En bref
Google, Meta, TikTok, Discord et Telegram ont été convoqués vendredi 16 octobre, tandis que X, invité, n'a envoyé aucune délégation.
Entre le 7 et le 12 octobre, les autorités polonaises ont signalé 89 posts comme illégaux, et les plateformes en ont retiré 30.
X a restreint ou retiré 20 des 57 posts qui lui ont été signalés et n'a pris aucune mesure sur les 37 autres.
Le ministère veut la suppression des comptes des utilisateurs de moins de 13 ans et un traitement plus rapide des signalements de NASK et du CBZC ; les plateformes se sont engagées à former leur personnel dans les semaines à venir.
Le texte a besoin de la signature du président Karol Nawrocki, qui avait rejeté une version antérieure en janvier pour des motifs de liberté d'expression.
- 8 oct.Attaque à Leszczydol-Nowiny ; une agente d'entretien d'une école tuée et deux enseignants blessés
- 10 oct.Trois blessés dans un établissement d'enseignement supérieur à Varsovie
- 16 oct.Le ministère du Numérique rencontre les plateformes ; X ne participe pas
Le ministère convoque les plateformes
Le ministre du Numérique Krzysztof Gawkowski, également vice-Premier ministre, a rencontré les représentants des plateformes au ministère à Varsovie vendredi 16 octobre. Google, Meta, TikTok, Discord et Telegram ont été convoqués pour discuter de la protection des mineurs et du retrait des contenus illégaux. X avait aussi été invité, mais n'a envoyé aucune délégation, et le ministre a qualifié cette attitude d'impudente. La réunion fait suite à une série d'agressions au couteau dans des écoles, qui ont suscité la peur et déclenché des menaces en ligne.
Les attaques à l'origine de la réunion
Trois attaques sont survenues en quatre jours, à Ostrołęka, près de Wyszków et à Varsovie. Le 8 octobre à Leszczydol-Nowiny, au nord-est de la capitale, un ancien élève de 15 ans est accusé d'avoir tué une agente d'entretien d'une école et blessé deux enseignants, portant une caméra fixée sur un casque pendant l'attaque. L'attaque la plus récente, le samedi 10 octobre, a fait trois blessés dans un établissement d'enseignement supérieur à Varsovie. Au total, un employé d'école a été tué et une quinzaine de personnes ont été blessées, tandis que des milliers de policiers ont été déployés dans les écoles cette semaine pour assurer la sécurité. Varsovie estime que la glorification de la violence dans des groupes en ligne, notamment ceux voués à l'idéologie nazie ou à l'idolâtrie de tueurs en série, nuit aux enfants.
Posts signalés et bilan de X
Krzysztof Gawkowski a déclaré qu'entre le 7 et le 12 octobre, les autorités polonaises ont signalé 89 posts aux plateformes comme illégaux au regard du code pénal, et que seuls 30 ont été retirés. X affiche le pire bilan : la plateforme a restreint ou retiré 20 des 57 posts qui lui ont été signalés et n'a pris aucune mesure sur 37. Le ministre a insisté sur la rapidité. Il a qualifié X de plateforme de haine, pointant ce qu'il a décrit comme un manque de responsabilité.
« Tous devraient disparaître immédiatement, pas après des semaines ou des mois. »
- Signalés, toutes plateformes
- 89 posts
- Retirés, toutes plateformes
- 30 posts
- Signalés à X
- 57 posts
- Restreints ou retirés par X
- 20 posts
- Aucune mesure prise par X
- 37 posts
Données tirées du texte de l’article
Exigences et engagements des plateformes
Le ministère veut une véritable vérification de l'âge des utilisateurs et la suppression immédiate des comptes appartenant à des personnes de moins de 13 ans. Les plateformes ont accepté de former leur personnel dans les semaines à venir et de mettre en place des contacts directs pour les autorités polonaises. Krzysztof Gawkowski a également exigé une modération plus rapide, les signalements de NASK, du CBZC et des institutions publiques devant être traités selon des procédures raccourcies. Il a indiqué que le ministère suivrait de près les temps de réponse et nommerait à la fois les plateformes qui coopèrent et celles qu'il dit concentrées uniquement sur leurs revenus.
Le projet de loi DSA et la suite
Le gouvernement accélère l'adoption d'une loi transposant le règlement européen sur les services numériques (DSA) en Pologne, et le Sénat y a introduit des amendements cette semaine. Le texte a besoin de la signature du président Karol Nawrocki, qui avait rejeté une version antérieure en janvier pour des motifs de liberté d'expression. Selon le projet, les autorités pourraient ordonner le retrait immédiat de contenus illégaux et infliger des amendes de plusieurs millions de złoty aux plateformes qui n'agissent pas. Krzysztof Gawkowski a déclaré que des procédures contre X débuteraient une fois la loi signée. Il a lié directement le sort des plateformes à la décision du président.
« La signature sous le DSA est essentielle pour que je puisse tenir les plateformes à la gorge. »
Cette offensive intervient alors que l'Union européenne envisage des mesures plus larges pour protéger les enfants en ligne.