
Une bombe cachée dans un café de Damas tue neuf personnes et en blesse vingt, l'attaque la plus meurtrière depuis un attentat-suicide dans une église il y a un an
Un engin explosif improvisé placé dans un café très fréquenté du centre de Damas a explosé jeudi après-midi, tuant au moins neuf personnes et en blessant vingt, ont annoncé les autorités syriennes.
L'explosion
Une bombe a explosé à l'intérieur du café Al-Mouchariya, rue Al-Nasr, à quelques pas du Palais de Justice dans le quartier d'Al-Hamidiyah, vers 15h00 heure locale (12h00 GMT) le 2 juillet 2026. L'engin, décrit par le ministère de l'Intérieur comme une bombe artisanale d'environ un kilogramme remplie de fragments métalliques, avait été placé dans ce lieu prisé des avocats et des acheteurs. Les forces de sécurité se sont précipitées sur les lieux et ont bouclé la zone, tandis que des ambulances sirènes hurlantes convergeaient vers la rue résidentielle et commerçante.
- Explosion au café Al-Mouchariya, rue Al-Nasr, près du Palais de Justice
- Les forces de sécurité bouclent la zone ; les ambulances arrivent
- Le ministère de la Santé fait état d'au moins 4 morts et 10 blessés
- Le gouverneur Maher Edelbi se rend sur place et promet des sanctions
- Bilan actualisé : 9 morts, 20 blessés ; enquête en cours
Bilan et réaction des autorités
Le ministère de la Santé a d'abord fait état de quatre morts et dix blessés, puis a revu le bilan à cinq morts et seize blessés. Le lendemain matin, un décompte actualisé faisait état de neuf morts et vingt blessés. Aucun groupe n'a revendiqué l'attaque, la plus meurtrière en Syrie depuis qu'un attentat-suicide a visé une église il y a un an. Le gouverneur de Damas, Maher Edelbi, qui s'est rendu sur place, a promis que les responsables rendraient des comptes.
Si Dieu le veut, les responsables de ce bain de sang seront punis.
Témoignages
Nawar Khayyat, 40 ans, propriétaire d'un magasin de batteries pour panneaux solaires en face du tribunal, a déclaré à l'AFP que l'explosion avait secoué sa vitrine. « J'ai entendu une forte explosion et le devant de ma boutique a tremblé. Les gens se sont précipités vers le café et ont commencé à appeler à l'aide », a-t-il dit. Mohammad al-Dahabi, qui tient un magasin d'optique à proximité, a raconté s'être rendu sur les lieux et avoir vu des victimes au sol. « Il y avait du sang partout autour d'elles », a-t-il ajouté, précisant que cette vision lui rappelait les explosions que Damas avait subies pendant la guerre civile de 2011-2024.
J'ai couru vers les lieux et j'ai vu des gens allongés par terre, avec du sang partout autour d'eux.
Enquête et contexte
Les responsables du ministère de l'Intérieur ont indiqué que des experts recueillaient des preuves, examinaient les images des caméras de surveillance et interrogeaient des témoins pour identifier les auteurs et leurs éventuels complices. Le général Mohammad Khit des forces de sécurité intérieure a confirmé sur la télévision d'État que l'explosion avait été causée par un engin placé intentionnellement. L'attaque survient alors que le gouvernement syrien, dirigé par une coalition arrivée au pouvoir après la guerre civile, s'efforce de rétablir la stabilité. Le gouverneur Edelbi a déclaré qu'« à chaque fois que le pays connaît une période de stabilité, des acteurs malveillants tentent de la déstabiliser ».


