
Bagdad annonce le retrait complet des troupes américaines, les dirigeants kurdes condamnent ce départ
Des responsables irakiens ont annoncé dimanche que toutes les forces de combat et logistiques américaines ont quitté le pays avant la date limite du 30 septembre, entraînant quatre jours de jours fériés à Bagdad et des critiques de la part des dirigeants kurdes.
Annonce officielle et départs des bases
Les représentants du gouvernement irakien ont annoncé dimanche que toutes les troupes de combat et de soutien logistique des États-Unis ont achevé leur retrait du pays. Ce départ respecte le calendrier bilatéral convenu entre Washington et Bagdad en 2024, mettant fin à une opération qui maintenait ces dernières années environ 2,500 soldats américains sur le sol irakien. Avant leur départ, les forces restantes opéraient depuis trois sites clés : une installation adjacente à l'aéroport international de Bagdad, le complexe diplomatique et gouvernemental connu sous le nom de Zone verte, et une base multinationale à Erbil. Bien qu'un représentant du gouvernement irakien ait déclaré aux agences de presse que tout le personnel de combat est parti, l'armée américaine n'a pas encore publié de confirmation officielle.
Réaction intérieure et retard de l'intégration des milices
À la suite de cette annonce, Bagdad a déclaré quatre jours fériés nationaux consécutifs à partir du mercredi 30 septembre, qui marque l'expiration officielle de la date limite de retrait. Les autorités irakiennes ont désigné cette période comme la fête de l'indépendance, programmant la fermeture des bureaux gouvernementaux et des institutions publiques. Ce départ intervient parallèlement à des négociations en cours sur les structures de pouvoir militaires internes. Le Premier ministre irakien Ali al-Saidi avait précédemment annoncé une initiative visant à désarmer les puissantes milices alignées sur l'Iran et à intégrer leurs combattants dans l'appareil de sécurité officiel irakien. Cependant, le gouvernement irakien a reporté ce calendrier de désarmement, déplaçant la date cible de l'intégration des milices à juin 2027.
Les dirigeants kurdes mettent en garde contre une vulnérabilité défensive
Dans le nord de l'Irak, les autorités de la région semi-autonome du Kurdistan ont vivement critiqué le calendrier et la nature du départ américain. Le Premier ministre du gouvernement régional du Kurdistan, Masrour Barzani, a averti que ce retrait laisse les autorités régionales exposées aux hostilités régionales sans protection adéquate.
La menace est réelle – nous sommes vulnérables, nous sommes attaqués. Être laissés à nous-mêmes sans, disons, un système de défense adéquat, est honteux.
Barzani a noté que les cadres juridiques irakiens actuels empêchent l'administration régionale kurde d'Erbil d'acheter des batteries de défense aérienne indépendantes, laissant les acquisitions de défense exclusivement sous le contrôle du gouvernement central à Bagdad. Le territoire kurde a été la cible de centaines de missiles et de drones depuis que la guerre en Iran s'est intensifiée avec une offensive américano-israélienne en février. Ces frappes comprenaient des impacts directs sur Erbil et une attaque contre le bureau exécutif de Barzani. Erbil abrite également une installation militaire multinationale où du personnel de la Bundeswehr allemande est stationné depuis 2015, et des rapports indiquent que les troupes allemandes pourraient rester déployées à Erbil pour l'instant.
Chronologie de 1991 à 2026
Ce retrait met fin à plus de deux décennies d'engagement militaire américain direct, qui a débuté avec l'invasion de 2003 pour renverser Saddam Hussein. L'autonomie kurde dans le nord de l'Irak s'était auparavant développée sous la protection d'une zone d'exclusion aérienne imposée par les États-Unis, établie en 1991. Bien que les troupes américaines aient achevé un retrait complet en 2011, le Pentagone a redéployé du personnel en Irak en 2014 à la suite d'une demande officielle de Bagdad pour contrer l'expansion rapide de l'État islamique. Le groupe djihadiste a été déclaré militairement vaincu en Irak en 2017 et en Syrie en 2019, bien que des cellules dormantes actives continuent de mener des attaques isolées. La mission de combat américaine a été officiellement conclue en 2021, ouvrant la voie à l'accord de retrait de 2024.
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