
Le gouvernement français cherche 5,4 milliards d'euros d'économies auprès des collectivités dans le projet de loi de finances 2027
Les ministres Françoise Gatel et David Amiel ont présenté au Comité des finances locales une demande d'économies de 5,4 milliards d'euros, dans le cadre du paquet de consolidation budgétaire de 54 milliards d'euros de la France pour 2027.
Le gouvernement prévoit 5,4 milliards d'euros d'économies sur les collectivités
Le gouvernement français a demandé aux collectivités territoriales de contribuer à hauteur de 5,4 milliards d'euros à un effort global de consolidation budgétaire de 54 milliards d'euros dans le projet de budget 2027. La ministre chargée de la Décentralisation, Françoise Gatel, et le ministre des Comptes publics, David Amiel, ont présenté ces mesures au Comité des finances locales (CFL) à Paris le 30 septembre 2026. L'effort national de 54 milliards d'euros comprend 43 milliards d'euros de nouvelles mesures réparties entre le budget général de l'État et les administrations de sécurité sociale. Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait écrit le 19 septembre 2026 au président du Sénat, Gérard Larcher, pour indiquer que les dotations de l'État aux collectivités territoriales évolueraient avec l'inflation. Les représentants du gouvernement ont souligné que les ministères centraux absorbent la majorité des réductions de dépenses prévues.
David Amiel a défendu l'ampleur de la contribution demandée aux collectivités avant la présentation formelle en Conseil des ministres.
L'effort demandé aux collectivités sera bien inférieur à celui demandé à l'État.
- Effort final 2026
- 2 mds €
- Effort proposé 2027
- 5.4 mds €
Un changement de mécanisme et l'opposition des élus locaux
La réduction proposée de 5,4 milliards d'euros représente 10 % de l'objectif total de consolidation budgétaire du gouvernement. À titre de comparaison, les collectivités ont contribué à hauteur de 2 milliards d'euros en 2026, après des premières propositions visant plus de 4,7 milliards d'euros. Le projet de budget 2027 supprime le dispositif contesté de mise en réserve de recettes DILICO (qui obligeait les collectivités à prêter 1 milliard d'euros à l'État en 2025 et 740 millions d'euros en 2026) et le remplace par une contribution progressive de 2,5 milliards d'euros. Dans le nouveau dispositif, 60 % des collectivités sont exonérées et 70 % du prélèvement est acquitté par les 10 % les plus riches d'entre elles. L'État remboursera les obligations DILICO restantes sur cinq ans. Le gouvernement doit par ailleurs recentrer le Fonds de compensation pour la TVA (FCTVA) sur les projets écologiques, pour une économie de plus de 2 milliards d'euros.
Jean-François Debat, président du CFL et maire de Bourg-en-Bresse, a critiqué l'ampleur du plan, avertissant que des cotisations patronales de retraite non budgétées de 1,3 milliard d'euros portent la charge réelle à 7 milliards d'euros.
Pour que l'effort demandé aux collectivités ait un effet positif, il doit être supportable dans son ensemble.
- Le Premier ministre Sébastien Lecornu précise ses engagements sur le financement des collectivités dans une lettre au président du Sénat, Gérard Larcher.
- Les ministres Françoise Gatel et David Amiel présentent le plan de réduction de 5,4 milliards d'euros pour les collectivités au Comité des finances locales.
- Le président du Comité des finances locales, Jean-François Debat, dénonce un effort demandé disproportionné.
- Le gouvernement présente le projet de loi de finances complet pour 2027 en Conseil des ministres.
Conséquences concrètes pour les communes françaises
Dans les petites communes, les réductions successives des dotations de l'État ont déjà entraîné des annulations de projets et une baisse des services publics. À Saint-Florent-sur-Cher, commune de 6 000 habitants dans le Cher, les dotations de l'État ont reculé de 200 000 euros en deux ans, soit une baisse de 80 % pour un budget de fonctionnement de 10 millions d'euros. La municipalité a reporté les travaux de restauration du porche de son château inscrit aux monuments historiques et fermé pendant deux semaines sa médiathèque aux parois vitrées lors des canicules estivales, faute de pouvoir financer les 350 000 à 400 000 euros de travaux de rafraîchissement. Les contraintes financières ont aussi obligé la ville à annuler les subventions d'installation destinées aux professionnels de santé qui s'y implantent, comme la kinésithérapeute Alizé Herrero.
Marie-Line Cirre, maire de Saint-Florent-sur-Cher, explique que les contraintes de financement freinent directement la préservation du patrimoine local.
Ce pavillon d'entrée du château, inscrit aux monuments historiques, aurait besoin de travaux car il y a des infiltrations. C'est l'un des projets que nous reporterons dans le temps.
Pour maîtriser les dépenses de fonctionnement, la mairie a aussi cessé de remplacer systématiquement les agents partant à la retraite et de compenser les arrêts maladie, ce qui conduit des agents du service urbanisme comme Katia Bernardeau à faire état d'une charge de travail croissante.
