
Sonsoles Ónega et Susana Díaz dénoncent le gouvernement après la publication de la liste des contribuables débiteurs, marquée par les célébrités et la fraude aux hydrocarbures
L'agence fiscale espagnole a publié sa 13e liste annuelle des gros débiteurs, citant 5 853 personnes et entreprises avec des dettes supérieures à 600 000 €. La liste, totalisant 15,43 milliards d'euros, inclut des célébrités, des promoteurs immobiliers en difficulté et un réseau de fraude aux hydrocarbures, provoquant de vives critiques de la part de la présentatrice télé Sonsoles Ónega et de l'ancienne présidente d'Andalousie Susana Díaz.
Publication et chiffres
L'agence fiscale espagnole (Hacienda) a publié sa 13e liste annuelle des gros débiteurs le 30 juin 2026. La liste comprend 5 853 contribuables (personnes physiques et morales) ayant des dettes fiscales impayées supérieures à 600 000 € au 31 décembre 2025. Le total des obligations impayées s'élève à 15 432 millions d'euros, en baisse de 4,4 % par rapport à l'année précédente. Parmi eux, 1 111 personnes physiques doivent collectivement 1 680 millions d'euros, tandis que les 4 742 personnes morales restantes représentent 13 752 millions d'euros. Le nombre de débiteurs a baissé de 2,4 %, avec 879 sorties de la liste et 735 nouveaux noms ajoutés.
- Personnes physiques
- 1680 millions d'euros
- Personnes morales
- 13752 millions d'euros
Noms notables
Plusieurs célébrités réapparaissent ou rejoignent la liste : la présentatrice Patricia Conde doit 714 615 €, le collaborateur télé Kiko Matamoros 600 740 €, la chanteuse Isabel Pantoja plus de 1,2 million d'euros, le chanteur et homme d'affaires Bertín Osborne 835 000 €, et l'actrice Paz Vega plus de 1,8 million d'euros. L'homme d'affaires Javier Banderas, frère de l'acteur Antonio Banderas, doit près de 3 millions d'euros. Les frères Olivares, Ramón et Agustín, sont en tête du classement individuel avec 36,8 millions d'euros chacun, liés à des projets de construction avortés en Castille-La Manche.
Réactions politiques et médiatiques
La liste a suscité de vives réactions à la télévision. Sur Antena 3, dans l'émission Y ahora Sonsoles, la présentatrice Sonsoles Ónega a qualifié la liste de « honteuse » pour avoir mélangé deux groupes distincts. Elle a déclaré :
Aujourd'hui, l'Agence fiscale, c'est-à-dire le gouvernement, publie une liste honteuse qu'ils appellent la « liste des débiteurs fiscaux ».
Elle a ajouté qu'« il y a des gens qui, effectivement, ne veulent pas payer l'Agence fiscale, et d'autres qui sont en procédure judiciaire » et a exhorté Hacienda à retirer ceux qui ont des procès en cours. Ónega a également réclamé un registre public des délinquants sexuels condamnés : « Depuis 2018, quand j'ai commencé à animer des émissions télé, je demande la liste des violeurs et des agresseurs condamnés. »
Parallèlement, sur Espejo Público, l'ancienne présidente d'Andalousie Susana Díaz a commenté :
Il me surprend qu'ils doivent au Trésor public, qui nous appartient à tous, et qu'ils reçoivent pourtant de l'argent de tous nos impôts dans certains médias publics.
Elle a refusé de nommer les personnes, disant « plus d'un, mais je m'arrête là. »
La fraude aux hydrocarbures domine
Un changement significatif cette année est la prédominance des entreprises liées au scandale de fraude à la TVA sur les hydrocarbures. Cinq des plus gros débiteurs corporatifs sont sous enquête pour avoir prétendument acheté et vendu du carburant sans reverser la TVA : Bio-Zenite Energy (232,9 millions d'euros), Metaway Combustibles (196 millions), Vertix Petroleum (195 millions), Marillion (151 millions) et Biomar Oil (119 millions). Ces cas recoupent l'affaire Aldama et le scandale Koldo, qui a déjà conduit à la condamnation de l'ancien ministre des Transports José Luis Ábalos. La fraude impliquait des sociétés qui achetaient et vendaient des carburants puis disparaissaient sans payer la TVA, laissant des trous fiscaux massifs non résolus.
Échecs d'entreprises persistants
La liste retrace également des faillites d'entreprises de longue date. La société immobilière Reyal Urbis est en tête du classement corporatif avec 266 millions d'euros. Les différentes entités du groupe Abengoa doivent un total de 109,18 millions d'euros. Le promoteur malaguène Aifos, victime de la crise de 2008, doit 88 millions d'euros. Le Xerez Club de Fútbol doit encore 2,2 millions d'euros après que la prescription partielle de la dette l'ait réduite de plus de 8 millions d'euros. Le fabricant andalou de panneaux solaires Isofotón, qui a reçu 44,15 millions d'euros de subventions régionales avant de fermer, doit 3 millions d'euros. L'entrepreneur Trinitario Casanova, via sa société Baraka Holding, apparaît avec 2,6 millions d'euros, s'ajoutant à une série de controverses incluant des transactions immobilières et une fausse OPA.


