Gouvernement · Bruxelles

Le roi des Belges retient la démission de De Wever jusqu'à vendredi, les négociations budgétaires dans l'impasse

Les partis de la coalition veulent donner une nouvelle chance aux négociations budgétaires, mais Maxime Prévot estime à 50/50 la probabilité de nouvelles élections. Le roi examine jusqu'à vendredi 6 novembre la démission du Premier ministre Bart De Wever.

Texte IA fondé sur les articles de De Standaard, 7sur7 et De Morgen. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Bruxelles · Belgique
Comment on en est arrivé là
  1. 3 nov.Van Peteghem déclare dans De tafel van Ruben être frustré par la situation
  2. 5 nov.Valerie Van Peel se rend chez le roi sans commentaire, dernière dans la file des présidents de parti
  3. 6 nov.La décision du roi sur la démission de Bart De Wever est attendue pour vendredi

Un blocage budgétaire et un détour par le palais

Le gouvernement cherche depuis environ deux mois 10 milliards d'euros d'économies pour son budget, et les discussions sont bloquées. Jeudi 5 novembre, les présidents de parti étaient encore reçus par le roi. La présidente de la N-VA, Valerie Van Peel, est arrivée en dernier dans la file des présidents de parti et est repartie sans faire de commentaire. Le roi examine jusqu'à vendredi 6 novembre la démission du Premier ministre Bart De Wever, date à laquelle la manière dont le budget sera élaboré devrait être clarifiée. Un effet boule de neige de la hausse des coûts d'intérêt se profile si le blocage persiste.

Des élections comme menace et un appel à négocier

Maxime Prévot, des Engagés, vice-Premier ministre, estime à 50/50 la probabilité d'élections. Tous les partis de la majorité veulent donner une nouvelle chance aux discussions, et aucun ne pousse à un nouveau scrutin. Le ministre du Budget Vincent Van Peteghem, du CD&V, a déclaré mardi soir 3 novembre dans l'émission De tafel van Ruben qu'il était frustré que la responsabilité de véritables solutions ne soit pas assumée.

« Je comprends la frustration des gens, mais des élections ne seraient bonnes pour aucun parti. »

Vincent Van Peteghem, ministre du Budget CD&V

Van Peteghem a averti que même un résultat électoral identique entraînerait six à huit mois de négociations gouvernementales, ce qui pourrait déstabiliser les marchés financiers. Sans accord, a-t-il dit, le pays se rapprocherait des conditions grecques plus qu'on ne le pense.

« Sans accord, nous nous rapprochons des conditions grecques plus qu'on ne le pense. »

Vincent Van Peteghem, ministre du Budget CD&V

Il espère qu'une solution pourra être trouvée en une ou deux semaines et que, dans un scénario optimiste, deux jours de véritables négociations pourraient suffire.

Les mouvements de jeunesse appellent à la responsabilité

Les organisations de jeunesse de la N-VA, du CD&V, du MR et des Engagés ont publié un communiqué commun appelant à un sens des responsabilités dans la politique nationale. Elles estiment que les 10 milliards d'euros d'économies prévues doivent être réalisées quoi qu'il arrive à la crise politique. Les Jongsocialisten, mouvement de jeunesse de Vooruit, n'ont pas signé. Leur président Brent Bellefroid a déclaré :

« Nous n'allons pas faire cela aux dépens des travailleurs, des malades et des pensionnés. »

Brent Bellefroid

Bellefroid estime que l'effort doit être partagé équitablement, avec une contribution des plus fortunés, millionnaires compris.

Le point de blocage : les épaules les plus solides

La dernière table budgétaire de De Wever prévoyait une contribution de 1,2 milliard d'euros des épaules les plus solides. Le MR la jugeait trop élevée, tandis que Vooruit la trouvait trop faible, et le vice-Premier ministre socialiste Frank Vandenbroucke a mis en garde contre « une boîte vide ». Selon des sources, la table contenait 250 millions d'euros de mesures sur les entreprises, plus 170 millions d'euros d'économies sur les sociétés sans personnel et avec un seul client. Le relèvement du taux de la taxe sur les titres de 0,3 à 0,4 pour cent devait rapporter 300 millions d'euros, et une nouvelle taxe sur les actions nominatives des sociétés cotées devait en rapporter 300 millions d'euros supplémentaires.

Mesures proposées dans la dernière table budgétaire de De Wever, selon des sourcesmillions d'euros
Relèvement du taux de la taxe sur les titres (de 0,3 à 0,4 pour cent)
300 millions d'euros
Taxe sur les actions nominatives des sociétés cotées
300 millions d'euros
Mesures sur les entreprises
250 millions d'euros
Économies sur les sociétés sans personnel et avec un seul client
170 millions d'euros

Données tirées du texte de l’article

Les actions nominatives sont détenues directement par la société, souvent dans des entreprises familiales et des PME, même si des entreprises plus grandes sont aussi concernées, et les fondateurs devaient en être exemptés. Le fondateur et directeur général d'Odoo, Fabien Pinckaers, avait menacé cet été de quitter le pays si une taxe sur la fortune frappant ses actions était introduite, un projet qu'il chiffrait à 30 millions d'euros d'impôts par an. Vooruit est tiède sur le relèvement de la taxe sur les titres, arguant que cette taxe approche de son plafond. Le parti doute aussi qu'une taxe sur les actions nominatives survive à la Cour constitutionnelle, par crainte d'une discrimination. Le CD&V voit dans la taxe sur les titres le meilleur moyen de cibler les véritables riches.

La suite

La décision du roi sur la démission de De Wever est attendue pour vendredi 6 novembre. D'ici là, la question de savoir qui paie la part des épaules les plus solides reste le point central des discussions. La taxe sur les titres et la taxe prévue sur les actions nominatives sont au cœur du différend. Aucun parti ne vise ouvertement de nouvelles élections, mais l'estimation de 50/50 avancée par Prévot maintient cette issue en vue.

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Sources et contexte

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