
Le Vatican excommunie des évêques de la SSPX et déclare l'ensemble du clergé schismatique après des ordinations non autorisées
Le Vatican a confirmé jeudi l'excommunication de six évêques de la Fraternité traditionaliste Saint-Pie-X après qu'ils ont procédé à des ordinations épiscopales non autorisées en Suisse, déclarant formellement l'ensemble du clergé de la fraternité en état de schisme.
Les ordinations illicites
Le mercredi 1er juillet 2026, la Fraternité Saint-Pie-X (SSPX) a consacré quatre nouveaux évêques à son séminaire d'Écône, dans le canton suisse du Valais. La cérémonie a été présidée par l'évêque espagnol Alfonso de Galarreta, assisté de l'évêque suisse Bernard Fellay. Les quatre hommes élevés à l'épiscopat sont Pascal Schreiber (Suisse), Michael Goldade (États-Unis), Michel Poinsinet de Sivry (France) et Marc Hanappier (France). Les ordinations ont eu lieu malgré une interdiction claire du pape Léon XIV et des avertissements préalables du Dicastère pour la doctrine de la foi, qui avait déclaré qu'un tel acte entraînerait une excommunication automatique.
In diesem Geist und erfüllt von christlicher Liebe bitte ich euch und ersuche euch von ganzem Herzen: Kehrt um!
Le pape a lancé un ultime appel personnel dans une lettre envoyée mardi à Davide Pagliarani, le supérieur général de la SSPX, décrivant une rupture comme un « péché de la plus haute gravité ». La lettre a été ignorée.
Réponse rapide de Rome
En moins de vingt-quatre heures, le Saint-Siège a agi. Le jeudi 2 juillet, le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi, a signé un décret confirmant l'excommunication latae sententiae des six évêques concernés. Le décret, publié le matin, qualifie les ordinations d'« acte de nature schismatique » constituant un rejet pratique de la primauté romaine.
Le point essentiel est celui du Concile : le Concile Vatican II sera-t-il accepté ou non ?
Le cardinal Parolin, secrétaire d'État, a exprimé ses regrets mercredi soir mais a souligné que l'unité de l'Église avait été blessée. Le décret révoque également les concessions accordées par le pape François lors du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde en 2015, qui permettaient aux fidèles de recevoir une confession et un mariage valides de la part des prêtres de la SSPX. Désormais, ces sacrements administrés par la fraternité sont déclarés invalides.
Un schisme qui s'élargit
Au-delà des six évêques, la déclaration du Vatican s'étend à tout le clergé de la SSPX (prêtres, diacres, religieux) et même aux laïcs qui rejoignent formellement la fraternité. Ils sont désormais considérés comme schismatiques et, bien que non formellement excommuniés nommément, sont menacés de la même peine. La SSPX revendique environ 700 prêtres et plus d'un demi-million d'adhérents dans le monde.
- Le Dicastère pour la doctrine de la foi du Vatican avertit que des ordinations épiscopales non autorisées entraîneront une excommunication automatique.
- Le pape Léon XIV envoie une lettre personnelle au supérieur général de la SSPX Davide Pagliarani, le suppliant d'arrêter les ordinations.
- Quatre nouveaux évêques sont ordonnés par l'évêque Alfonso de Galarreta au séminaire de la SSPX à Écône, en Suisse, sans mandat papal.
- Le décret du Vatican confirme l'excommunication des six évêques et déclare tout le clergé de la SSPX schismatique, invalidant leurs sacrements.
Des décennies de tensions
Fondée en 1970 par l'archevêque français Marcel Lefebvre, la SSPX a toujours rejeté les réformes du Concile Vatican II (1962-1965), notamment l'utilisation des langues vernaculaires dans la liturgie, la liberté religieuse et le dialogue avec les autres confessions. Une précédente crise avait éclaté en 1988, lorsque Lefebvre avait consacré quatre évêques sans l'approbation papale ; lui et les nouveaux évêques furent excommuniés par Jean-Paul II, bien que la peine ait été levée par Benoît XVI en 2009.
Ce geste de réconciliation a suscité des critiques internationales car l'un des évêques de 1988 était le négationniste britannique Richard Williamson. La rupture actuelle, notent les observateurs, marque l'échec définitif d'années de discussions doctrinales visant à ramener la SSPX en pleine communion.
Dimensions politiques et idéologiques
La SSPX n'est pas simplement un groupe dissident liturgique. Plusieurs théologiens allemands et suisses soulignent son opposition plus profonde à la démocratie, à l'État laïc et aux droits de l'homme, des positions qui ont rendu la fraternité attractive pour les cercles d'extrême droite. Le radiodiffuseur public suisse SRF a cité le chercheur turinois Massimo Introvigne, qui a noté que certains aspects des croyances de la SSPX résonnent avec les mouvements politiques d'extrême droite.

