
Lavrov accuse l'Europe de bloquer les pourparlers de paix sur l'Ukraine dans un discours à l'Assemblée de l'ONU
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov a déclaré à l'Assemblée générale des Nations unies que Moscou atteindra ses objectifs militaires en Ukraine, accusant les gouvernements européens d'entraver les négociations de paix soutenues par l'administration Trump.
Discours à l'Assemblée générale
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov s'est adressé à l'Assemblée générale des Nations unies à New York samedi, affirmant que Moscou atteindra ses objectifs militaires en Ukraine quelles que soient les circonstances. Dans son discours, Lavrov a déclaré que les objectifs de ce que Moscou appelle l'opération militaire spéciale seront atteints, les préoccupations de sécurité russes seront prises en compte et la vie normale sera rétablie. Il a adressé de vives critiques aux gouvernements européens, les accusant de tenter systématiquement de faire dérailler d'éventuelles négociations de paix. Selon Lavrov, les dirigeants européens travaillent activement contre les efforts diplomatiques recherchés par l'administration américaine de Donald Trump.
Il a formulé son accusation directement depuis la tribune de l'Assemblée.
L'Europe fait tout ce qui est en son pouvoir pour contrecarrer les négociations de paix souhaitées par l'administration Trump.
Entretiens directs avec la direction allemande
Avant son discours à l'Assemblée générale, Lavrov a rencontré le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul lors d'une réunion à huis clos au siège des Nations unies. Cette rencontre est la première réunion bilatérale entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie et de l'Allemagne depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022. Lavrov avait rencontré pour la dernière fois un ministre allemand des Affaires étrangères en janvier 2022, lorsqu'il s'était entretenu avec Annalena Baerbock quelques semaines avant le déclenchement des hostilités à grande échelle. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré que la délégation allemande avait demandé des limites strictes à l'accès des médias et que les discussions se déroulent sans enregistrement audio.
- Lavrov rencontre la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock avant l'invasion de l'Ukraine
- Un incident de drone explosif à l'aéroport de Leipzig déclenche des fermetures consulaires mutuelles
- Lavrov et Johann Wadephul tiennent les premières discussions ministérielles bilatérales depuis 2022 à l'ONU
Tensions autour de l'attaque de drone et des pertes
Les discussions bilatérales ont eu lieu après une forte détérioration des relations diplomatiques entre Berlin et Moscou. Les autorités allemandes avaient précédemment accusé la Russie d'avoir dirigé un drone chargé d'explosifs vers l'aéroport de Leipzig début août 2026. Cet incident a conduit les deux pays à fermer plusieurs missions consulaires mutuelles. Des responsables allemands ont rapporté que Wadephul avait exhorté Moscou à abandonner sa voie d'escalade envers l'Allemagne, l'Europe et l'OTAN, affirmant que les opérations hybrides n'affaibliront pas le soutien de Berlin à Kyiv. Wadephul a également condamné les frappes contre les civils ukrainiens, notant que des dizaines de milliers de soldats russes meurent chaque mois dans une impasse positionnelle tandis que l'économie russe se détériore. Les représentants allemands ont réitéré que tout règlement nécessite le retrait complet des troupes russes et un cessez-le-feu durable.
Moyen-Orient et le détroit d'Ormuz
Lors de son passage à New York, Lavrov a également abordé les tensions maritimes croissantes au Moyen-Orient. Il a déclaré que Moscou se dit prêt à aider à stabiliser la navigation dans le détroit d'Ormuz, un couloir de transit essentiel pour les expéditions énergétiques mondiales. Sa déclaration fait suite à une annonce de Donald Trump rejetant une proposition soumise par l'Iran visant à rouvrir la voie navigable dans un délai de sept jours. Lavrov a appelé à établir des accords de sécurité régionaux fondés sur la confiance mutuelle entre les gouvernements régionaux.
Il s'est exprimé sur les conditions nécessaires à la sécurité régionale.
Nous avons besoin de confiance dans les relations entre les États du Golfe, les États arabes et l'Iran. Nous avons besoin d'une architecture régionale stable.

