouvernement indique qu'un scénario de douzièmes provisoires n'est pas une option
- Le discours de politique générale du Premier ministre devant le Parlement est annulé
- De Wever attendu à un sommet européen
- Date visée pour un accord budgétaire
- Échéance ultime pour le budget
La querelle sur la TVA au centre
Le principal obstacle est le refus du MR d'une hausse de la TVA, que son président Georges-Louis Bouchez combat depuis des mois, arguant qu'une TVA plus élevée réduit le pouvoir d'achat des ménages. Le président du CD&V, Sammy Mahdi, a accusé le MR de vouloir écarter des sujets par avance, affirmant qu'aucun parti ne peut se le permettre si les négociations doivent aboutir à quelque chose. Rachel Crivellaro soutient que le MR sert de bouc émissaire et que les partenaires réticents à d'autres recettes se cachent derrière son refus. Elle estime qu'une hausse de la TVA pourrait rapporter environ 2 milliards d'euros sur les 10 milliards recherchés.
- Économies recherchées
- 10 milliards d'euros
- Rendement estimé d'une hausse de la TVA
- 2 milliards d'euros
L'économiste Selien De Schryder, de l'université de Gand, juge l'effet plus nuancé, la Belgique disposant d'une indexation automatique des salaires qui répercute les hausses de prix sur les rémunérations avec un décalage. Elle ajoute que si les entreprises ne répercutent pas l'intégralité de la hausse de la TVA sur leurs prix, leurs marges se réduisent, et que de telles inquiétudes correspondent à un parti libéral comme le MR. Une source proche des discussions indique que la dernière proposition de De Wever demanderait encore au MR d'absorber un effort de 1,5 milliard d'euros, notamment en portant le taux de TVA de 21 à 22 %, sans contrepartie via la réduction prévue des cotisations sociales.
Les partenaires se renvoient la responsabilité
Dorian de Meeûs, rédacteur en chef de La Libre, soutient que d'autres partis, dont Vooruit, bloquent aussi un accord. Il affirme que les socialistes flamands refusent de négocier sur les soins de santé et la sécurité sociale, un budget qu'il chiffre entre 120 et 140 milliards d'euros. Il reproche également à De Wever de remettre les mêmes propositions sur la table alors qu'il sait qu'elles sont difficiles à négocier. Des sources de Vooruit indiquent que les dépenses de défense ne peuvent être réduites, qu'une taxe sur les riches est exclue et que les sociétés de gestion ne doivent guère être touchées. Le CD&V tient fermement à la réduction des cotisations sociales et regrette que la dernière proposition de De Wever déplace le poids de l'opération plus loin.
La suite
Un communiqué du gouvernement publié dimanche soir 11 octobre par le cabinet du Premier ministre, au 16 rue de la Loi, indique qu'un scénario de douzièmes provisoires n'est pas une option et que le Premier ministre ne l'acceptera pas. Les négociateurs évoquent toujours une solution d'ici la fin octobre, l'un d'eux parlant de deux à trois semaines de travail restantes. De Wever est attendu à un sommet européen le jeudi 15 octobre, et prévoit d'ici là de nouveaux contacts avec ses vice-Premiers ministres. Une source s'attend à un geste offensif, comme faire venir le président du MR à la table ou convoquer tous les vice-Premiers ministres dans un château. Début octobre, De Wever avait déclaré que le pays pouvait supporter au maximum un nouveau tour d'économies avant qu'une septième réforme de l'État ne soit nécessaire. Le président du PS, Paul Magnette, doute de cet appel, exclut une septième réforme de l'État et estime que De Wever anticipe l'échec des négociations budgétaires. Le mécontentement des élèves du secondaire francophones se poursuit également.

