
L'ancien Premier ministre russe Kasyanov affirme que Poutine ne reconnaîtra pas l'erreur de l'invasion de l'Ukraine
L'ancien Premier ministre russe Mikhail Kasyanov a déclaré à Paris que Vladimir Poutine ne reconnaîtrait pas son erreur de 2022, porté par des recettes pétrolières élevées et les fractures politiques occidentales.
Évaluation de la stratégie du Kremlin
S'exprimant le 3 octobre 2026 en marge d'une conférence à Paris organisée par l'association française Russie-Libertés, l'ancien Premier ministre russe Mikhail Kasyanov a déclaré que Vladimir Poutine ne peut se résoudre à reconnaître son erreur de calcul initiale en Ukraine. Cet ancien responsable de 68 ans, qui prônait un rapprochement avec l'Occident à la tête du gouvernement russe entre 2000 et 2004, est devenu un critique éminent du Kremlin après son limogeage. Kasyanov a expliqué que Poutine avait lancé l'invasion de 2022 après avoir accepté des renseignements de sécurité erronés qui présentaient l'Ukraine comme sans défense. Installé en exil à Riga après avoir quitté la Russie en 2022, Kasyanov estime que le conflit armé ne s'achèvera pas d'ici 2027.
Il croyait les rapports de ses services de sécurité selon lesquels l'Ukraine était faible.
Divisions occidentales et recettes énergétiques
Kasyanov a identifié la hausse des prix mondiaux du pétrole et les fractures politiques occidentales comme les principaux facteurs qui soutiennent l'effort de guerre du Kremlin. La hausse des recettes pétrolières liée au conflit militaire entre les États-Unis et l'Iran a renforcé le budget de Moscou, tandis que les divergences de politique entre Donald Trump et les dirigeants européens sur la stratégie à l'égard du Kremlin ont réduit la pression sur la Russie. Selon Kasyanov, Poutine est convaincu que la Russie gagne la guerre d'usure et ne voit aucune raison de faire des concessions. Pour contrer l'intensification des frappes russes sur les infrastructures civiles ukrainiennes, Kasyanov a appelé les partenaires occidentaux à présenter un front uni, à exercer une pression psychologique sur Moscou et à livrer d'urgence des intercepteurs de défense aérienne Patriot avant l'hiver.
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État d'esprit des élites et endurance intérieure
Les autorités russes ont classé Kasyanov comme « agent de l'étranger » en 2023, mais l'ancien Premier ministre affirme qu'il reste en contact avec des membres de l'élite dirigeante russe. Il rapporte que la peur imprègne la classe politique, où une écrasante majorité souhaite la fin des combats. Les opinions divergent toutefois fortement sur la manière dont le conflit devrait se terminer, entre ceux qui exigent une victoire russe, ceux qui souhaitent la défaite de Poutine et ceux qui veulent un arrêt immédiat, quelles qu'en soient les conditions. Sur le plan intérieur, Kasyanov écarte la perspective d'un soulèvement populaire imminent, expliquant que les citoyens russes subissent une forte inflation depuis trois décennies et se sont habitués à encaisser les difficultés économiques, l'inflation des prix alimentaires et les pertes sur la ligne de front.
Menaces nucléaires et dissuasion occidentale
Abordant les déclarations de Moscou sur un possible recours à l'arme nucléaire pour défendre l'enclave de Kaliningrad, Kasyanov a exhorté les gouvernements occidentaux à ne pas céder à l'intimidation. Devant un amphithéâtre comble de Russes exilés à Paris, il a décrit Poutine comme un cynique très calculateur plutôt que comme une figure irrationnelle. Kasyanov soutient que le président russe s'appuie sur la surenchère nucléaire pour effrayer les dirigeants étrangers, tout en craignant le bouton nucléaire plus que ne le font les responsables européens. Kasyanov a appelé les nations européennes à reconnaître que Poutine est vulnérable à une pression unie.
La plus grande erreur de l'Occident et des Européens est d'avoir trop peur de Poutine. Il n'est pas aussi fort qu'il le paraît.


