Réseau électrique · Golfech, Bugey et Nogent-sur-Seine

Une canicule force EDF à arrêter trois réacteurs nucléaires en France, les centrales à gaz prennent le relais

EDF a arrêté un troisième réacteur nucléaire ce jeudi alors qu'une canicule historique a poussé les températures des rivières au-delà des limites légales de refroidissement, provoquant un basculement estival inhabituel vers l'électricité au gaz.

Texte IA fondé sur les articles de LesEchos.fr, RFI, 20minutes et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Golfech, Bugey, Nogent-sur-Seine, Saint-Alban · France
Comment on en est arrivé là
  1. 23 juinRéacteur de Golfech (Tarn-et-Garonne) arrêté en raison des limites de température de la rivière
  2. 25 juinUnité 3 de Bugey (Ain) sur le Rhône arrêtée pour causes environnementales
  3. 25 juinUnité 1 de Nogent-sur-Seine (Aube) sur la Seine arrêtée pour causes environnementales
  4. 25 juinUnité 2 de Saint-Alban (Isère) ordonnée de réduire sa puissance

L'électricien public français EDF a arrêté deux réacteurs nucléaires supplémentaires jeudi matin, portant à trois le nombre d'unités mises hors service en raison de la canicule qui frappe le pays. Le réacteur de Golfech (Tarn-et-Garonne) avait déjà été mis à l'arrêt lundi. Les derniers arrêts concernent l'unité 3 de la centrale de Bugey sur le Rhône, arrêtée à 09h00, et l'unité 1 de Nogent-sur-Seine sur la Seine, arrêtée à 09h15. EDF invoque des « causes environnementales externes » liées au respect des limites de température des cours d'eau destinées à protéger les écosystèmes aquatiques.

Pourquoi les réacteurs sont mis à l'arrêt

Les 57 réacteurs nucléaires français puisent l'eau de refroidissement dans les rivières ou la mer. Lorsque l'eau de la rivière est déjà chaude en raison d'une canicule, le rejet d'eau de refroidissement légèrement plus chaude peut faire dépasser les seuils réglementaires. À Golfech, la température de la rivière après rejet ne doit pas dépasser 28 °C. À Nogent-sur-Seine, la réglementation limite l'élévation de température entre l'amont et l'aval à 3 °C et la température moyenne en aval à 28 °C.

« Le réacteur numéro 3 de la centrale de Bugey, au bord du Rhône, est à l'arrêt depuis 9 heures, tout comme l'unité numéro 1 de Nogent-sur-Seine depuis 09h15 pour des causes environnementales externes, afin de respecter les limites d'échauffement du Rhône et de la Seine. »

EDF

Impact plus large sur la production

La décision d'arrêter ou de réduire la puissance des réacteurs vise à protéger la faune et la flore aquatiques. Au-delà des trois unités complètement arrêtées, la centrale de Saint-Alban (Isère) est également touchée : son réacteur numéro 2 doit réduire sa puissance en raison des températures élevées. EDF a prévenu que des baisses de production sont attendues sur d'autres centrales à mesure que la canicule se poursuit.

Les centrales à gaz comblent le vide

Les arrêts de réacteurs ont entraîné un recours inhabituel aux centrales électriques au gaz en cette période estivale. Le gestionnaire du réseau RTE a déclaré mercredi que la France dispose d'une capacité de production suffisante pour répondre à la demande d'électricité, même avec ces réacteurs hors service. Des experts cités dans la presse allemande estiment que les arrêts nucléaires liés à la canicule, qui ne représentent actuellement que 0,3 % de la production nationale, pourraient passer à 1,4 % de la production totale d'ici 2035, à mesure que le changement climatique intensifie les épisodes de chaleur extrême.

Part projetée des arrêts nucléaires liés à la canicule en France%
Actuelle
0.3 %
2035 (projetée)
1.4 %

Données tirées du texte de l’article

Le cadre réglementaire

Toutes les centrales nucléaires françaises fonctionnent sous des limites strictes de rejet thermique négociées avec les autorités environnementales. Lorsque les températures des rivières montent pendant les canicules, EDF doit réduire ou arrêter la production pour éviter un réchauffement supplémentaire. L'eau de refroidissement rejetée n'est généralement plus chaude que de quelques dixièmes de degré à quelques degrés, mais dans des cours d'eau déjà chauffés, cela peut enfreindre les seuils légaux. Cet épisode met en évidence la tension croissante entre le mix électrique très nucléarisé de la France et la fréquence accrue des épisodes de chaleur estivale extrême.

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Sources et contexte

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