
La gauche française propose des impôts sur la fortune et un plafond d'héritage de 12 millions d'euros
Des députés de La France Insoumise et des figures de la gauche française ont proposé de confisquer les héritages supérieurs à 12 millions d'euros, de rétablir l'impôt sur la fortune et de prélever une charge de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros.
Propositions pour restreindre la richesse des milliardaires
Les députés de La France Insoumise ont intensifié leur campagne contre les personnes de très haute valeur nette à la suite de déclarations lors de leur université d'été. La présidente du groupe à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, a déclaré mardi 25 août, lors d'un entretien avec RMC-BFMTV, que les riches ont choisi de se séparer de la solidarité nationale. Ses remarques ont fait suite à une allocution de la députée européenne Manon Aubry, qui a soutenu que les milliardaires devraient être interdits et les a décrits comme nuisibles. Panot a avancé que les plus riches ont acquis leurs biens principalement par héritage plutôt que par mérite personnel.
La plupart des riches ne méritaient pas d'être milliardaires, ils ont juste eu le mérite de naître avec une cuillère en argent et sont, pour une immense majorité, des super-héritiers.
Panot a cité des statistiques sociales pour étayer la position du parti, notant que 960 personnes sont mortes en vivant dans la rue en 2025, dont un nourrisson âgé de 11 jours. Elle a opposé ces décès aux fortunes des 500 Français les plus riches, qui, selon elle, ont doublé en dix ans sous la présidence d'Emmanuel Macron. Le président de la Commission des Finances, Éric Coquerel, a ajouté sur LCI que le problème fondamental réside dans le déséquilibre structurel de la répartition des richesses et du système fiscal.
Le programme fiscal de La France Insoumise
Le programme fiscal présenté par Panot repose sur plusieurs mécanismes ciblés de redistribution des richesses. Le parti prévoit d'imposer un plafond absolu aux héritages, proposant que l'État collecte tous les actifs dépassant 12 millions d'euros. Pour l'impôt sur le revenu, le programme introduit 14 tranches d'imposition conçues pour réduire la charge fiscale des personnes gagnant moins de 4 000 euros par mois. Le parti prévoit également de rétablir l'impôt de solidarité sur la fortune et de mettre en œuvre la taxe Zucman, qui impose un prélèvement annuel minimum de 2% sur la fortune dépassant 100 millions d'euros.
Si on veut être clair dans une société où on remet les choses à l'endroit, c'est qu'il ne faut pas seulement taxer les riches mais interdire les milliardaires.
Panot a également abordé l'éventuelle émigration fiscale résultant de ces taux proposés. Elle a déclaré que le parti mettrait en place un système fiscal différencié pour poursuivre les citoyens français qui s'installent à l'étranger pour éviter la fiscalité intérieure. Le parti maintient que ces mesures visent une redistribution structurelle plutôt qu'à pénaliser les retraités aisés.
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Plans fiscaux concurrents à gauche
D'autres organisations politiques et syndicales de la gauche française ont présenté des mécanismes différents pour taxer la richesse et les revenus. Le candidat à la primaire du Parti socialiste, Philippe Brun, a adopté le seuil de revenu mensuel de 4 000 euros, établi à l'origine par François Hollande en 2007, comme seuil pour réduire la CSG afin d'augmenter les salaires nets. La taxe Zucman sur les fortunes de plus de 100 millions d'euros a également été intégrée dans plusieurs programmes de partis de gauche. Le leader de Place publique, Raphaël Glucksmann, a annoncé sa candidature à la présidentielle le dimanche 23 août, avec un modèle alternatif d'impôt sur les successions.
Glucksmann a déclaré que les deux tiers de la richesse française proviennent actuellement de l'héritage, tandis qu'un tiers provient du travail, une inversion exacte du rapport enregistré il y a 50 ans. Il a proposé un impôt ciblant le top 1% des héritages, les recettes projetées étant destinées à financer une réduction de 15 milliards d'euros des cotisations patronales. La direction syndicale est également entrée dans le débat fiscal, la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, exhortant les candidats de gauche à taxer les héritages dès le premier euro. Léon a déclaré que le top 1% des salariés en France paie actuellement proportionnellement moins d'impôts par rapport à leurs revenus que le citoyen moyen.


