
L'Arménie prépare une candidature formelle à l'Union européenne alors que Nikol Pashinyan envisage de quitter l'OTSC dirigée par la Russie
Le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan a annoncé son intention de soumettre une demande formelle d'adhésion à l'Union européenne et s'est dit prêt à une exclusion de l'Organisation du traité de sécurité collective.
Proposition d'adhésion et virage diplomatique
Le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan s'est adressé au parlement à Erevan le lundi 24 août 2026 pour présenter le programme officiel du gouvernement pour la législature 2026-2031. Au cours de son discours, Pashinyan a annoncé que l'exécutif prépare le dépôt d'une demande formelle d'adhésion à l'Union européenne dans un avenir proche. Cette orientation politique reflète la stratégie soutenue d'Erevan visant à renforcer les liens institutionnels avec les partenaires occidentaux tout en se désengageant progressivement de Moscou. La direction russe considère cette ancienne république soviétique du Caucase du Sud comme faisant partie de sa sphère d'influence traditionnelle et s'oppose fermement au pivotement d'Erevan vers l'Occident. Pashinyan a déclaré aux députés que le dépôt formel des documents d'adhésion doit avoir lieu avant qu'un éventuel référendum national sur l'intégration européenne puisse être envisagé.
Le différend sur le référendum de l'Union économique eurasiatique
En mai 2026, les chefs d'État de la Russie, de la Biélorussie, du Kazakhstan et du Kirghizistan ont formellement exigé que l'Arménie organise un référendum national pour choisir entre l'adhésion à l'Union européenne et le maintien au sein de l'Union économique eurasiatique. Le Kremlin maintient que la participation au bloc européen est incompatible avec la poursuite de l'appartenance de l'Arménie à l'alliance économique eurasienne. Le président russe Vladimir Putin a soulevé cette demande directement avant les élections de début d'été en Arménie, pressant Pashinyan de faire un choix immédiat entre les deux structures économiques. Pashinyan a répondu qu'organiser un référendum n'a de sens que lorsque l'État arménien peut évaluer avec précision la faisabilité et les conditions spécifiques de l'adhésion européenne.
Nous pourrions initier ce processus dans un avenir proche, surtout compte tenu des demandes urgentes de nos partenaires de l'Union économique eurasiatique.
Éloignement sécuritaire et fracture avec l'OTSC
Bien que l'Arménie et la Russie restent des alliés militaires officiels en vertu d'accords existants, les relations se sont dégradées après l'offensive miltaire azerbaïdjanaise de 2023 dans le Haut-Karabagh. Le gouvernement arménien a critiqué à plusieurs reprises Moscou pour ne pas avoir rempli ses obligations de défense mutuelle durant le conflit de 2023, incitant Erevan à rechercher la bienveillance diplomatique de Bruxelles et de Washington. Au lendemain des combats, Erevan a gelé sa participation opérationnelle à l'Organisation du traité de sécurité collective, une alliance régionale de défense postsoviétique établie en 2002 aux côtés de la Biélorussie, du Kazakhstan, du Kirghizistan, du Tadjikistan et de la Russie. Pashinyan a déclaré lundi qu'une décision officielle de l'alliance d'exclure l'Arménie serait un résultat acceptable pour son gouvernement.
Je serais très heureux si l'organisation décidait d'exclure l'Arménie de l'OTSC. Cela nous soulagerait du dilemme de partir ou de ne pas partir.
Mesures de représailles économiques et résultat électoral
La fracture politique entre Erevan et Moscou a déclenché des restrictions commerciales russes et des représailles économiques contre l'Arménie. Les autorités russes ont imposé des interdictions d'importation visant les produits agricoles arméniens, coupant l'accès à un marché commercial clé pour les producteurs arméniens. Les responsables russes ont également émis des avertissements concernant d'éventuelles augmentations des tarifs du gaz naturel bilatéral et interrompu plusieurs échanges commerciaux. Ces mesures économiques ont coïncidé avec des efforts d'ingérence russes avant les élections législatives arméniennes du 7 juin 2026. Malgré les pressions intenses de Moscou, le parti politique de Pashinyan a obtenu la majorité absolue au parlement, permettant à l'administration de poursuivre le développement de la coopération diplomatique, sécuritaire et économique avec l'Union européenne et les États-Unis.
- L'Organisation du traité de sécurité collective est établie avec l'Arménie comme membre
- L'Azerbaïdjan lance une offensive militaire dans le Haut-Karabagh sans intervention russe
- Les dirigeants de l'Union économique eurasiatique exigent que l'Arménie organise un référendum sur l'adhésion à l'UE
- Le parti de Pashinyan remporte la majorité absolue aux élections législatives arméniennes
- Pashinyan annonce au parlement son intention de déposer une demande formelle d'adhésion à l'UE


