
La croissance de l'activité en zone euro atteint un plus haut de 41 mois en septembre, les tensions sur les prix réapparaissent
L'indice PMI composite de la zone euro de S&P Global est monté à 53,1 en septembre, porté par les services et par la fin d'une contraction des exportations qui durait depuis 39 mois, alors même que les coûts des intrants augmentaient sur le continent.
L'expansion de la zone euro s'accélère
L'activité du secteur privé dans la zone euro a progressé en septembre à son rythme le plus rapide depuis 41 mois, selon les données d'enquête de S&P Global. L'indice PMI composite est passé de 52,0 en août à 53,1, son plus haut niveau depuis avril 2023, achevant le trimestre le plus solide de la zone depuis le deuxième trimestre 2022. La croissance a été tirée par les services, dont l'indice est passé de 51,6 à 53,0, tandis que le PMI manufacturier est monté de 52,7 à 52,9. La demande s'est renforcée dans les deux secteurs, les commandes à l'exportation mettant fin à 39 mois de contraction et les commandes étrangères progressant à leur rythme le plus rapide depuis plus de quatre ans et demi.
Chris Williamson, chef économiste de S&P Global Market Intelligence, a évalué la trajectoire de la production du trimestre.
Le signal collectif des enquêtes PMI indique une croissance du PIB à un rythme trimestriel de 0,4 %, avec une dynamique qui s'accélère à l'approche du quatrième trimestre.
- Zone euro composite
- 53.1
- Zone euro services
- 53
- Zone euro manufacturier
- 52.9
- Royaume-Uni services
- 52.1
- Italie services
- 51.7
- Italie composite
- 51
Des écarts entre les États membres
Les performances nationales ont varié au sein de la zone euro, l'Espagne enregistrant l'expansion la plus rapide, suivie de près par l'Irlande. L'Allemagne a affiché son rythme de reprise le plus élevé depuis le début de 2022, soutenue par la plus forte hausse des commandes industrielles en plus de quatre ans. À l'inverse, la France et l'Italie ont enregistré des gains plus modestes. L'activité du secteur privé français est revenue à la croissance après les perturbations liées à la canicule estivale, tandis que l'activité italienne a ralenti. Le PMI composite italien est tombé de 53,6 en août à 51,0 en septembre, son plus bas niveau en trois mois, en raison d'un ralentissement des services de 55,2 à 51,7.
Par ailleurs, l'institut national de statistique italien Istat a confirmé lundi que le produit intérieur brut avait progressé de 0,2 % au deuxième trimestre 2026, identique au chiffre provisoire du 1er septembre. Sur un an, le PIB italien a augmenté de 1,0 %, portant l'effet report corrigé des jours ouvrables pour 2026 à 0,8 %. La consommation intérieure italienne et la formation brute de capital fixe ont chacune augmenté de 0,2 % d'un trimestre sur l'autre, tandis que la production industrielle s'est contractée de 0,6 % et la valeur ajoutée agricole a reculé de 0,1 %.
- Services
- 0.4 %
- Consommation finale
- 0.2 %
- Formation brute de capital fixe
- 0.2 %
- PIB total
- 0.2 %
- Agriculture
- -0.1 %
- Industrie
- -0.6 %
Hausse des coûts des intrants et attentes de taux
Les pressions sur les coûts se sont intensifiées dans les entreprises européennes en septembre. Dans la zone euro, les prix des intrants et des extrants ont augmenté à leur rythme le plus rapide en quatre mois, sous l'effet de la hausse des coûts énergétiques et d'ajustements dans les services. Bien que la croissance globale de l'emploi se soit affaiblie, les embauches plus lentes dans les services ayant été compensées par les créations de postes dans l'industrie, la confiance des entreprises est restée stable. Chris Williamson a noté que la reprise de la croissance des prix pourrait influencer les décisions de la Banque centrale européenne.
La nouvelle accélération des tensions sur les prix signalée par l'enquête suggère par ailleurs une inflation de la zone euro plus proche de 4 % que de l'objectif de 2 % de la BCE.
Les marchés financiers anticipent actuellement plus de deux hausses de taux de la BCE d'ici le milieu de l'année prochaine. Au Royaume-Uni, la croissance des services a ralenti, le PMI des services britannique de S&P Global étant tombé à 52,1 en septembre contre 52,5 en août. Tim Moore, directeur économique de S&P Global Market Intelligence, a cité la flambée des prix des carburants liée au conflit au Moyen-Orient comme le principal facteur ayant poussé les prix facturés par les entreprises de services britanniques à leur plus haut niveau depuis mai.


