Sécurité · Boston
À Boston, les supporters haïtiens se cachent de la Coupe du monde, craignant la chasse aux sans-papiers de Trump
Alors qu'Haïti s'apprête à affronter l'Écosse lors de son premier match de Coupe du monde depuis 1974, de nombreux immigrés haïtiens à Boston prévoient d'éviter les rassemblements publics et même de jeter des billets coûteux, terrifiés à l'idée d'être ciblés par les services d'immigration et de douane américains (ICE).
Texte IA fondé sur les articles de RFI, Le Figaro.fr, Mediapart et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
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En bref
Les immigrés haïtiens de Boston prévoient d'éviter les rassemblements publics pour le premier match de la Coupe du monde d'Haïti contre l'Écosse, car ils craignent d'être arrêtés par les agents de l'ICE.
La Cour suprême des États-Unis doit statuer d'ici début juillet sur la révocation par l'administration Trump du statut de protection temporaire pour Haïti, plongeant des milliers de personnes dans une profonde incertitude quant à leur droit de rester et de travailler.
Les leaders communautaires affirment que la joie d'une première qualification pour la Coupe du monde depuis 1974 est tempérée par l'angoisse des déportations, et de nombreuses familles évitent les rassemblements qui pourraient attirer l'attention des agents de l'immigration.
Certains détenteurs de billets, dont Presner Nelson, ont décidé de rester chez eux après qu'un parent a été détenu par l'ICE et transféré sur 4 300 km dans un centre de détention isolé.
- 29 avr.La Cour suprême des États-Unis entend les arguments sur la révocation par l'administration Trump du statut de protection temporaire pour Haïti.
- 14 juinHaïti affronte l'Écosse lors de son premier match de Coupe du monde depuis 1974, qui se déroule à Boston.
- 30 juinDécision finale attendue de la Cour suprême sur la légalité de la fin du TPS pour Haïti.
Un conte de fées sportif entaché par la peur
La première qualification d'Haïti pour une Coupe du monde depuis 1974 avait suscité l'euphorie au sein de la diaspora aux États-Unis. Mais à la veille du match contre l'Écosse à Boston, cette joie a laissé place à la prudence. Des milliers d'immigrés haïtiens, qui sous le statut de protection temporaire (TPS) ont construit leur vie dans le Massachusetts, craignent désormais que de se rendre dans un bar ou une place publique pour regarder le match ne les expose aux agents de l'immigration. Les caméras mondiales braquées sur le tournoi offrent un paradoxe : elles pourraient attirer la sympathie, mais elles accentuent aussi le sentiment de risque pour une communauté qui se sent traquée.
Le nuage juridique qui plane sur le TPS
L'administration Trump a entamé la révocation du TPS pour Haïti peu après son retour à la Maison-Blanche en 2025. La Cour suprême des États-Unis a entendu les arguments le 29 avril 2026, et une décision finale est attendue fin juin ou début juillet. Alors que la décision de la Cour se profile, de nombreuses familles haïtiennes estiment que le risque d'être arrêtées par les agents de l'ICE est tout simplement trop élevé. La protection temporaire a permis à des dizaines de milliers de personnes de travailler et d'acheter des logements ; la perdre bouleverserait des vies.
« Des milliers de familles haïtiennes se retrouvent à ce carrefour de l'incertitude, car le TPS leur a donné la possibilité de travailler. »
Le pasteur Fleurissaint a aidé des centaines d'Haïtiens de la région de Boston dans leurs démarches administratives et mène des manifestations depuis 2017 pour préserver la protection. Il décrit une « euphorie mesurée » parmi une population qui veut célébrer mais ne peut pas risquer d'être identifiée.
Rester chez soi avec un billet à 500 dollars
Presner Nelson a dépensé 500 dollars pour un précieux billet de match, mais il a décidé de ne pas y aller. Son frère aîné, Emmanuel Damas, a été arraché devant son domicile à Boston et transporté sur 4 300 km jusqu'à un centre de détention pour immigrés. D'autres résidents ont tout simplement trop peur de porter le maillot de leur équipe nationale en public. « Ils préfèrent rester isolés », a noté M. Fleurissaint. « Ces Haïtiens sont ici depuis plusieurs années. Beaucoup sont propriétaires. »
Entraîneurs et avocats redoutent un fiasco
Le sélectionneur Sébastien Migné a exprimé l'espoir que Boston se mobilise pour ses joueurs.
« Je m'attends à une certaine ferveur. J'espère qu'il y aura beaucoup de supporters à Boston. »
« Je crains que ce soit un fiasco. »
Le match de ce week-end permettra de voir si la joie d'un conte de fées sportif peut survivre à la réalité d'une machine de contrôle de l'immigration qui a rendu les rues de Boston hostiles à des milliers de ses propres résidents.
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Sources et contexte
- RFIMondial 2026: à Boston, la communauté haïtienne se fait discrète avant l'entrée en lice des Grenadiers
- Le Figaro.fr"Les supporters ont peur d'être repérés par ICE" : pourquoi les Haïtiens se cachent à Boston et ne mettront pas leur maillot
- Mediapart" J'ai peur que ça soit un fiasco " : un Mondial sans le monde
- The TelegraphFrightened football fans throw $500 tickets in the bin
- Sébastien Migné
- Sélectionneur de l'équipe nationale de football d'Haïti
- Dieufort J.Fleurissaint
- Pasteur à Boston et défenseur national des immigrés haïtiens aux États-Unis
- Henry-Claude Baltazard
- Avocat haïtiano-américain basé près de New York
- Presner Nelson
- Immigré haïtien à Boston qui a acheté un billet pour la Coupe du monde à 500 dollars
- Emmanuel Damas
- Frère aîné de Presner Nelson, détenu par l'ICE et transféré sur 4 300 km vers un centre de détention pour immigrés
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