
La Turquie exige un moratoire en mer Noire et restreint le trafic maritime après des attaques contre des navires marchands
La Turquie a appelé la Russie et l'Ukraine à convenir d'un moratoire sur les attaques contre les navires marchands en mer Noire, tandis qu'Ankara a commencé à restreindre le trafic maritime à travers les Dardanelles après que des frappes de drones ont blessé des membres d'équipage sur deux navires turcs.
Appel au moratoire de Fidan
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a appelé la Russie et l'Ukraine à instaurer un « moratoire » sur les attaques visant les navires marchands en mer Noire, déclarant dans un entretien en direct avec l'agence officielle Anadolu samedi 8 août que la Turquie « a appelé à la mise en place d'un mécanisme permettant de déclarer un moratoire ». Fidan a noté que le conflit s'était étendu à toute la mer Noire et que le schéma des cibles était passé des ports et des navires militaires à tous les navires marchands, sans discrimination.
Le conflit s'est étendu à toute la mer Noire. Au début, ils ciblaient les ports et les navires militaires. Maintenant, ils attaquent tous les navires marchands, sans distinction.
Fidan a souligné que les navires appartenant à des propriétaires turcs ou battant pavillon turc ont également été touchés. La Turquie, qui entretient des relations étroites avec Moscou et Kiev, s'est positionnée comme un médiateur neutre dans le conflit, mais fait désormais face à des risques directs pour ses intérêts maritimes commerciaux.
Frappes de drones contre des navires turcs
L'appel au moratoire fait suite à des attaques de drones contre deux navires appartenant à des compagnies maritimes turques en mer Noire plus tôt dans la semaine. La Turquie a dénoncé les attaques mardi 4 août, notant que plusieurs membres d'équipage, dont des citoyens turcs, avaient été blessés. Le ministère turc des Affaires étrangères a publié une déclaration ce jour-là avertissant que l'escalade du conflit aurait des « conséquences négatives à plusieurs niveaux », notamment sur la sécurité alimentaire.
Nous réitérons notre appel à tous les acteurs concernés, en particulier aux parties en conflit, à prendre d'urgence des mesures concrètes pour garantir la sécurité de la navigation en mer Noire.
Restrictions de trafic aux Dardanelles
La Direction générale de la sécurité côtière de Turquie a commencé à restreindre le trafic des navires marchands vers la mer Noire, selon des sources citées par Bloomberg. Plusieurs navires se dirigeant vers Novorossiisk, l'un des principaux centres d'exportation de pétrole et de céréales de la Russie, ont été informés que les permis de transit par le détroit des Dardanelles ne sont actuellement pas délivrés ou que davantage de temps est nécessaire pour analyser les demandes de passage. Les autorités turques n'ont pas fourni d'explication sur cette mesure. La Direction générale de la sécurité côtière a redirigé les demandes de commentaires vers le ministère des Transports et des Infrastructures à Ankara, qui n'a pas répondu aux demandes envoyées par courriel ou par téléphone en dehors des heures de travail normales.
- Des attaques de drones blessent l'équipage de deux navires turcs en mer Noire
- Le ministère turc des Affaires étrangères dénonce les attaques et appelle à des mesures urgentes pour la sécurité de la navigation
- Fidan exige un moratoire sur les attaques ; la Turquie restreint le trafic maritime en mer Noire via les Dardanelles
Une source a indiqué que certains navires ont été informés que les restrictions s'appliquent également aux navires se dirigeant vers l'Ukraine. Les navires à destination de ports en Bulgarie ou en Turquie ont toutefois continué à traverser les Dardanelles vers le nord à 13h00 heure locale, selon les données de surveillance du trafic maritime compilées par Bloomberg.
Impact sur le commerce mondial
La restriction risque d'aggraver les perturbations du commerce mondial à un moment où les flux pétroliers sont déjà affectés par la guerre en Iran et la réduction des volumes de fret transitant par le détroit d'Ormuz. L'intensification des attaques russes et ukrainiennes a contribué aux inquiétudes concernant les approvisionnements en céréales de la région de la mer Noire et à la hausse des prix du blé, qui ont atteint en juillet leur plus haut niveau en deux ans. La mesure limite effectivement le flux de navires marchands vers la mer Noire, où la fréquence croissante des attaques contre les navires, y compris ceux appartenant à des compagnies turques, a incité Ankara à rechercher des mesures supplémentaires pour garantir la sécurité de la navigation.


