
La Turquie interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans à partir du 1er novembre, invoquant la protection de l'enfance
L'interdiction a été publiée au Journal officiel et entre en vigueur le 1er novembre, après l'adoption de la loi par le Parlement en avril. Les plateformes devront mettre en place une vérification de l'âge, une mesure qui s'ajoute à une série de limites d'âge en Europe et au-delà.
L'interdiction et ses conditions
Le gouvernement turc a officiellement interdit samedi 10 octobre 2026 l'accès des enfants de moins de 15 ans aux plateformes de réseaux sociaux, la décision ayant été publiée au Journal officiel. La mesure fait suite à l'adoption de la loi par le Parlement en avril et entre en vigueur le 1er novembre. Les plateformes doivent « prendre les mesures techniques et administratives nécessaires, y compris la vérification de l'âge », prévoit la loi. Le système de vérification fonctionnera avec un jeton délivré par l'État, selon l'article 7 de la loi. Le texte encadre aussi les mineurs de plus de 15 ans : les plateformes ne peuvent leur proposer des services susceptibles d'avoir un « effet addictif ».
- Le Parlement adopte la loi
- Décision publiée au Journal officiel
- Entrée en vigueur de l'interdiction
Critiques sur la liberté d'expression
Des organisations de défense des droits humains critiquent les restrictions à la liberté d'expression en Turquie, qui visent les personnes LGBT, les médias et l'opposition politique. De nombreux comptes de réseaux sociaux ont été bloqués ces dernières semaines. La semaine dernière, la Turquie a bloqué un site d'information et ses comptes sur les réseaux sociaux après qu'un tribunal a jugé son contenu constitutif de « propagande LGBT+ », suscitant la colère d'organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse. La Turquie impose régulièrement des limites strictes aux réseaux sociaux, bloquant ponctuellement des comptes de médias et de militants. En 2024, Ankara a interdit Instagram pendant une semaine, après des accusations selon lesquelles la plateforme de Meta censurait des utilisateurs rendant hommage au dirigeant du Hamas Ismail Haniyeh. Un rapport de 2025 du think tank américain Freedom House a classé l'internet turc comme « non libre ».
Une vague plus large de limites d'âge
La Turquie rejoint un groupe croissant de pays, dont l'Australie et l'Indonésie, qui instaurent ou envisagent des limites d'âge plus strictes sur les réseaux sociaux. L'Australie a été le premier pays à imposer une interdiction, pour les utilisateurs de moins de 16 ans, suivie par la France et l'Indonésie. Le Royaume-Uni a prévu l'entrée en vigueur de sa restriction en 2027. L'Autriche, le Danemark, la France, la Grèce et l'Espagne font avancer des lois nationales pour limiter l'accès des enfants, et la Norvège et l'Italie préparent ou débattent de textes similaires. Au Portugal, une proposition de loi présentée par le PSD visant à restreindre le libre accès des moins de 16 ans a été approuvée en termes généraux en février, et son texte final devrait être voté en octobre. Les sources décrivent différemment la position de l'Union européenne. Selon une version, l'UE a présenté en septembre une proposition législative visant à restreindre l'accès aux réseaux sociaux et aux plateformes de partage de vidéos jusqu'à 15 ans. Selon une autre, Ursula von der Leyen a annoncé en septembre qu'elle proposerait d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans et de priver les moins de 15 ans de comptes personnels.
Risques invoqués et prochaines étapes
Les mesures sont présentées comme une protection contre l'addiction aux écrans, le manque de sommeil, le cyberharcèlement et les troubles alimentaires. Les plateformes doivent mettre en place les mesures requises avant le 1er novembre, date d'entrée en vigueur de l'interdiction. Le système de vérification reposera sur le jeton d'État prévu à l'article 7 de la loi. L'interdiction des services addictifs s'applique aux mineurs de plus de 15 ans, tandis que l'interdiction d'âge elle-même vise les enfants de moins de 15 ans.

