
La France met en garde la Belgique contre une éventuelle libération anticipée du logisticien des attentats de Paris, Mohamed Bakkali
Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a adressé une lettre à son homologue belge, Annelies Verlinden, pour s'opposer à une éventuelle libération anticipée du logisticien des attentats de Paris de 2015, Mohamed Bakkali, avant une audience prévue le 29 septembre.
Intervention ministérielle française
Lundi 21 septembre 2026, le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a adressé une lettre officielle à son homologue belge, Annelies Verlinden, pour la mettre en garde contre une éventuelle libération conditionnelle anticipée de Mohamed Bakkali. Bakkali, de nationalité belge, était le coordinateur logistique des attentats terroristes du 13 novembre 2015 à Paris, qui ont fait 130 morts au Stade de France, sur les terrasses de cafés et au Bataclan. Le ministre français a souligné qu'une libération anticipée serait perçue en France comme une offense à la douleur des victimes. Un tribunal de l'application des peines de Bruxelles se réunira le 29 septembre 2026 pour examiner la demande d'aménagement de peine de Bakkali, qui pourrait le placer sous surveillance électronique. Darmanin a exhorté les autorités belges à faciliter la participation des victimes à l'audience à venir via des outils d'accès à distance.
Il est important de tout faire pour que les victimes puissent assister à l'audience du 29 septembre, notamment par la mise en place d'un système de visioconférence.
Historique des condamnations en France
En juin 2022, une cour d'assises de Paris a condamné Bakkali à 30 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté obligatoire des deux tiers pour avoir loué des planques et fourni des véhicules aux commandos des attentats. Il avait auparavant été condamné à 25 ans de prison pour son rôle dans la tentative d'attentat du train Thalys du 21 août 2015 entre Bruxelles et Paris. En septembre 2022, le Parquet national antiterroriste français a fusionné les deux condamnations pour atteindre le plafond légal de 30 ans. Selon les règles françaises standard, Bakkali, détenu depuis fin novembre 2015, n'aurait pas été éligible à une demande de libération conditionnelle avant les années 2030. Après son procès à Paris, les autorités ont transféré Bakkali en Belgique pour purger sa peine, soumettant sa détention à la législation belge sur l'exécution des peines.
- Tentative d'attentat du train Thalys entre Bruxelles et Paris
- Attentats terroristes de Paris font 130 morts
- Mohamed Bakkali est placé en détention provisoire
- La cour d'assises de Paris condamne Bakkali à 30 ans avec période de sûreté des deux tiers
- Le parquet antiterroriste français fusionne les condamnations au maximum légal de 30 ans
- Bakkali devient éligible à la surveillance électronique en vertu du droit belge
- Un tribunal belge accorde à Bakkali des permissions de sortie temporaires de 36 heures
- Gérald Darmanin envoie une lettre d'avertissement à la ministre belge de la Justice Annelies Verlinden
- Le tribunal de l'application des peines de Bruxelles tient une audience sur la libération conditionnelle
Régime de détention belge
Actuellement détenu à la prison d'Ittre, Bakkali est devenu éligible à la surveillance électronique en vertu du droit belge en août 2023. Le tribunal de l'application des peines belge lui a accordé des permissions de sortie de prison de 36 heures chacune depuis juillet 2025, expliquant que le condamné avait fait des efforts pour établir un contact avec les victimes qu'il avait déjà rencontrées. Dans sa lettre, Darmanin a contesté toute perspective de libération après onze ans de détention, la jugeant contraire au texte et à l'esprit des décisions des tribunaux français. Le parquet belge s'oppose à toute mesure de libération conditionnelle pour Bakkali dans le cadre de cette procédure.
Comme les victimes, nous ne pouvons qu'être frappés par le fait que M. Bakkali, après seulement onze ans d'incarcération, puisse être libéré de détention.
Friction juridique transfrontalière
Darmanin a fait valoir que le décalage entre le verdict français et les règles d'exécution belges révèle des problèmes structurels dans la coopération judiciaire transfrontalière. Le ministre français a proposé de réviser les règles de l'Union européenne régissant la reconnaissance mutuelle des décisions judiciaires entre États membres pour éviter des situations similaires. Les victimes des attentats de Paris ont publiquement exprimé leur opposition à une éventuelle libération au cours de la troisième semaine de septembre 2026. Le tribunal de l'application des peines de Bruxelles examinera la demande de libération conditionnelle de Bakkali et rendra sa décision formelle après l'audience du 29 septembre 2026.
- Condamnation pour les attentats du 13 novembre (juin 2022)
- 30 ans
- Condamnation pour l'attentat du train Thalys
- 25 ans
- Maximum légal fusionné (septembre 2022)
- 30 ans


