
Une note de politique étrangère belge divulguée qualifie les États-Unis de Trump d'allié peu fiable
Un document de stratégie interne du ministère belge des Affaires étrangères conseille aux diplomates de diversifier leurs liens avec les gouverneurs, les maires et le Congrès américains, après avoir conclu que l'administration de Donald Trump menace les intérêts européens vitaux.
Réévaluation stratégique
Un document de stratégie interne rédigé par le ministère belge des Affaires étrangères a conclu que les États-Unis sous la présidence de Donald Trump ne sont plus un allié fiable. Achevé le 27 octobre 2025 par l'unité Amériques et Caraïbes du ministère, le document appelle à une réévaluation approfondie des relations transatlantiques entre l'Union européenne, la Belgique et Washington. Les diplomates belges ont préparé le texte après que l'administration Trump a émis des menaces tarifaires contre l'Union européenne, suggéré l'annexion du Groenland et promu des partis politiques d'extrême droite européens. L'évaluation prévient que les dynamiques politiques dominantes à Washington menacent les intérêts vitaux belges et européens. Les diplomates belges ont formulé la stratégie pour calibrer les relations bilatérales tout en évitant que Bruxelles ne soit perçue comme ouvertement hostile.
Il est désormais clair que le partenaire américain n'est plus l'allié qu'il était par le passé.
Sensibilisation à tous les niveaux politiques américains
Le document de stratégie note que la coopération avec le gouvernement fédéral à Washington reste indispensable, mais demande aux diplomates belges d'élargir leurs engagements au-delà de la Maison-Blanche. Les diplomates belges sont invités à renforcer les liens avec les gouverneurs républicains et démocrates, les dirigeants des grandes villes américaines et l'opposition démocrate au Congrès. La directive conseille également aux responsables d'identifier les générations émergentes de dirigeants bipartisans qui pourraient façonner la future gouvernance à Washington. En outre, le document demande aux ministres fédéraux et régionaux de calibrer les risques et les avantages de chaque voyage officiel aux États-Unis. Les diplomates belges ont noté que le président Trump respecte les royautés européennes, citant les récentes visites aux États-Unis du roi Philippe pour la Coupe du monde et de la reine Mathilde à l'Assemblée générale des Nations unies à New York.
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Vulnérabilités commerciales et priorités sécuritaires
Le document de stratégie organise les futurs engagements bilatéraux autour de quatre domaines opérationnels : le commerce et l'économie, les achats de défense, la politique migratoire et la lutte contre la criminalité organisée. En matière de politique économique, le ministère a averti qu'une intégration plus étroite comporte des risques d'exposition à un protectionnisme américain renouvelé et à des différends tarifaires. Dans le secteur de la défense, la note conseille d'augmenter les achats d'équipements militaires fabriqués en Europe, malgré les préférences de la Maison-Blanche pour les acquisitions étrangères de systèmes d'armes américains. Le document identifie la coopération en matière de lutte contre les stupéfiants et de lutte contre le terrorisme comme les domaines les plus viables pour une collaboration continue avec les agences fédérales. La Belgique sert de principal point d'entrée européen pour la cocaïne illicite via le port d'Anvers et gère la production nationale de stupéfiants synthétiques.
Réaction du ministère à Bruxelles
Le cabinet du ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, représentant le parti centriste Les Engagés, a répondu à la fuite en précisant que le document est un document de réflexion interne. Le bureau de Prévot a déclaré que l'évaluation des tendances internationales et la proposition d'adaptations politiques sont une procédure de routine pour le personnel diplomatique. Les responsables ont noté que le document ne constitue pas une stratégie bilatérale finalisée ni un accord gouvernemental officiel. Un porte-parole du ministère a confirmé que les défis transatlantiques sous-jacents décrits dans la note restent au cœur des négociations diplomatiques en cours. La posture officielle de la Belgique reste ancrée dans sa stratégie nationale de sécurité plus large, qui reconnaît formellement les tensions croissantes au sein du partenariat atlantique. La fuite du document coïncide avec l'engagement continu via l'ambassadeur américain Bill White à Bruxelles.
Les États-Unis restent un allié, mais la relation transatlantique évolue. Nous devons en tenir compte pour défendre nos intérêts et préparer l'avenir.


