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Gouvernement·-3 h

La Hongrie limite les mandats de Premier ministre à huit ans, bloquant le retour de Viktor Orbán

Le Parlement a voté par 135 voix contre 50 une modification rétroactive de la Constitution, mettant fin à la possibilité pour l'ancien dirigeant, qui a cumulé 20 ans de pouvoir sur cinq mandats, de revenir aux affaires.

Adoption d'un amendement constitutionnel

L'Assemblée nationale hongroise a adopté le seizième amendement à la Loi fondamentale le lundi 15 juin 2026, limitant à huit ans la durée totale pendant laquelle une personne peut exercer la fonction de Premier ministre. Le vote a recueilli 135 voix pour, 50 contre et six abstentions, dépassant largement la majorité des deux tiers requise pour les changements constitutionnels et reflétant la domination du parti Tisza de Péter Magyar.

Vote parlementaire sur l'amendement de limitation des mandats · votes
Pour
135 votes
Contre
50 votes
Abstentions
6 votes

Le décompte des huit ans inclut les mandats consécutifs et non consécutifs, à partir du 2 mai 1990, date marquant la fin du régime communiste en Hongrie. Cette rétroactivité s'applique à Viktor Orbán, qui a occupé le poste de Premier ministre pendant 20 ans au total sur cinq mandats (1998–2002 et 2010–2026).

Le pouvoir illimité, dans n'importe quel système démocratique, perd tout sens de la mesure.

À un certain stade, il n'y a plus de distinction entre les intérêts de l'État, du parti et du dirigeant, et il est nécessaire de contraindre tout élu à penser à sa succession.

Une promesse de campagne devenue loi

La limitation des mandats était un engagement central de la campagne de 2026 de Péter Magyar. Son parti Tisza a remporté une majorité des deux tiers lors des élections d'avril, mettant fin aux 16 années de pouvoir d'Orbán. L'amendement n'a pas été soumis par le gouvernement, mais par deux députés du parti Tisza, Márton Melléthei-Barna et István Hantosi, le 20 mai. Son adoption le 15 juin constitue l'une des révisions constitutionnelles les plus rapides de la Hongrie post-communiste.

Une rétroactivité contestée

Le Fidesz, parti d'Orbán, a condamné la mesure, la qualifiant d'attaque personnalisée contre l'ancien dirigeant. Des critiques, dont le commentateur juridique Zoltán Lomnici Jr., soutiennent qu'il s'agit d'une intervention rétroactive ciblant un individu, violant le principe selon lequel les lois doivent être générales et abstraites. La majorité Tisza rétorque que le texte n'impose aucune obligation sur le passé, qu'il régit uniquement les élections futures et qu'il s'appliquera de la même manière à Péter Magyar après son mandat actuel.

La loi n'est pas irréversible : un futur parlement disposant d'une majorité des deux tiers pourrait l'abroger. Pour l'heure, elle bloque le retour d'Orbán à l'exécutif.

Démantèlement des institutions de l'ère Orbán

La même session a également préparé la suppression de l'Office pour la protection de la souveraineté nationale (SZVH), un organisme créé par Orbán pour enquêter sur les financements étrangers présumés d'ONG. La Commission européenne avait exigé sa fermeture. Le gouvernement de Péter Magyar prépare également une législation permettant la destitution du président Tamás Sulyok, un allié d'Orbán.

Dates clés de la limitation des mandats de Premier ministre en Hongrie
  1. Date limite pour le décompte des mandats passés de Premier ministre
  2. Deux députés Tisza soumettent l'amendement constitutionnel
  3. Le Parlement approuve l'amendement par 135 voix contre 50 et 6 abstentions
Budapest

5 sources

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