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Gouvernement·-3 h

Le Parlement hongrois limite le mandat de Premier ministre à huit ans, empêchant le retour de Viktor Orbán

Le Parlement hongrois a voté lundi par 135 voix contre 50 une révision constitutionnelle limitant à huit ans la durée totale d'exercice du poste de Premier ministre. Cette réforme empêche définitivement l'ancien chef du gouvernement Viktor Orbán, qui a dirigé le pays pendant 20 ans, de revenir au pouvoir.

Le vote

L'amendement constitutionnel a été adopté avec 135 voix pour, 50 contre et six abstentions, atteignant la majorité des deux tiers requise par la loi hongroise sans nécessité de référendum. La séance s'est tenue lundi à Budapest. Le parti au pouvoir Tisza, dirigé par le Premier ministre Péter Magyar, dispose d'une large majorité au nouveau Parlement et l'a utilisée pour la première fois afin de modifier la Constitution qu'Orbán avait introduite il y a 16 ans et révisée à plusieurs reprises.

Des mandats illimités peuvent mener à une concentration du pouvoir.

Orbán définitivement écarté

La nouvelle disposition interdit à quiconque ayant déjà exercé les fonctions de Premier ministre pendant au moins huit ans d'occuper à nouveau ce poste. Orbán a dirigé la Hongrie de 1998 à 2002, puis de 2010 à avril 2026, soit un total de deux décennies. La règle s'applique également à Magyar, qui peut désormais effectuer un maximum de deux mandats législatifs complets, ce qui signifie une seule réélection en l'absence d'élections anticipées. Le parti Fidesz d'Orbán s'est opposé à cette limite, arguant qu'elle pourrait restreindre la volonté populaire.

Le programme de réformes de Magyar

La promesse de limiter les mandats était au cœur de la campagne de Magyar avant les élections législatives du 12 avril, remportées par le parti Tisza face au Fidesz. Le Premier ministre de centre-droit, pro-européen, a présenté cette refonte constitutionnelle comme une protection contre la concentration des pouvoirs qu'il dit avoir observée sous son prédécesseur. Le rôle du président en Hongrie, déjà limité à une fonction largement honorifique, était auparavant restreint à une seule réélection pour un second mandat de cinq ans.

Dissolution du bureau de la souveraineté

Le changement constitutionnel ouvre également la voie au démantèlement du Bureau pour la protection de la souveraineté nationale, un organisme controversé créé par le gouvernement d'Orbán en 2024. L'agence disposait de larges pouvoirs d'enquête, officiellement pour contrer l'influence étrangère, mais elle a dirigé l'essentiel de ses activités contre les critiques d'Orbán, les médias indépendants et les ONG, dont Transparency International. Le bureau n'a publié aucun nouveau rapport depuis la victoire électorale de Magyar. Le Parlement devrait voter sur sa dissolution fin juin.

Chronologie de la réforme constitutionnelle en Hongrie
  1. Le parti Tisza remporte les élections législatives, évincant le Fidesz de Viktor Orbán.
  2. Le Parlement adopte l'amendement constitutionnel limitant les mandats de Premier ministre à huit ans avec 135 voix.
  3. Vote parlementaire attendu sur la dissolution du Bureau pour la protection de la souveraineté nationale.
Budapest

6 sources

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