
Le gouvernement portugais propose deux ans de résidence pour la prestation sociale unique, Chega menace de bloquer
La coalition au pouvoir s'est rapprochée de l'extrême droite Chega sur les conditions d'accès à la nouvelle Prestação Social Única, mais André Ventura affirme que son parti votera contre si les immigrés sans cotisations ne sont pas exclus.
Les négociations
Le gouvernement de centre-droit portugais (PSD/CDS) a déposé mardi des amendements à son projet de loi créant la Prestação Social Única (PSU), une prestation unique qui fusionnerait 13 aides sociales existantes. Les modifications doublent la durée minimale de résidence légale pour les citoyens non-UE, passant d'un à deux ans, une avancée vers les cinq ans exigés par Chega, dont les voix pourraient être décisives lors du vote parlementaire de jeudi.
Le principe est le suivant : quiconque vient au Portugal ne doit pas recevoir de subventions avant d'avoir cotisé. C'est le principe numéro un. Et ce principe est vraiment important pour nous. Il doit être inscrit dans la proposition de prestation sociale unique.
Ventura a prévenu que Chega rejettera le projet de loi si le texte final autorise les immigrés sans historique de cotisations à accéder à la PSU. Le gouvernement a déjà exclu la période de cotisation de cinq ans, mais la clause de deux ans de résidence est perçue comme une tentative de s'assurer du soutien de Chega.
Conditions de résidence
- Proposition initiale
- 1 années
- Amendement PSD/CDS
- 2 années
- Exigence de Chega
- 5 années
Le projet initial du gouvernement exigeait seulement un an de résidence légale pour les ressortissants de pays tiers. L'amendement PSD/CDS porte cette durée à deux ans de « résidence légale et effective », tout en introduisant un croisement de données entre entités publiques pour vérifier l'éligibilité. Le texte autorise des durées plus courtes ou une protection transitoire pour les enfants, les femmes enceintes, les victimes de violence domestique ou de traite des êtres humains, et les personnes handicapées.
Le gouvernement cède une fois de plus à Chega.
Le député socialiste Miguel Cabrita a accusé l'exécutif de s'aligner sur l'extrême droite, et le PS a déposé ses propres amendements. Le chef du parti, José Luís Carneiro, a déclaré que le PS soutiendra la PSU uniquement si le gouvernement abandonne ce qu'il a appelé son « inhumanité ».
Handicap et obligations de travail
Un autre point de tension est l'obligation pour les bénéficiaires d'exercer une « activité socialement utile ». Le projet initial exemptait les personnes ayant un handicap certifié d'au moins 80 %, mais appliquait l'obligation à toute personne ayant un handicap d'au moins 60 %. Après un tollé, l'amendement PSD/CDS impose désormais une évaluation individuelle pour les personnes ayant un handicap entre 60 % et 79 %.
Pour ceux qui ont des problèmes de santé et qui sont donc en âge de travailler, mais qui ont un handicap entre 60 % et 79 %, ce handicap fera l'objet d'une évaluation. Personne ne s'attend à ce que des personnes, par exemple en traitement contre le cancer, soient soumises à une activité solidaire.
Le PS propose un régime similaire au Rendimento Social de Inserção existant, où les obligations de travail sont adaptées à la situation du bénéficiaire. Les partis de gauche Livre, PCP et BE veulent supprimer toute obligation de travail et s'opposent également à un canal de lanceurs d'alerte inclus dans le projet de loi.
Positions de l'opposition
Si le gouvernement abandonne son inhumanité, je crois que des conditions existent pour que nous approuvions la prestation sociale unique et répondions à l'engagement européen que le Portugal a pris.
Carneiro a souligné que le PS votera contre si le gouvernement insiste sur ce qu'il a décrit comme une punition des plus vulnérables. Les socialistes exigent également que la nouvelle prestation ne soit pas moins favorable que le cadre actuel et que les plafonds d'actifs pour les bénéficiaires restent inchangés. Livre et IL ont proposé des périodes transitoires, tandis que le PS souhaite que le règlement soit émis par décret-loi, soumis à la promulgation présidentielle.
La suite
Le projet de loi a été envoyé en commission le 18 juin sans vote général, après que BE, PCP et l'ancien chef du PS Pedro Nuno Santos ont voté contre. Le vote final à l'Assemblée de la République est prévu pour jeudi 25 juin. Le gouvernement ne disposant pas de majorité, l'issue dépend de la capacité des amendements PSD/CDS à convaincre Chega sans perdre le PS, ou vice versa.
- Projet de loi envoyé en commission sans vote général ; BE, PCP et Pedro Nuno Santos votent contre.
- Le PSD/CDS dépose des amendements portant la résidence à deux ans ; Chega et le PS déposent également des modifications.
- Vote final prévu à l'Assemblée de la République.


