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Gouvernement·-4 h

La Hongrie limite le mandat de Premier ministre à huit ans, excluant Viktor Orbán avec effet rétroactif

Le Parlement hongrois a voté massivement le 15 juin pour limiter à huit ans la durée d'exercice du Premier ministre, en appliquant cette règle rétroactivement depuis 1990 et en excluant définitivement l'ancien dirigeant nationaliste Viktor Orbán de la tête du gouvernement.

Le vote et la nouvelle clause

L'amendement constitutionnel, rédigé par le parti au pouvoir Tisza du Premier ministre Péter Magyar, a été adopté avec 135 voix pour, 50 contre et six abstentions. La nouvelle disposition limite à deux mandats (huit ans) la durée totale d'exercice en tant que Premier ministre, consécutifs ou non, en comptabilisant tout le temps passé en fonction depuis le 2 mai 1990. Le président, Tamás Sulyok, doit encore signer la loi pour qu'elle entre en vigueur.

De la proposition au vote
  1. Le Premier ministre Péter Magyar présente le projet d'amendement constitutionnel au Parlement.
  2. Le Parlement approuve l'amendement avec 135 voix pour, 50 contre et six abstentions.

Un coup dur pour Orbán

Viktor Orbán ayant gouverné pendant 20 ans au total (1998–2002 puis sans interruption de 2010 à mai 2026), il se trouve mathématiquement dans l'impossibilité d'occuper à nouveau ce poste. Son parti, le Fidesz, désormais dans l'opposition, a dénoncé la mesure comme une attaque personnelle, surnommant l'amendement la loi « lex Orbán ». Orbán a réagi sur Facebook.

La loi Orbán a été adoptée. C'était la question la plus urgente... Si l'on a besoin de moi, je serai là.

La réinitialisation démocratique de Magyar

Péter Magyar a pris ses fonctions en mai après avoir obtenu une supermajorité constitutionnelle lors des élections d'avril, mettant fin aux 16 années de règne ininterrompu d'Orbán. Le rétablissement des contre-pouvoirs était une promesse de campagne centrale, et le projet de loi du 26 mai, devenu l'amendement d'aujourd'hui, a été présenté comme une pierre angulaire de la reconstruction démocratique de la Hongrie. Magyar a justifié cette limite en mai en arguant que l'exercice illimité du pouvoir brouille inévitablement la frontière entre l'État, le parti au pouvoir et le dirigeant, et que tout système démocratique doit contraindre le titulaire à préparer sa succession.

Le rétablissement de l'État de droit ne viendra pas d'une seule loi, mais toute véritable reconstruction démocratique possède des piliers symboliques et constitutionnels. Cette proposition se veut être un tel pilier.

Répartition des votes
Pour
135
Contre
50
Abstentions
6

La soupape de sécurité

Le nouvel article n'est pas irréversible. Un futur Parlement pourrait l'abroger par un autre amendement constitutionnel adopté à la majorité des deux tiers. Cela laisse une voie théorique au retour d'Orbán si le climat politique change radicalement, mais une telle manœuvre nécessiterait la supermajorité dont le Fidesz ne dispose pas actuellement.

Une adoption rapide

Le parcours de l'amendement a été rapide. La supermajorité de 71 % du parti Tisza lui a permis de passer de la proposition au vote final en moins de trois semaines. Magyar avait promis d'utiliser son mandat pour démanteler l'architecture institutionnelle construite par Orbán au cours d'une douzaine de révisions constitutionnelles durant son mandat.

Budapest

6 sources

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